QuestionsQu'est-ce qu'une société juste ?Personne n'est né pour commander
Qu'est-ce qu'une société juste ?Le contrat

Personne n'est né pour commander

Denis Diderot 1713 · 1784Rassembler tout le savoir humain dans l'Encyclopédie.
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Ce qu'il soutient

Une autorité politique légitime vient du consentement du peuple et elle est limitée : si le contrat cesse, la nation retrouve le droit d'en passer un nouveau.

Pourquoi

Nul n'a reçu de la nature le droit de commander ; le pouvoir vient de la force, qui ne fait pas un droit, ou du consentement.

En bref

« Personne n'est né pour commander » est un argument de Denis Diderot (Encyclopédie, « Autorité politique », 1751) sur la question « Qu'est-ce qu'une société juste ? » (réponse : le contrat). Sa thèse : Une autorité politique légitime vient du consentement du peuple et elle est limitée : si le contrat cesse, la nation retrouve le droit d'en passer un nouveau. Selon la vérification logique d'AskPhilosophy (solveur Z3), la conclusion suit bien de ses 4 prémisses. AskPhilosophy présente 3 objections, dont 3 avec une réponse documentée, et le texte original de chaque prémisse, vérifié mot pour mot.

Encyclopédie, « Autorité politique », 1751
Valide

En 1751, sous Louis XV, un article non signé de l'Encyclopédie ose dire que le pouvoir d'un roi ne vient pas de la nature. D'où vient alors le droit de commander ? Soit de la force, soit du consentement de ceux qui obéissent. Et la force n'est pas un droit. L'article est aussitôt dénoncé.

P1Aucun homme n'a reçu de la nature le droit de commander aux autres. La seule autorité naturelle, celle des parents, cesse quand les enfants peuvent se conduire seuls.
P2Toute autre autorité vient de l'une de deux sources : la force de celui qui l'a prise, ou le consentement de ceux qui s'y soumettent.
P3La force ne fait pas un droit : si les plus faibles deviennent les plus forts, ils renversent le pouvoir avec autant de droit qu'il en avait. C'est la loi du plus fort, pas une autorité.
P4Le pouvoir qui vient du consentement suppose des conditions qui le rendent utile à la société, et des limites.
Donc une autorité politique légitime vient du consentement du peuple et elle est limitée : si le contrat cesse, la nation retrouve le droit d'en passer un nouveau.

clique sur une prémisse pour la rejeter

Si tu acceptes toutes les prémisses, la logique t'oblige à accepter la conclusion. Le débat porte donc sur les prémisses.
Vérifié par un solveur logique : impossible que toutes les prémisses soient vraies et la conclusion fausse.
L'argument est valide et chaque prémisse est indispensable : il procède par élimination. Nature, force ou consentement : P1 écarte la nature, P3 écarte la force, il reste le consentement, et P4 lui donne des limites. Pour le refuser, il faut trouver une quatrième source (Dieu, la tradition) ou montrer que la force peut devenir un droit.
Analogie. Le capitaine d'une équipe de foot n'est pas né capitaine. S'il s'impose par les coups, il le reste tant qu'il est le plus fort. S'il est choisi par l'équipe, il l'est pour une saison, avec des règles, et l'équipe peut en élire un autre.

Objections

3

Chaque objection est une conversation : clique pour voir qui répond, et où en est le débat.

Bossuet (le droit divin des rois) 1709 · attaque la prémisse 2

Il y a une troisième source : Dieu. Le roi tient son pouvoir de Dieu, il n'en doit compte qu'à lui ; le peuple n'a pas à le lui donner ni à le lui reprendre.

Diderot répond
résumé : son texte n'est pas encore dans notre corpus
Diderot
Dieu permet que les hommes établissent entre eux un ordre de subordination pour le bien commun. Mais il veut qu'on obéisse avec raison et mesure, pas aveuglément : se soumettre sans réserve à une créature, c'est de l'idolâtrie.
Hobbes 1651 · attaque la prémisse 4

Le consentement peut être total : pour sortir de la guerre de tous contre tous, les hommes peuvent remettre tout leur pouvoir à un souverain absolu. Un pouvoir limité et révocable ramènerait le désordre.

Diderot répond
Diderot
Un homme ne doit ni ne peut se donner entièrement et sans réserve à un autre homme : il appartient tout entier à un maître supérieur, Dieu. Le consentement ne peut donc pas créer un pouvoir sans limites.
Hume 1748 · attaque la conclusion

Le contrat est une fiction : presque tous les gouvernements sont nés d'une conquête ou d'une usurpation, et personne n'a jamais été consulté. Si seul le consentement rendait un pouvoir légitime, aucun ne le serait.

Diderot répond
résumé : son texte n'est pas encore dans notre corpus
Diderot Ce que dit déjà l'article
Un pouvoir né de la violence peut changer de nature : il devient légitime quand il se maintient par le consentement exprès de ceux qu'il a soumis. L'article parle aussi d'un contrat « fait ou supposé ».