Le désespoir et le soi
Le soi ne trouve le repos (la fin du désespoir) qu'en voulant être lui-même tout en se fondant, de façon transparente, dans la puissance qui l'a posé.
Vouloir sortir du désespoir par ses seules forces l'aggrave ; le soi ne trouve le repos qu'en s'appuyant sur ce qui l'a posé.
« Le désespoir et le soi » est un argument de Søren Kierkegaard (La Maladie à la mort, I, A (Anti-Climacus)) sur la question « Qui suis-je vraiment ? » (réponse : un soi à construire). Sa thèse : Le soi ne trouve le repos (la fin du désespoir) qu'en voulant être lui-même tout en se fondant, de façon transparente, dans la puissance qui l'a posé. Selon la vérification logique d'AskPhilosophy (solveur Z3), la conclusion suit bien de ses 4 prémisses. AskPhilosophy présente 3 objections, dont 1 avec une réponse documentée, et le texte original de chaque prémisse, vérifié mot pour mot.
Anti-Climacus, pseudonyme de Kierkegaard, signe La Maladie à la mort (1849) ; Kierkegaard se présente seulement comme l'éditeur, et explique dans son Journal qu'Anti-Climacus est un chrétien plus exigeant que lui. Le livre part d'une définition : « le soi est un rapport qui se rapporte à lui-même ». Être soi, ce n'est pas une chose qu'on a, c'est une manière de se rapporter à soi. Le désespoir est un raté de ce rapport : ne pas vouloir être soi, ou vouloir être soi tout seul. L'argument cherche à montrer d'où vient le soi, et comment on en guérit.
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Objections
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Jean-Paul Sartre, L'Être et le Néant 1943 · attaque la prémisse 2On n'a pas besoin d'un autre qui nous aurait posés pour expliquer cet échec. La conscience ne coïncide jamais avec elle-même : elle est toujours en avance sur ce qu'elle est. Vouloir être soi et ne jamais y arriver fait partie de sa structure : la conscience « est ce qu'elle n'est pas et n'est pas ce qu'elle est ». Un soi qui se fait lui-même peut donc échouer à être lui-même, sans aucun Dieu.
sans réponse
On n'a pas besoin d'un autre qui nous aurait posés pour expliquer cet échec. La conscience ne coïncide jamais avec elle-même : elle est toujours en avance sur ce qu'elle est. Vouloir être soi et ne jamais y arriver fait partie de sa structure : la conscience « est ce qu'elle n'est pas et n'est pas ce qu'elle est ». Un soi qui se fait lui-même peut donc échouer à être lui-même, sans aucun Dieu.
OObjection anticipée par Anti-Climacus : exagération attaque la prémisse 3Ce désespoir partout est une exagération sombre. Beaucoup de gens disent ne pas être désespérés, et vivent heureux.
Kierkegaard répond
Ce désespoir partout est une exagération sombre. Beaucoup de gens disent ne pas être désespérés, et vivent heureux.
OObjection laïque : qui est cet « autre » ? attaque la conclusionL'argument montre au mieux que le soi dépend de quelque chose qui n'est pas lui. Il ne montre pas que c'est Dieu : ce pourrait être la nature, le corps, l'histoire, les autres humains.
sans réponse
L'argument montre au mieux que le soi dépend de quelque chose qui n'est pas lui. Il ne montre pas que c'est Dieu : ce pourrait être la nature, le corps, l'histoire, les autres humains.