Une loi bonne ici peut être mauvaise ailleurs
Une même loi peut être bonne pour un peuple et mauvaise pour un autre : les lois doivent être « propres au peuple pour lequel elles sont faites ».
Les peuples diffèrent par leur climat et leurs mœurs ; une loi contraire à leurs coutumes les rend malheureux.
« Une loi bonne ici peut être mauvaise ailleurs » est un argument de Montesquieu (De l'esprit des lois, I, 3 et XIX) sur la question « Qu'est-ce qu'une société juste ? » (réponse : la vertu et l'harmonie). Sa thèse : Une même loi peut être bonne pour un peuple et mauvaise pour un autre : les lois doivent être « propres au peuple pour lequel elles sont faites ». Selon la vérification logique d'AskPhilosophy (solveur Z3), l'argument est valide à condition d'admettre une prémisse que l'auteur ne formule pas (P4). AskPhilosophy présente 3 objections, dont 2 avec une réponse documentée, et le texte original de chaque prémisse, vérifié mot pour mot.
Peut-on prendre les meilleures lois d'un pays et les imposer à un autre ? Montesquieu répond que c'est « un très grand hasard » si cela marche. Chaque peuple a un « esprit général », formé de son climat, de sa religion, de ses mœurs, de ses manières. Une loi qui heurte cet esprit rend le peuple malheureux. Pour changer des mœurs, mieux vaut l'exemple que la force. Attention : il ne dit pas que tout se vaut. Pour lui, la justice existe avant toutes les lois ; ce qui varie, c'est la manière de l'appliquer.
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Sans la prémisse implicite : Sans P4, l'ordinateur trouve un cas où la loi rend le second peuple malheureux, lui est imposée par la force, et reste pourtant « bonne » pour lui : rien ne relie encore le malheur d'un peuple à la valeur d'une loi.
Objections
3Chaque objection est une conversation : clique pour voir qui répond, et où en est le débat.
Condorcet 1819 · attaque la conclusionUne bonne loi doit être bonne pour tous les hommes, comme une proposition vraie est vraie pour tous. La justice, les droits de l'homme, la sûreté, la liberté sont les mêmes partout : pourquoi les lois changeraient-elles d'un pays à l'autre ? (Observations sur le livre XXIX de l'Esprit des lois, écrites avant sa mort en 1794, publiées en 1819.)
Montesquieu répond
Une bonne loi doit être bonne pour tous les hommes, comme une proposition vraie est vraie pour tous. La justice, les droits de l'homme, la sûreté, la liberté sont les mêmes partout : pourquoi les lois changeraient-elles d'un pays à l'autre ? (Observations sur le livre XXIX de l'Esprit des lois, écrites avant sa mort en 1794, publiées en 1819.)
Voltaire 1766 · attaque la prémisse 2Ces différences entre peuples, Montesquieu les connaît mal. L'auteur de l'Esprit des lois « s'amuse à citer de prétendues lois de Tunquin, de Bantam, de Bornéo, de Formose, sur la foi de quelques voyageurs, ou menteurs ou mal instruits ». Le fond de la morale, l'idée du juste et de l'injuste, est le même partout.
sans réponse
Ces différences entre peuples, Montesquieu les connaît mal. L'auteur de l'Esprit des lois « s'amuse à citer de prétendues lois de Tunquin, de Bantam, de Bornéo, de Formose, sur la foi de quelques voyageurs, ou menteurs ou mal instruits ». Le fond de la morale, l'idée du juste et de l'injuste, est le même partout.
Hume, puis les critiques de la théorie des climats 1748 · attaque la prémisse 2Le climat ne fait pas le caractère d'un peuple : des voisins sous le même ciel sont très différents, et un même peuple change sans que son climat change. Ce sont les causes morales (le gouvernement, les échanges, l'imitation) qui comptent (Hume, « Des caractères nationaux », 1748). Plus grave : la théorie des climats a servi à présenter le despotisme et l'esclavage comme naturels pour certains peuples.
Montesquieu répond
Le climat ne fait pas le caractère d'un peuple : des voisins sous le même ciel sont très différents, et un même peuple change sans que son climat change. Ce sont les causes morales (le gouvernement, les échanges, l'imitation) qui comptent (Hume, « Des caractères nationaux », 1748). Plus grave : la théorie des climats a servi à présenter le despotisme et l'esclavage comme naturels pour certains peuples.