Les droits de la moitié de l'humanité
Les femmes ont droit aux mêmes droits naturels que les hommes. Les en exclure sans prouver qu'elles manquent de raison, c'est agir en tyran : la raison « réclame justice pour une moitié de l'espèce humaine ».
Les droits des hommes reposent sur la raison, que les femmes partagent, et le degré de raison ne mesure pas les droits.
« Les droits de la moitié de l'humanité » est un argument de Mary Wollstonecraft (Droits de la femme, dédicace à Talleyrand) sur la question « Qu'est-ce qu'une société juste ? » (réponse : l'égalité). Sa thèse : Les femmes ont droit aux mêmes droits naturels que les hommes. Les en exclure sans prouver qu'elles manquent de raison, c'est agir en tyran : la raison « réclame justice pour une moitié de l'espèce humaine ». Selon la vérification logique d'AskPhilosophy (solveur Z3), l'argument est valide à condition d'admettre une prémisse que l'auteur ne formule pas (P3). AskPhilosophy présente 3 objections, dont 3 avec une réponse documentée, et le texte original de chaque prémisse, vérifié mot pour mot.
En 1791, la France révolutionnaire proclame les droits de l'homme mais exclut les femmes de la vie politique. Talleyrand, dans un rapport sur l'instruction publique, ne prévoit pour les filles qu'une éducation domestique. Wollstonecraft lui dédie son livre et retourne contre lui les principes de la Révolution : si les droits reposent sur la raison, les femmes y ont droit autant que les hommes.
clique sur une prémisse pour la rejeter
Sans la prémisse implicite : Sans P3, l'ordinateur trouve une situation où les droits viennent de la raison, où les femmes ont la raison, mais où il faudrait un certain niveau de raison pour avoir les droits, niveau que les femmes n'atteindraient pas : elles n'auraient alors pas les droits.
Objections
3Chaque objection est une conversation : clique pour voir qui répond, et où en est le débat.
TTalleyrand (rapport sur l'instruction publique) 1791 · attaque la prémisse 1Talleyrand reconnaît qu'exclure la moitié de l'espèce humaine de tout gouvernement est « inexplicable selon les principes abstraits ». Mais la politique ne se règle pas sur les seuls principes : il faut viser le bonheur de tous, et celui des femmes elles-mêmes, que la vie domestique rendrait plus heureuses.
Wollstonecraft répond
Talleyrand reconnaît qu'exclure la moitié de l'espèce humaine de tout gouvernement est « inexplicable selon les principes abstraits ». Mais la politique ne se règle pas sur les seuls principes : il faut viser le bonheur de tous, et celui des femmes elles-mêmes, que la vie domestique rendrait plus heureuses.
LL'argument de la tradition (la « prescription ») attaque la prémisse 2Partout et toujours, les femmes ont été soumises aux hommes. Un fait aussi universel et aussi ancien montre qu'elles ne sont pas faites pour se gouverner elles-mêmes. Elle remarque que c'est l'argument (la « prescription ») qui sert en France à justifier l'oppression des femmes, et en Angleterre à rejeter les droits de l'homme eux-mêmes.
Wollstonecraft répond
Partout et toujours, les femmes ont été soumises aux hommes. Un fait aussi universel et aussi ancien montre qu'elles ne sont pas faites pour se gouverner elles-mêmes. Elle remarque que c'est l'argument (la « prescription ») qui sert en France à justifier l'oppression des femmes, et en Angleterre à rejeter les droits de l'homme eux-mêmes.
SSieyès (citoyens actifs et citoyens passifs) 1789 · attaque la prémisse 3Tous les habitants ont les droits naturels et civils : sûreté, liberté, propriété. Mais les droits politiques demandent une capacité de participer à la chose publique. Les femmes, « du moins dans l'état actuel », les enfants et les étrangers seront citoyens « passifs » : protégés par la loi, sans voter. La Constitution de 1791 suit cette distinction.
Wollstonecraft répond
Tous les habitants ont les droits naturels et civils : sûreté, liberté, propriété. Mais les droits politiques demandent une capacité de participer à la chose publique. Les femmes, « du moins dans l'état actuel », les enfants et les étrangers seront citoyens « passifs » : protégés par la loi, sans voter. La Constitution de 1791 suit cette distinction.