Heureux même sous la torture ?
La vertu suffit au bonheur : le sage est toujours heureux, même dans les tourments.
Le bonheur demande un bien qu'on ne peut pas perdre : seule la vertu en est un, car elle ne dépend que de nous.
« Heureux même sous la torture ? » est un argument de Cicéron (Tusculanes, V, 29-44 ; V, 80-87) sur la question « Qu'est-ce que le bonheur ? » (réponse : la vertu et la sagesse). Sa thèse : La vertu suffit au bonheur : le sage est toujours heureux, même dans les tourments. Selon la vérification logique d'AskPhilosophy (solveur Z3), l'argument est valide à condition d'admettre une prémisse que l'auteur ne formule pas (P4). AskPhilosophy présente 3 objections, dont 2 avec une réponse documentée, et le texte original de chaque prémisse, vérifié mot pour mot.
La vertu suffit-elle pour être heureux ? Peut-on être heureux en prison, malade, exilé, et même sous la torture ? Cicéron écrit ce livre peu après la mort de sa fille, écarté du pouvoir par César. Il défend la réponse la plus dure, celle des stoïciens : oui, le sage est toujours heureux. Mais il reconnaît lui-même que tout dépend d'une thèse : que la douleur et les malheurs ne soient pas de vrais maux.
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Sans la prémisse implicite : Sans P4, l'ordinateur trouve un sage vertueux, dont la vertu est stable, pour qui seul l'honnête est un bien, et qui pourtant subit un vrai mal sur la roue : il n'est pas heureux.
Objections
3Chaque objection est une conversation : clique pour voir qui répond, et où en est le débat.
LL'auditeur (dans le dialogue) attaque la prémisse 4On peut rester juste, courageux et digne au milieu des tourments : on vit alors bien, mais pas heureux. Vos vertus qui marchent ensemble vers le chevalet font un beau tableau. Mais la prudence elle-même voit que tous les gens de bien ne sont pas heureux : on se souvient de Régulus, torturé à mort par les Carthaginois.
Cicéron répond
On peut rester juste, courageux et digne au milieu des tourments : on vit alors bien, mais pas heureux. Vos vertus qui marchent ensemble vers le chevalet font un beau tableau. Mais la prudence elle-même voit que tous les gens de bien ne sont pas heureux : on se souvient de Régulus, torturé à mort par les Carthaginois.
Aristote (Éthique à Nicomaque) 330 av. J.-C. · attaque la prémisse 3Le bonheur a aussi besoin des biens extérieurs : on peut difficilement bien agir sans ressources, sans amis, sans santé. Ceux qui disent que l'homme sur la roue, ou frappé de grands malheurs, est heureux s'il est bon, parlent pour ne rien dire, qu'ils le veuillent ou non.
Cicéron répond
Le bonheur a aussi besoin des biens extérieurs : on peut difficilement bien agir sans ressources, sans amis, sans santé. Ceux qui disent que l'homme sur la roue, ou frappé de grands malheurs, est heureux s'il est bon, parlent pour ne rien dire, qu'ils le veuillent ou non.
Martha Nussbaum (La Fragilité du bien) 1986 · attaque la prémisse 2La vertu elle-même n'est pas à l'abri du sort. Des malheurs extrêmes peuvent briser le caractère d'une personne bonne, comme Hécube dans la tragédie d'Euripide, devenue cruelle après la mort de ses enfants. Faire comme si la vertu ne dépendait que de nous, c'est refuser de voir notre vulnérabilité, qui fait aussi la valeur de nos attachements.
sans réponse
La vertu elle-même n'est pas à l'abri du sort. Des malheurs extrêmes peuvent briser le caractère d'une personne bonne, comme Hécube dans la tragédie d'Euripide, devenue cruelle après la mort de ses enfants. Faire comme si la vertu ne dépendait que de nous, c'est refuser de voir notre vulnérabilité, qui fait aussi la valeur de nos attachements.