Les quatre nobles vérités
Les quatre nobles vérités
Pour être libre de la souffrance, il faut éteindre la soif en suivant le sentier à huit membres, plutôt que de chercher les plaisirs ou de se mortifier.
La souffrance naît de la soif de ce que nous n'avons pas ou de ce qui passe ; on la fait cesser en éteignant cette soif par une vie droite.
« Les quatre nobles vérités » est un argument de Siddhārtha Gautama (le Bouddha) (Dhammacakkappavattana Sutta, Saṃyutta Nikāya 56.11) sur la question « Qu'est-ce que le bonheur ? » (réponse : la vertu et la sagesse). Sa thèse : Pour être libre de la souffrance, il faut éteindre la soif en suivant le sentier à huit membres, plutôt que de chercher les plaisirs ou de se mortifier. Selon la vérification logique d'AskPhilosophy (solveur Z3), la conclusion suit bien de ses 4 prémisses. AskPhilosophy présente 2 objections, dont 1 avec une réponse documentée, et le texte original de chaque prémisse, vérifié mot pour mot.
C'est, dans le canon pāli, le premier sermon attribué au Bouddha, devant les cinq compagnons de ses années d'ascèse. Il commence par écarter deux extrêmes : la recherche des plaisirs des sens, qu'il juge vide, et la mortification du corps, qui fait mal pour rien. Entre les deux, une « voie du milieu ». Puis il pose quatre vérités, comme un médecin : le mal (la vie est marquée par la souffrance, dukkha), sa cause (la soif, taṇhā : désir de plaisirs, désir d'exister, désir de ne plus exister), sa fin (l'extinction de cette soif) et le remède (le noble sentier à huit membres : vue, intention, parole, action, moyens d'existence, effort, attention, concentration justes). Le bonheur, ici, n'est pas un plaisir de plus : c'est la paix qui vient quand la soif cesse, et on l'atteint par un chemin qui forme à la fois la conduite (parole, action, moyens d'existence), l'esprit (effort, attention, concentration) et la sagesse (vue, intention). C'est une sagesse du bien-vivre, pas une recherche du plaisir. Texte du canon pāli, fixé par écrit des siècles après le Bouddha.
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Objections
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Friedrich Nietzsche (Généalogie de la morale, 1887 ; L'Antéchrist, 1888) 1887 · attaque la conclusionNietzsche juge le bouddhisme plus réaliste que le christianisme (L'Antéchrist, §20) : il lutte contre la souffrance, pas contre le péché. Mais il y voit une religion pour des hommes las, qui cherchent le repos. Dans la Généalogie, la « volonté qui se retourne contre la vie » mène l'Europe « vers un nouveau bouddhisme » : vouloir éteindre le désir, c'est dire non à la vie.
sans réponse
Nietzsche juge le bouddhisme plus réaliste que le christianisme (L'Antéchrist, §20) : il lutte contre la souffrance, pas contre le péché. Mais il y voit une religion pour des hommes las, qui cherchent le repos. Dans la Généalogie, la « volonté qui se retourne contre la vie » mène l'Europe « vers un nouveau bouddhisme » : vouloir éteindre le désir, c'est dire non à la vie.
LLe brahmane Uṇṇābha (Saṃyutta Nikāya 51.15) 400 av. J.-C. · attaque la prémisse 3Le paradoxe du désir : pour éteindre le désir, il faut désirer l'éteindre. On ne peut pas abandonner le désir au moyen du désir ; le chemin n'aurait donc pas de fin. L'objection, posée dans le canon lui-même, est reprise par les philosophes modernes.
un défenseur répond
Le paradoxe du désir : pour éteindre le désir, il faut désirer l'éteindre. On ne peut pas abandonner le désir au moyen du désir ; le chemin n'aurait donc pas de fin. L'objection, posée dans le canon lui-même, est reprise par les philosophes modernes.