Sans État, la guerre de tous contre tous
Tant que les hommes vivent sans un pouvoir commun qui les tienne tous en respect, ils sont dans une guerre de chacun contre chacun.
Les hommes sont à peu près égaux, donc rivaux pour les mêmes choses, donc méfiants : sans pouvoir commun, la guerre est la suite logique.
« Sans État, la guerre de tous contre tous » est un argument de Thomas Hobbes (Léviathan, ch. 13) sur la question « Qu'est-ce qu'une société juste ? » (réponse : le contrat). Sa thèse : Tant que les hommes vivent sans un pouvoir commun qui les tienne tous en respect, ils sont dans une guerre de chacun contre chacun. Selon la vérification logique d'AskPhilosophy (solveur Z3), l'argument est valide à condition d'admettre une prémisse que l'auteur ne formule pas (P5). AskPhilosophy présente 3 objections, dont 3 avec une réponse documentée, et le texte original de chaque prémisse, vérifié mot pour mot.
Imaginez qu'il n'y ait plus ni police, ni juges, ni lois. Hobbes ne dit pas que cela a existé partout autrefois : il se demande ce que serait la vie des hommes sans un pouvoir commun. Sa réponse : une guerre de chacun contre chacun, où la vie est « solitaire, indigente, dégoûtante, animale et brève ». Et cela sans supposer que les hommes sont méchants.
clique sur une prémisse pour la rejeter
Sans la prémisse implicite : Sans P5, l'ordinateur trouve un cas où les hommes sont égaux, rivaux, méfiants et avides d'estime en société, mais où ces passions n'existent pas sans État : il n'y a alors pas de guerre dans l'état de nature.
Objections
3Chaque objection est une conversation : clique pour voir qui répond, et où en est le débat.
Aristote 330 av. J.-C. · attaque la prémisse 2L'homme est par nature un animal politique, plus encore que les abeilles et les autres animaux qui vivent en troupe. La vie en commun n'est pas un accident ni un calcul : elle fait partie de notre nature, et la parole nous a été donnée pour cela.
Hobbes répond
L'homme est par nature un animal politique, plus encore que les abeilles et les autres animaux qui vivent en troupe. La vie en commun n'est pas un accident ni un calcul : elle fait partie de notre nature, et la parole nous a été donnée pour cela.
Rousseau 1755 · attaque la prémisse 5Hobbes et les autres ont transporté dans l'état de nature des idées prises dans la société : ils parlaient de l'homme sauvage et peignaient l'homme civil. La rivalité, la vanité, le désir de gloire sont l'œuvre de la société. L'homme naturel, isolé et ayant peu de besoins, n'a aucune raison de faire la guerre.
Hobbes répond
Hobbes et les autres ont transporté dans l'état de nature des idées prises dans la société : ils parlaient de l'homme sauvage et peignaient l'homme civil. La rivalité, la vanité, le désir de gloire sont l'œuvre de la société. L'homme naturel, isolé et ayant peu de besoins, n'a aucune raison de faire la guerre.
Locke 1689 · attaque la prémisse 6L'état de nature n'est pas l'état de guerre, même si « quelques-uns » les ont confondus. Il a une loi, la loi de nature, qui oblige chacun : la raison enseigne que nul ne doit nuire à un autre dans sa vie, sa santé, sa liberté ou ses biens. La guerre ne commence qu'avec la violence injuste.
Hobbes répond
L'état de nature n'est pas l'état de guerre, même si « quelques-uns » les ont confondus. Il a une loi, la loi de nature, qui oblige chacun : la raison enseigne que nul ne doit nuire à un autre dans sa vie, sa santé, sa liberté ou ses biens. La guerre ne commence qu'avec la violence injuste.