La vertu est un juste milieu entre deux vices
Le juste milieu (Aristote)
La vertu est une disposition à choisir le milieu relatif à nous, fixé par la raison de l'homme prudent, entre deux vices, l'un par excès, l'autre par défaut. Par exemple, le courage se tient entre la témérité et la lâcheté.
Les émotions peuvent être trop fortes ou trop faibles ; comme tout bon artisan, on vise le juste milieu, qui varie selon chacun.
« La vertu est un juste milieu entre deux vices » est un argument d'Aristote (Éthique à Nicomaque, II 6-7 (1106a-1107b), 335 av. J.-C.) sur la question « Qu'est-ce qui est bien ? » (réponse : la vertu). Sa thèse : La vertu est une disposition à choisir le milieu relatif à nous, fixé par la raison de l'homme prudent, entre deux vices, l'un par excès, l'autre par défaut. Par exemple, le courage se tient entre la témérité et la lâcheté. Selon la vérification logique d'AskPhilosophy (solveur Z3), l'argument est valide à condition d'admettre une prémisse que l'auteur ne formule pas (P4). AskPhilosophy présente 3 objections, dont 2 avec une réponse documentée, et le texte original de chaque prémisse, vérifié mot pour mot.
Être courageux, est-ce ne jamais avoir peur ? Pour Aristote, non : celui qui n'a peur de rien est téméraire, celui qui a peur de tout est lâche. La vertu n'est pas un extrême, c'est le bon dosage, et ce bon dosage dépend de la personne et de la situation.
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Sans la prémisse implicite : Sans P4, l'ordinateur trouve un monde où la vertu vise bien le bon dosage, mais où le vice n'est pas un simple « trop » ou « trop peu » : par exemple l'avare et le généreux n'obéiraient pas à la même règle avec plus ou moins d'intensité, ils auraient des règles différentes. Alors « la vertu est entre deux vices » ne suit plus.
Objections
3Chaque objection est une conversation : clique pour voir qui répond, et où en est le débat.
Kant 1797 · attaque la prémisse 4Le principe d'Aristote est faux. La vertu et le vice ne diffèrent pas par le degré, mais par leur principe. L'avare n'est pas un économe qui exagère : il a une autre règle de vie (posséder sans jamais profiter), et le dépensier aussi (profiter sans rien conserver). Si la vertu était un vice diminué, on passerait de la prodigalité à l'avarice en traversant la bonne gestion, ce qui est absurde.
Aristote répond
Le principe d'Aristote est faux. La vertu et le vice ne diffèrent pas par le degré, mais par leur principe. L'avare n'est pas un économe qui exagère : il a une autre règle de vie (posséder sans jamais profiter), et le dépensier aussi (profiter sans rien conserver). Si la vertu était un vice diminué, on passerait de la prodigalité à l'avarice en traversant la bonne gestion, ce qui est absurde.
Kant 1797 · attaque la prémisse 3« Ne fais rien ni trop ni trop peu » ne dit rien du tout : c'est une tautologie. Trop, c'est « plus qu'il n'est bien » ; trop peu, « moins qu'il n'est bien ». Ce milieu entre deux extrêmes, qui me l'indiquera ? La formule ne donne aucun principe précis.
Aristote répond
« Ne fais rien ni trop ni trop peu » ne dit rien du tout : c'est une tautologie. Trop, c'est « plus qu'il n'est bien » ; trop peu, « moins qu'il n'est bien ». Ce milieu entre deux extrêmes, qui me l'indiquera ? La formule ne donne aucun principe précis.
UUne limite qu'Aristote pose lui-même 335 av. J.-C. · attaque la prémisse 1Toutes les actions et toutes les émotions n'ont pas de juste milieu. Certaines sont mauvaises par leur nom même : la joie du malheur d'autrui, l'impudence, l'envie, et, parmi les actions, l'adultère, le vol, le meurtre. On ne se demande pas avec qui, quand et comment commettre un adultère : le faire, c'est mal, tout simplement.
sans réponse
Toutes les actions et toutes les émotions n'ont pas de juste milieu. Certaines sont mauvaises par leur nom même : la joie du malheur d'autrui, l'impudence, l'envie, et, parmi les actions, l'adultère, le vol, le meurtre. On ne se demande pas avec qui, quand et comment commettre un adultère : le faire, c'est mal, tout simplement.