Antigone : les lois non écrites contre l'édit du roi
Antigone et les lois non écrites
Antigone doit enterrer son frère malgré l'édit de Créon, et accepter de mourir pour cela.
Les lois non écrites des dieux sont de tous les temps, et un édit de mortel n'a pas la force de les écarter.
« Antigone : les lois non écrites contre l'édit du roi » est un argument de Sophocle (Sophocle, Antigone, v. 441-470 (vers 441 av. J.-C.), 441 av. J.-C.) sur la question « Faut-il toujours obéir à la loi ? » (réponse : la conscience d'abord). Sa thèse : Antigone doit enterrer son frère malgré l'édit de Créon, et accepter de mourir pour cela. Selon la vérification logique d'AskPhilosophy (solveur Z3), l'argument est valide à condition d'admettre une prémisse que l'auteur ne formule pas (P4). AskPhilosophy présente 3 objections, dont 3 avec une réponse documentée, et le texte original de chaque prémisse, vérifié mot pour mot.
Thèbes, après une guerre civile. Le roi Créon a interdit d'enterrer Polynice, frère d'Antigone, qui s'est battu contre la cité. Antigone l'enterre quand même. Arrêtée, elle explique à Créon pourquoi. Sa réponse (v. 450 et suivants) est devenue le modèle de l'appel à une loi plus haute que la loi de l'État. Attention : c'est un personnage de théâtre qui parle ; Sophocle donne aussi la parole à Créon et à son fils Hémon, et la pièce n'a pas de verdict simple. La forme P1 à P4 → C est notre reconstruction.
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Sans la prémisse implicite : Sans P4, l'ordinateur trouve un cas où l'édit est plus faible que la loi des dieux, l'enterrement relève de cette loi, et pourtant Antigone n'est pas tenue de lui obéir : par exemple si elle pouvait éviter le conflit autrement, ou si le prix à payer était trop lourd. Il faut poser que la loi supérieure l'emporte quoi qu'il en coûte.
Objections
3Chaque objection est une conversation : clique pour voir qui répond, et où en est le débat.
Créon (personnage de Sophocle) 441 av. J.-C. · attaque la prémisse 2Créon dit à son fils : celui que la cité a désigné doit être obéi dans les petites choses comme dans les grandes, dans les choses justes comme dans les contraires. Il n'y a pas de mal plus grand que l'absence de chef (l'anarchie) : elle détruit les cités, renverse les maisons, met en fuite les armées. Pour Créon, laisser chacun désobéir quand il juge un ordre injuste, c'est ouvrir la porte à ce désordre (notre résumé de cette dernière idée).
Sophocle répond
Créon dit à son fils : celui que la cité a désigné doit être obéi dans les petites choses comme dans les grandes, dans les choses justes comme dans les contraires. Il n'y a pas de mal plus grand que l'absence de chef (l'anarchie) : elle détruit les cités, renverse les maisons, met en fuite les armées. Pour Créon, laisser chacun désobéir quand il juge un ordre injuste, c'est ouvrir la porte à ce désordre (notre résumé de cette dernière idée).
Ismène (personnage de Sophocle) 441 av. J.-C. · attaque la conclusionIsmène, sœur d'Antigone, refuse de l'aider. Nous sommes des femmes, dit-elle, nous ne sommes pas faites pour lutter contre des hommes, et nous sommes gouvernées par plus forts que nous : il faut obéir en cela et en des choses plus douloureuses encore. Elle demandera pardon aux morts, puisqu'elle y est forcée, et obéira à ceux qui détiennent l'autorité : faire plus que cela n'a pas de sens.
Sophocle répond
Ismène, sœur d'Antigone, refuse de l'aider. Nous sommes des femmes, dit-elle, nous ne sommes pas faites pour lutter contre des hommes, et nous sommes gouvernées par plus forts que nous : il faut obéir en cela et en des choses plus douloureuses encore. Elle demandera pardon aux morts, puisqu'elle y est forcée, et obéira à ceux qui détiennent l'autorité : faire plus que cela n'a pas de sens.
Hegel 1807 · attaque la prémisse 4Pour Hegel, Antigone et Créon ont chacun raison et chacun tort. Antigone défend la loi divine de la famille, Créon la loi humaine de la cité. Chacun est enfermé dans un seul côté de la vie éthique et méconnaît l'autre. Le conflit n'oppose donc pas une loi juste à une loi injuste, mais deux devoirs légitimes (notre résumé de sa lecture).
Sophocle répond
Pour Hegel, Antigone et Créon ont chacun raison et chacun tort. Antigone défend la loi divine de la famille, Créon la loi humaine de la cité. Chacun est enfermé dans un seul côté de la vie éthique et méconnaît l'autre. Le conflit n'oppose donc pas une loi juste à une loi injuste, mais deux devoirs légitimes (notre résumé de sa lecture).