Rien ne meurt, tout change de visage
Le sage ne craint pas la mort : comme Pythagore, il attend seulement le changement. « Il n'est rien qui doive nous effrayer. »
Il n'y a qu'une substance, immortelle : mourir n'est que division et rassemblement, la chose ne meurt pas, elle change.
« Rien ne meurt, tout change de visage » est un argument de Giordano Bruno (L'Infini, lettre de dédicace ; De la cause, dial. V (1584)) sur la question « Faut-il avoir peur de la mort ? » (réponse : rien à craindre). Sa thèse : Le sage ne craint pas la mort : comme Pythagore, il attend seulement le changement. « Il n'est rien qui doive nous effrayer. ». Selon la vérification logique d'AskPhilosophy (solveur Z3), l'argument est valide à condition d'admettre une prémisse que l'auteur ne formule pas (P4). AskPhilosophy présente 2 objections, dont 0 avec une réponse documentée, et le texte original de chaque prémisse, vérifié mot pour mot.
Bruno tire de sa philosophie une sagesse face à la mort. Si une seule substance demeure sous tous les changements, et si mourir n'est qu'une séparation et un nouvel assemblage, alors rien de ce qui est vraiment ne périt. Comme Pythagore, le sage « ne craint pas la mort, mais attend le changement ». Ce n'est pas l'immortalité chrétienne d'une personne qui sera jugée : c'est la permanence de la substance, de la matière et de l'âme, à travers des formes toujours nouvelles. Le passage central est dans la lettre de dédicace de L'Infini, écrite dans sa propre voix.
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Sans la prémisse implicite : Sans P4, l'ordinateur trouve un cas où rien de ce que nous sommes ne se perd, mais où il reste raisonnable de craindre la mort (par exemple la douleur de mourir, ou la séparation d'avec ceux qu'on aime).
Objections
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John Locke 1694 · attaque la prémisse 3Ce qui fait que je suis la même personne, ce n'est pas la même substance, mais la même conscience : « aussi loin que cette conscience peut s'étendre en arrière vers une action ou une pensée passée, aussi loin s'étend l'identité de cette personne ». Si une substance demeure après ma mort sans se souvenir de rien de ma vie, ce n'est plus moi qui survis.
sans réponse
Ce qui fait que je suis la même personne, ce n'est pas la même substance, mais la même conscience : « aussi loin que cette conscience peut s'étendre en arrière vers une action ou une pensée passée, aussi loin s'étend l'identité de cette personne ». Si une substance demeure après ma mort sans se souvenir de rien de ma vie, ce n'est plus moi qui survis.
OObjection courante attaque la prémisse 4Même si rien de ce que je suis ne se perd, on peut craindre autre chose que l'anéantissement : la douleur de mourir, la séparation d'avec ceux qu'on aime, l'œuvre inachevée. La sérénité de Bruno répond à la peur du néant, pas à ces peurs-là.
sans réponse
Même si rien de ce que je suis ne se perd, on peut craindre autre chose que l'anéantissement : la douleur de mourir, la séparation d'avec ceux qu'on aime, l'œuvre inachevée. La sérénité de Bruno répond à la peur du néant, pas à ces peurs-là.