Nul n'a le droit de dire « crois ou meurs » : la tolérance
Nul n'a le droit de forcer quelqu'un à croire, et l'État ne peut punir une croyance que si elle devient fanatisme. « Le droit de l'intolérance est donc absurde et barbare : c'est le droit des tigres. »
La règle d'or interdit de dire à autrui « crois comme moi ou péris » ; une croyance n'est punissable que si elle pousse au fanatisme.
« Nul n'a le droit de dire « crois ou meurs » : la tolérance » est un argument de Voltaire (Traité sur la tolérance, 1763, ch. 6 et 18) sur la question « Qu'est-ce qu'une société juste ? » (réponse : les libertés). Sa thèse : Nul n'a le droit de forcer quelqu'un à croire, et l'État ne peut punir une croyance que si elle devient fanatisme. « Le droit de l'intolérance est donc absurde et barbare : c'est le droit des tigres. ». Selon la vérification logique d'AskPhilosophy (solveur Z3), l'argument est valide à condition d'admettre une prémisse que l'auteur ne formule pas (P4). AskPhilosophy présente 4 objections, dont 3 avec une réponse documentée, et le texte original de chaque prémisse, vérifié mot pour mot.
En 1762, à Toulouse, le protestant Jean Calas est torturé et exécuté, accusé à tort d'avoir tué son fils pour l'empêcher de devenir catholique. Voltaire mène campagne pour le réhabiliter et écrit le Traité sur la tolérance. Son argument part d'une règle que tout le monde accepte, la règle d'or. Il fixe aussi une limite : l'État peut punir une croyance seulement quand elle devient fanatisme et trouble la paix.
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Sans la prémisse implicite : Sans P4, l'ordinateur trouve un cas où une croyance paisible n'est pas un crime, et où l'État a pourtant le droit de la punir : rien n'interdit alors de punir ce qui n'est pas un crime.
Objections
4Chaque objection est une conversation : clique pour voir qui répond, et où en est le débat.
Objection anticipée par Voltaire attaque la prémisse 5Tolérer les protestants, c'est leur mettre les armes à la main : on reverra les guerres de religion du XVIe siècle.
Voltaire répond
Tolérer les protestants, c'est leur mettre les armes à la main : on reverra les guerres de religion du XVIe siècle.
Les défenseurs de la contrainte (Bossuet ; l'inquisiteur du Traité) 1709 · attaque la prémisse 2Une fausse religion perd les âmes. Le prince doit protéger la vraie religion et combattre les fausses : c'est pour le salut des âmes, donc pour le bien même de ceux qu'on contraint (idée défendue par Bossuet, qui approuva la révocation de l'édit de Nantes en 1685).
Voltaire répond
Une fausse religion perd les âmes. Le prince doit protéger la vraie religion et combattre les fausses : c'est pour le salut des âmes, donc pour le bien même de ceux qu'on contraint (idée défendue par Bossuet, qui approuva la révocation de l'édit de Nantes en 1685).
Locke (Lettre sur la tolérance, 1689) 1689 · attaque la prémisse 5La tolérance a une limite : ceux qui nient l'existence de Dieu. Sans être fanatiques, ils menacent la société, car promesses, contrats et serments n'ont aucune prise sur un athée.
Voltaire répond
La tolérance a une limite : ceux qui nient l'existence de Dieu. Sans être fanatiques, ils menacent la société, car promesses, contrats et serments n'ont aucune prise sur un athée.
Rousseau (Du contrat social, IV, 8) 1762 · attaque la prémisse 5L'État ne peut obliger personne à croire, mais il peut fixer une « religion civile » (un Dieu, une vie future, la sainteté des lois) et bannir quiconque n'y croit pas, non comme impie, mais comme incapable d'aimer sincèrement les lois.
sans réponse
L'État ne peut obliger personne à croire, mais il peut fixer une « religion civile » (un Dieu, une vie future, la sainteté des lois) et bannir quiconque n'y croit pas, non comme impie, mais comme incapable d'aimer sincèrement les lois.