L'âme ne meurt pas avec le corps
L'âme humaine ne meurt pas avec le corps, et rien d'autre ne la détruit : elle ne périt pas du tout.
L'âme pensante n'est ni un corps ni produite par lui, et ne dépend pas de lui pour exister : elle ne périt donc pas avec lui.
« L'âme ne meurt pas avec le corps » est un argument d'Avicenne (Le Livre de la guérison, De l'âme, V, 2 et V, 4) sur la question « Faut-il avoir peur de la mort ? » (réponse : l'âme survit). Sa thèse : L'âme humaine ne meurt pas avec le corps, et rien d'autre ne la détruit : elle ne périt pas du tout. Selon la vérification logique d'AskPhilosophy (solveur Z3), la conclusion suit bien de ses 7 prémisses. AskPhilosophy présente 4 objections, dont 2 avec une réponse documentée, et le texte original de chaque prémisse, vérifié mot pour mot.
Si une chose meurt quand une autre meurt, c'est qu'elle dépend d'elle. Avicenne examine toutes les façons dont l'âme pourrait dépendre du corps, et les écarte une à une. Puis il montre qu'aucune autre cause ne peut la détruire, parce qu'elle est simple. À la différence de Platon, il ne croit pas que l'âme existait avant le corps : elle naît avec lui, mais ne meurt pas avec lui. La résurrection des corps, elle, n'est connue selon lui que par la révélation.
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Objections
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Al-Ghazali 1095 · attaque la prémisse 3Les philosophes reconnaissent eux-mêmes qu'un lien particulier unit cette âme-ci à ce corps-ci, au point qu'elle n'apparaît qu'avec lui. Si ce lien est une condition de son apparition, pourquoi ne serait-il pas aussi une condition de sa durée ? Quand le lien se rompt, l'âme disparaîtrait, et seul Dieu la ferait revenir, à la résurrection.
Avicenne répond
Les philosophes reconnaissent eux-mêmes qu'un lien particulier unit cette âme-ci à ce corps-ci, au point qu'elle n'apparaît qu'avec lui. Si ce lien est une condition de son apparition, pourquoi ne serait-il pas aussi une condition de sa durée ? Quand le lien se rompt, l'âme disparaîtrait, et seul Dieu la ferait revenir, à la résurrection.
Al-Ghazali 1095 · attaque la conclusionMême si ni la mort du corps ni aucune cause naturelle ne détruisent l'âme, rien n'empêche que Dieu l'anéantisse par sa puissance. Et rien ne prouve que les façons de périr se limitent à celles que les philosophes ont énumérées.
sans réponse
Même si ni la mort du corps ni aucune cause naturelle ne détruisent l'âme, rien n'empêche que Dieu l'anéantisse par sa puissance. Et rien ne prouve que les façons de périr se limitent à celles que les philosophes ont énumérées.
Kant 1787 · attaque la prémisse 6Contre Mendelssohn, qui reprenait l'argument de la simplicité : même une chose simple, sans parties, pourrait disparaître peu à peu, en perdant progressivement son intensité, comme une conscience qui s'éteint par degrés. Être simple ne protège pas de tout affaiblissement. (Critique de la raison pure, 2e édition ; texte pas encore dans notre corpus.)
sans réponse
Contre Mendelssohn, qui reprenait l'argument de la simplicité : même une chose simple, sans parties, pourrait disparaître peu à peu, en perdant progressivement son intensité, comme une conscience qui s'éteint par degrés. Être simple ne protège pas de tout affaiblissement. (Critique de la raison pure, 2e édition ; texte pas encore dans notre corpus.)
NNeurosciences et matérialisme 1990 · attaque la prémisse 1La pensée la plus abstraite dépend elle aussi du cerveau : certaines lésions, maladies ou drogues abîment le raisonnement, le calcul, la compréhension des idées générales, pas seulement les sensations ou les images. Rien n'indique qu'une pensée continue quand le cerveau a cessé de fonctionner.
Avicenne répond
La pensée la plus abstraite dépend elle aussi du cerveau : certaines lésions, maladies ou drogues abîment le raisonnement, le calcul, la compréhension des idées générales, pas seulement les sensations ou les images. Rien n'indique qu'une pensée continue quand le cerveau a cessé de fonctionner.