Le pacte social : obéir à la loi et rester libre
Dans une société fondée sur le pacte social, le citoyen qui obéit aux lois reste libre.
Si les lois viennent de la volonté de tous et s'appliquent à tous, leur obéir, c'est n'obéir qu'à soi-même.
« Le pacte social : obéir à la loi et rester libre » est un argument de Jean-Jacques Rousseau (Du contrat social, I, 6-8) sur la question « Qu'est-ce qu'une société juste ? » (réponse : le contrat). Sa thèse : Dans une société fondée sur le pacte social, le citoyen qui obéit aux lois reste libre. Selon la vérification logique d'AskPhilosophy (solveur Z3), la conclusion suit bien de ses 5 prémisses. AskPhilosophy présente 4 objections, dont 3 avec une réponse documentée, et le texte original de chaque prémisse, vérifié mot pour mot.
Rousseau part d'un problème : trouver une association qui protège chacun avec la force de tous, et où chacun « n'obéisse pourtant qu'à lui-même et reste aussi libre qu'auparavant ». Sa solution : un pacte où le peuple entier fait les lois. Il ne raconte pas une histoire réelle : il donne un critère pour juger si une société est légitime.
clique sur une prémisse pour la rejeter
Objections
4Chaque objection est une conversation : clique pour voir qui répond, et où en est le débat.
Objection anticipée par Rousseau attaque la prémisse 4Celui qui a voté contre une loi doit quand même lui obéir. Comment peut-il être libre en se soumettant à une volonté qui n'est pas la sienne ?
Rousseau répond
Celui qui a voté contre une loi doit quand même lui obéir. Comment peut-il être libre en se soumettant à une volonté qui n'est pas la sienne ?
Hume 1748 · attaque la prémisse 2Le contrat est une fiction. Presque tous les gouvernements sont nés de la conquête ou de l'usurpation, et la plupart des gens n'ont jamais consenti à rien. Dire qu'on consent parce qu'on reste dans son pays, c'est comme dire qu'un homme embarqué de force pendant son sommeil consent à obéir au capitaine parce qu'il ne saute pas à la mer.
Rousseau répond
Le contrat est une fiction. Presque tous les gouvernements sont nés de la conquête ou de l'usurpation, et la plupart des gens n'ont jamais consenti à rien. Dire qu'on consent parce qu'on reste dans son pays, c'est comme dire qu'un homme embarqué de force pendant son sommeil consent à obéir au capitaine parce qu'il ne saute pas à la mer.
Benjamin Constant 1819 · attaque la prémisse 1Rousseau confond deux libertés. Pour les Anciens, être libre, c'était participer au pouvoir collectif. Pour les Modernes, c'est être protégé dans sa vie privée, même contre la majorité. En donnant un pouvoir sans limite à la volonté générale, Rousseau a fourni des prétextes à la tyrannie.
sans réponse
Rousseau confond deux libertés. Pour les Anciens, être libre, c'était participer au pouvoir collectif. Pour les Modernes, c'est être protégé dans sa vie privée, même contre la majorité. En donnant un pouvoir sans limite à la volonté générale, Rousseau a fourni des prétextes à la tyrannie.
IIsaiah Berlin 1958 · attaque la prémisse 4Si ma « vraie » volonté est la volonté générale, on peut me contraindre en disant que je veux vraiment ce qu'on m'impose. La formule de Rousseau, « on le forcera d'être libre », montre le danger : la liberté devient une raison d'obéir.
Rousseau répond
Si ma « vraie » volonté est la volonté générale, on peut me contraindre en disant que je veux vraiment ce qu'on m'impose. La formule de Rousseau, « on le forcera d'être libre », montre le danger : la liberté devient une raison d'obéir.