La règle d'or : ne pas faire aux autres ce qu'on ne veut pas subir
Il ne faut pas faire aux autres ce qu'on ne voudrait pas qu'on nous fasse.
Les hommes sont proches par nature : ce qui m'est pénible l'est aussi pour les autres, donc je juge d'autrui à partir de moi.
« La règle d'or : ne pas faire aux autres ce qu'on ne veut pas subir » est un argument de Confucius (Entretiens 15.23 et 12.2) sur la question « Qu'est-ce qui est bien ? » (réponse : la vertu). Sa thèse : Il ne faut pas faire aux autres ce qu'on ne voudrait pas qu'on nous fasse. Selon la vérification logique d'AskPhilosophy (solveur Z3), l'argument est valide à condition d'admettre une prémisse que l'auteur ne formule pas (P3). AskPhilosophy présente 3 objections, dont 2 avec une réponse documentée, et le texte original de chaque prémisse, vérifié mot pour mot.
Son disciple Zigong lui demande s'il existe un seul mot qu'on puisse suivre toute sa vie. Confucius répond : « la réciprocité » (shu), et il l'explique : ne pas faire aux autres ce qu'on ne veut pas qu'on nous fasse. Confucius ne démontre pas cette règle, il la donne. La forme P1, P2, P3 → C ci-dessous est notre reconstruction : elle relie trois paroles rapportées dans des livres différents des Entretiens.
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Sans la prémisse implicite : Sans P3, l'ordinateur trouve un cas où j'aime les autres, où les hommes sont proches par nature, mais où un acte que je ne veux pas subir n'est pas pénible pour l'autre : rien n'interdit alors de le lui faire.
Objections
3Chaque objection est une conversation : clique pour voir qui répond, et où en est le débat.
Kant 1785 · attaque la conclusionCette règle « triviale » ne peut pas être le principe de la morale. Elle ne fonde ni les devoirs envers soi-même, ni le devoir d'aider les autres : beaucoup accepteraient que personne ne les aide, pourvu qu'ils soient dispensés d'aider. Et le criminel pourrait l'invoquer contre le juge qui le punit.
Confucius répond
Cette règle « triviale » ne peut pas être le principe de la morale. Elle ne fonde ni les devoirs envers soi-même, ni le devoir d'aider les autres : beaucoup accepteraient que personne ne les aide, pourvu qu'ils soient dispensés d'aider. Et le criminel pourrait l'invoquer contre le juge qui le punit.
OObjection des goûts différents (George Bernard Shaw) 1903 · attaque la prémisse 3Les autres n'ont pas forcément mes goûts : ce qui me dérangerait peut ne pas les gêner, et ce qui me plairait peut les blesser. Shaw l'a dit avec humour à propos de la forme positive de la règle ; le cas extrême est celui du masochiste, qui voudrait qu'on lui fasse mal.
sans réponse
Les autres n'ont pas forcément mes goûts : ce qui me dérangerait peut ne pas les gêner, et ce qui me plairait peut les blesser. Shaw l'a dit avec humour à propos de la forme positive de la règle ; le cas extrême est celui du masochiste, qui voudrait qu'on lui fasse mal.
LLao-tseu (Tao-tö-king) attaque la conclusionLa réciprocité ne va pas assez loin. Le sage du Tao-tö-king répond aux injures par des bienfaits, sans tenir de comptes.
Confucius répond
La réciprocité ne va pas assez loin. Le sage du Tao-tö-king répond aux injures par des bienfaits, sans tenir de comptes.