L'homme est le Sujet, la femme est l'Autre
« Il est le Sujet, il est l'Absolu : elle est l'Autre »
La condition de la femme comme Autre est une injustice à corriger : une société juste est celle qui lui rend ses chances concrètes d'être un sujet, à égalité avec l'homme.
L'homme se pose comme le Sujet et définit la femme par rapport à lui ; cette place d'Autre est imposée, pas choisie.
« L'homme est le Sujet, la femme est l'Autre » est un argument de Simone de Beauvoir (Le Deuxième Sexe, tome I, Introduction (1949)) sur la question « Qu'est-ce qu'une société juste ? » (réponse : l'égalité). Sa thèse : La condition de la femme comme Autre est une injustice à corriger : une société juste est celle qui lui rend ses chances concrètes d'être un sujet, à égalité avec l'homme. Selon la vérification logique d'AskPhilosophy (solveur Z3), l'argument est valide à condition d'admettre une prémisse que l'auteur ne formule pas (P6). AskPhilosophy présente 3 objections, dont 2 avec une réponse documentée, et le texte original de chaque prémisse, vérifié mot pour mot.
Qu'est-ce qu'une femme ? Beauvoir commence par remarquer qu'un homme n'aurait pas l'idée d'écrire un livre sur la situation des hommes : l'homme va de soi, la femme est ce qui s'écarte. Elle en tire une analyse : l'humanité est définie au masculin, et la femme est posée par rapport à lui, comme l'Autre. Elle juge cette situation du point de vue de la liberté : elle prive un être libre de ses chances d'exister comme sujet. Attention au vocabulaire : dans la même Introduction, elle demande de refuser les « vagues notions de supériorité, infériorité, égalité » et de juger les institutions « du point de vue des chances concrètes données aux individus ». Nous avons donc rangé cet argument dans le camp « L'égalité » (corriger ce qui prive les gens de leurs chances) en reconnaissant que son critère est la liberté. Dans l'Introduction, elle pose la question de savoir si cet état de choses doit se perpétuer plus qu'elle ne la tranche : la conclusion est notre reconstruction, appuyée sur son point de vue éthique.
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Sans la prémisse implicite : Sans P6, l'ordinateur trouve un monde où tout est vrai (la femme est l'Autre, contre sa volonté, par une situation historique qui peut changer) et où pourtant la société juste laisse les choses telles qu'elles sont : par exemple si elle juge qu'une autre valeur, comme la stabilité de la famille, passe avant les chances individuelles.
Objections
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Rousseau et les partisans de la complémentarité 1762 · attaque la prémisse 3Les deux sexes sont différents par nature et se complètent : en ce qu'ils ont de commun ils sont égaux, en ce qu'ils ont de différent ils ne sont pas comparables. La femme est faite pour plaire à l'homme, chacun suit ainsi sa destination. Ce n'est pas une oppression, c'est un ordre naturel.
Beauvoir répond
Les deux sexes sont différents par nature et se complètent : en ce qu'ils ont de commun ils sont égaux, en ce qu'ils ont de différent ils ne sont pas comparables. La femme est faite pour plaire à l'homme, chacun suit ainsi sa destination. Ce n'est pas une oppression, c'est un ordre naturel.
CCeux qui invoquent le bonheur ou le choix des femmes attaque la prémisse 2Beaucoup de femmes ne se sentent pas opprimées : elles disent préférer leur rôle, ou en tirer des avantages réels (protection, statut, temps pour les enfants). Peut-on affirmer qu'elles se trompent ? Une ménagère n'est-elle pas plus heureuse qu'une ouvrière ?
Beauvoir répond
Beaucoup de femmes ne se sentent pas opprimées : elles disent préférer leur rôle, ou en tirer des avantages réels (protection, statut, temps pour les enfants). Peut-on affirmer qu'elles se trompent ? Une ménagère n'est-elle pas plus heureuse qu'une ouvrière ?
LLe féminisme de la différence (Luce Irigaray et d'autres, à partir des années 1970) 1974 · attaque la prémisse 3Dire que la femme doit s'accomplir comme « sujet autonome », par la transcendance, c'est prendre un modèle masculin pour la norme de l'humain. Il faudrait au contraire valoriser ce qui est propre aux femmes (le corps, la maternité, d'autres manières d'exister), plutôt que de leur demander de ressembler aux hommes.
sans réponse
Dire que la femme doit s'accomplir comme « sujet autonome », par la transcendance, c'est prendre un modèle masculin pour la norme de l'humain. Il faudrait au contraire valoriser ce qui est propre aux femmes (le corps, la maternité, d'autres manières d'exister), plutôt que de leur demander de ressembler aux hommes.