QuestionsQu'est-ce que le bonheur ?Les quatre nobles vérités
Qu'est-ce que le bonheur ?La vertu et la sagesse

Les quatre nobles vérités

Les quatre nobles vérités

Siddhārtha Gautama (le Bouddha) v. 480 av. J.-C. · v. 400 av. J.-C.Enseigne que ce qu'on appelle « moi » est fait d'éléments qui passent, sans soi permanent (anattā). Ses dates exactes sont débattues.
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Ce qu'il soutient

Pour être libre de la souffrance, il faut éteindre la soif en suivant le sentier à huit membres, plutôt que de chercher les plaisirs ou de se mortifier.

Pourquoi

La souffrance naît de la soif de ce que nous n'avons pas ou de ce qui passe ; on la fait cesser en éteignant cette soif par une vie droite.

En bref

« Les quatre nobles vérités » est un argument de Siddhārtha Gautama (le Bouddha) (Dhammacakkappavattana Sutta, Saṃyutta Nikāya 56.11) sur la question « Qu'est-ce que le bonheur ? » (réponse : la vertu et la sagesse). Sa thèse : Pour être libre de la souffrance, il faut éteindre la soif en suivant le sentier à huit membres, plutôt que de chercher les plaisirs ou de se mortifier. Selon la vérification logique d'AskPhilosophy (solveur Z3), la conclusion suit bien de ses 4 prémisses. AskPhilosophy présente 2 objections, dont 1 avec une réponse documentée, et le texte original de chaque prémisse, vérifié mot pour mot.

Dhammacakkappavattana Sutta, Saṃyutta Nikāya 56.11
Valide

C'est, dans le canon pāli, le premier sermon attribué au Bouddha, devant les cinq compagnons de ses années d'ascèse. Il commence par écarter deux extrêmes : la recherche des plaisirs des sens, qu'il juge vide, et la mortification du corps, qui fait mal pour rien. Entre les deux, une « voie du milieu ». Puis il pose quatre vérités, comme un médecin : le mal (la vie est marquée par la souffrance, dukkha), sa cause (la soif, taṇhā : désir de plaisirs, désir d'exister, désir de ne plus exister), sa fin (l'extinction de cette soif) et le remède (le noble sentier à huit membres : vue, intention, parole, action, moyens d'existence, effort, attention, concentration justes). Le bonheur, ici, n'est pas un plaisir de plus : c'est la paix qui vient quand la soif cesse, et on l'atteint par un chemin qui forme à la fois la conduite (parole, action, moyens d'existence), l'esprit (effort, attention, concentration) et la sagesse (vue, intention). C'est une sagesse du bien-vivre, pas une recherche du plaisir. Texte du canon pāli, fixé par écrit des siècles après le Bouddha.

P1La vie ordinaire est marquée par la souffrance (dukkha) : naître, vieillir, être malade, mourir, être uni à ce qu'on déteste, séparé de ce qu'on aime, ne pas obtenir ce qu'on désire.
P2La souffrance a une cause : la soif (taṇhā), qui va de renaissance en renaissance et se plaît partout où elle se pose : soif de plaisirs, soif d'exister, soif de ne plus exister.
P3La souffrance cesse quand cette soif s'éteint sans reste : on l'abandonne, on la lâche, on ne s'y attache plus.
P4Un chemin y mène : le noble sentier à huit membres (vue, intention, parole, action, moyens d'existence, effort, attention et concentration justes), qui évite les deux extrêmes.
Pour être libre de la souffrance, il faut éteindre la soif en suivant le sentier à huit membres, plutôt que de chercher les plaisirs ou de se mortifier.

clique sur une prémisse pour la rejeter

Si tu acceptes toutes les prémisses, la logique t'oblige à accepter la conclusion. Le débat porte donc sur les prémisses.
Vérifié par un solveur logique : impossible que toutes les prémisses soient vraies et la conclusion fausse.
Analogie.

Objections

2

Chaque objection est une conversation : clique pour voir qui répond, et où en est le débat.

Friedrich Nietzsche (Généalogie de la morale, 1887 ; L'Antéchrist, 1888) 1887 · attaque la conclusion

Nietzsche juge le bouddhisme plus réaliste que le christianisme (L'Antéchrist, §20) : il lutte contre la souffrance, pas contre le péché. Mais il y voit une religion pour des hommes las, qui cherchent le repos. Dans la Généalogie, la « volonté qui se retourne contre la vie » mène l'Europe « vers un nouveau bouddhisme » : vouloir éteindre le désir, c'est dire non à la vie.

sans réponse
Nous n'avons pas encore relevé de réponse directe de Bouddha) dans ses textes.
Le débat continue (notre résumé) Notre résumé : le sermon ne parle pas de supprimer la vie ou tout désir, mais la soif qui mène à d'autres naissances et d'autres souffrances. Les bouddhistes répondent que l'éveil donne la joie et l'action compatissante ; ce point reste discuté.
L
Le brahmane Uṇṇābha (Saṃyutta Nikāya 51.15) 400 av. J.-C. · attaque la prémisse 3

Le paradoxe du désir : pour éteindre le désir, il faut désirer l'éteindre. On ne peut pas abandonner le désir au moyen du désir ; le chemin n'aurait donc pas de fin. L'objection, posée dans le canon lui-même, est reprise par les philosophes modernes.

un défenseur répond
Ānanda, disciple du Bouddha (même sutta) défenseur de l'argument · 400 av. J.-C. · Réponse d'Ānanda
Ānanda demande au brahmane s'il a déjà voulu aller au parc, et si ce désir a disparu une fois arrivé. Oui. De même, celui qui a atteint le but avait le désir de l'atteindre, et ce désir s'est éteint quand il l'a atteint. Le chemin a donc une fin.
Le débat continue (notre résumé) Notre résumé : les commentateurs distinguent ensuite la soif (taṇhā), à éteindre, et l'élan vers le bien (chanda), qui sert d'outil puis s'éteint de lui-même. Reste discuté : un désir qui ne vise que sa propre fin est-il encore un désir ?