On n'est pas faible par nature, on est élevée pour l'être
La faiblesse apparente des femmes ne prouve pas que leur raison soit inférieure par nature. Pour le savoir, il faudrait d'abord leur laisser développer leurs facultés, et seulement ensuite juger.
Les filles sont élevées pour plaire et non pour raisonner, et des hommes élevés de même montrent les mêmes défauts.
« On n'est pas faible par nature, on est élevée pour l'être » est un argument de Mary Wollstonecraft (Droits de la femme, ch. 2-4) sur la question « Qui suis-je vraiment ? » (réponse : un soi à construire). Sa thèse : La faiblesse apparente des femmes ne prouve pas que leur raison soit inférieure par nature. Pour le savoir, il faudrait d'abord leur laisser développer leurs facultés, et seulement ensuite juger. Selon la vérification logique d'AskPhilosophy (solveur Z3), l'argument est valide à condition d'admettre une prémisse que l'auteur ne formule pas (P4). AskPhilosophy présente 3 objections, dont 3 avec une réponse documentée, et le texte original de chaque prémisse, vérifié mot pour mot.
En 1792, presque tout le monde, y compris de grands philosophes, juge que les femmes ont moins de raison que les hommes : il suffit de regarder comment elles se conduisent. Wollstonecraft accepte le constat mais conteste la conclusion. Ce qu'on prend pour la nature des femmes est le produit de leur éducation. Attention : elle n'affirme pas que les deux sexes sont identiques. Elle accorde aux hommes la force physique et n'exclut pas une différence de degré ; elle dit seulement qu'on ne peut rien conclure tant que l'éducation est si différente.
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Sans la prémisse implicite : Sans P4, l'ordinateur trouve une situation où tout est vrai (le caractère vient de l'éducation, les filles sont élevées pour plaire, les officiers ont les mêmes défauts) et où la faiblesse prouve quand même une infériorité naturelle : par exemple si deux causes s'additionnaient, l'éducation et la nature.
Objections
3Chaque objection est une conversation : clique pour voir qui répond, et où en est le débat.
Rousseau (Émile, livre V) 1762 · attaque la prémisse 1Les goûts des filles apparaissent avant toute éducation : dès l'enfance, les garçons veulent du bruit et du mouvement, les filles des miroirs, des parures et surtout des poupées. La poupée montre leur goût naturel pour leur destination. L'éducation doit suivre ce penchant, pas le combattre.
Wollstonecraft répond
Les goûts des filles apparaissent avant toute éducation : dès l'enfance, les garçons veulent du bruit et du mouvement, les filles des miroirs, des parures et surtout des poupées. La poupée montre leur goût naturel pour leur destination. L'éducation doit suivre ce penchant, pas le combattre.
Rousseau (Émile, livre V) 1762 · attaque la conclusionLes femmes nous reprochent de les élever pour la coquetterie. Mais qui empêche les mères de les élever comme elles veulent ? Élevez-les donc comme des hommes : plus elles leur ressembleront, moins elles les gouverneront, et c'est alors que les hommes seront vraiment les maîtres. Les femmes ont tout à y perdre.
Wollstonecraft répond
Les femmes nous reprochent de les élever pour la coquetterie. Mais qui empêche les mères de les élever comme elles veulent ? Élevez-les donc comme des hommes : plus elles leur ressembleront, moins elles les gouverneront, et c'est alors que les hommes seront vraiment les maîtres. Les femmes ont tout à y perdre.
LLes défenseurs d'une différence naturelle attaque la prémisse 4Même si l'éducation explique beaucoup, elle n'explique peut-être pas tout. Des différences moyennes entre les sexes (force, goûts, intérêts) pourraient être en partie naturelles. Alors la faiblesse observée viendrait à la fois de l'éducation et de la nature.
Wollstonecraft répond
Même si l'éducation explique beaucoup, elle n'explique peut-être pas tout. Des différences moyennes entre les sexes (force, goûts, intérêts) pourraient être en partie naturelles. Alors la faiblesse observée viendrait à la fois de l'éducation et de la nature.