Je ne suis pas l'auteur de ce que je vois : Dieu l'est
L'argument de Berkeley pour l'existence de Dieu ; Dieu cause de nos sensations
Dieu existe, et il est connu avec autant de certitude que n'importe quel autre esprit, et même avec plus d'évidence que l'existence des hommes.
Je ne choisis pas ce que mes sens m'apportent, et des idées ne peuvent rien causer : c'est donc l'acte d'un autre esprit.
« Je ne suis pas l'auteur de ce que je vois : Dieu l'est » est un argument de George Berkeley (Berkeley, Principes de la connaissance humaine, 1710, § 26-33 et 146-147 ; Trois dialogues, 1713, II, 1710) sur la question « Dieu existe-t-il ? » (réponse : théisme). Sa thèse : Dieu existe, et il est connu avec autant de certitude que n'importe quel autre esprit, et même avec plus d'évidence que l'existence des hommes. Selon la vérification logique d'AskPhilosophy (solveur Z3), l'argument est valide à condition d'admettre une prémisse que l'auteur ne formule pas (P6). AskPhilosophy présente 4 objections, dont 2 avec une réponse documentée, et le texte original de chaque prémisse, vérifié mot pour mot.
Ouvre les yeux en plein jour. Tu ne peux pas décider de voir ou de ne pas voir, ni choisir ce qui va apparaître devant toi. Pour Berkeley, philosophe irlandais (il deviendra évêque en 1734), ce simple fait suffit à prouver l'existence de Dieu. Il pense que ce que nous voyons, touchons et entendons se réduit à des idées dans notre esprit. Ces idées ne sont pas faites par nous. Or une idée est passive : elle ne peut rien produire. Il faut donc un esprit qui les cause. Ce n'est ni toi ni un autre humain ; et l'ordre et la régularité du monde montrent que cet Esprit est unique, sage et bon. Locke partait de la même observation, mais en tirait une autre conclusion : des corps extérieurs. Tout l'argument dépend donc du refus de la matière, défendu dans un autre argument du site.
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Sans la prémisse implicite : Sans P6, l'ordinateur trouve un cas où un esprit non humain, par exemple un esprit fini ou imparfait, cause nos idées sans être Dieu.
Objections
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John Locke (la cause est un corps) 1689 · attaque la prémisse 3Locke fait la même observation que Berkeley : si je tourne les yeux vers le soleil à midi, je ne peux pas éviter les idées qu'il produit en moi. Il en tire l'existence de choses extérieures qui causent ces idées. Si la matière existe, un corps est une autre cause possible, sans recours à Dieu.
un défenseur répond
Locke fait la même observation que Berkeley : si je tourne les yeux vers le soleil à midi, je ne peux pas éviter les idées qu'il produit en moi. Il en tire l'existence de choses extérieures qui causent ces idées. Si la matière existe, un corps est une autre cause possible, sans recours à Dieu.
David Hume (l'esprit en action) 1748 · attaque la prémisse 4Nous ne sentons que l'événement, par exemple l'existence d'une idée après un ordre de notre volonté. Mais la manière dont cela se produit, et le pouvoir qui le réalise, échappent à notre compréhension. Dire qu'un esprit est une cause active n'explique donc pas mieux que dire qu'un corps l'est.
sans réponse
Nous ne sentons que l'événement, par exemple l'existence d'une idée après un ordre de notre volonté. Mais la manière dont cela se produit, et le pouvoir qui le réalise, échappent à notre compréhension. Dire qu'un esprit est une cause active n'explique donc pas mieux que dire qu'un corps l'est.
David Hume (la cause et son effet) 1748 · attaque la prémisse 5Quand on conclut d'un effet à sa cause, on doit les proportionner : on ne peut attribuer à la cause que les qualités exactement nécessaires pour produire l'effet. Notre monde, mêlé de bien et de mal, ne permet pas de conclure à un Esprit infiniment sage, bon et parfait.
sans réponse
Quand on conclut d'un effet à sa cause, on doit les proportionner : on ne peut attribuer à la cause que les qualités exactement nécessaires pour produire l'effet. Notre monde, mêlé de bien et de mal, ne permet pas de conclure à un Esprit infiniment sage, bon et parfait.
Objection que Berkeley prévoit lui-même (le mal et les défauts de la nature) 1710 · attaque la prémisse 5Les méthodes lentes de la nature, les monstres, les naissances prématurées, les fruits flétris et les misères de la vie humaine seraient autant d'arguments contre l'idée que la nature est dirigée de près par un Esprit infiniment sage et bon.
un défenseur répond
Les méthodes lentes de la nature, les monstres, les naissances prématurées, les fruits flétris et les misères de la vie humaine seraient autant d'arguments contre l'idée que la nature est dirigée de près par un Esprit infiniment sage et bon.