Gouverner par le non-agir
Il faut gouverner par le non-agir : le meilleur dirigeant est celui dont le peuple sait à peine qu'il existe, et dit à la fin « cela s'est fait de soi-même ».
Plus le pouvoir multiplie lois et interdits, plus il y a de désordre : un peuple qu'on laisse tranquille se règle de lui-même.
« Gouverner par le non-agir » est un argument de Lao Tseu (Tao te king, 3, 17, 57 et 60) sur la question « Qu'est-ce qu'une société juste ? » (réponse : la vertu et l'harmonie). Sa thèse : Il faut gouverner par le non-agir : le meilleur dirigeant est celui dont le peuple sait à peine qu'il existe, et dit à la fin « cela s'est fait de soi-même ». Selon la vérification logique d'AskPhilosophy (solveur Z3), l'argument est valide à condition d'admettre une prémisse que l'auteur ne formule pas (P3). AskPhilosophy présente 4 objections, dont 2 avec une réponse documentée, et le texte original de chaque prémisse, vérifié mot pour mot.
« Gouverner un grand pays, c'est comme faire frire un petit poisson » : si on le retourne sans cesse, il tombe en miettes. Le Tao te king soutient que les lois, les interdits et les récompenses créent les désordres qu'ils prétendent guérir. Le texte procède par sentences, pas par démonstration : la forme P1, P2… → C ci-dessous est notre reconstruction.
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Sans la prémisse implicite : Sans P3, l'ordinateur trouve un cas où les lois aggravent les choses mais où le désordre vient aussi de la nature humaine : alors le peuple ne se règle pas de lui-même, et ne rien faire n'est pas la meilleure politique.
Objections
4Chaque objection est une conversation : clique pour voir qui répond, et où en est le débat.
Xunzi 250 av. J.-C. · attaque la prémisse 3La nature humaine est mauvaise : laissés à eux-mêmes, les hommes suivent leur goût du gain et leur envie, et cela finit en violence. Il faut absolument des maîtres, des lois, des rites et le sens du juste pour que naissent la politesse et l'ordre. Un bois tordu ne devient droit qu'avec une presse.
Lao-tseu répond
La nature humaine est mauvaise : laissés à eux-mêmes, les hommes suivent leur goût du gain et leur envie, et cela finit en violence. Il faut absolument des maîtres, des lois, des rites et le sens du juste pour que naissent la politesse et l'ordre. Un bois tordu ne devient droit qu'avec une presse.
Confucius (Entretiens) attaque la prémisse 1D'accord sur les lois et les châtiments : ils rendent les gens prudents, pas honnêtes. Mais tout ce qui vient d'en haut n'est pas de même nature. Un prince qui guide par l'exemple et règle les usages par les rites donne au peuple le sens de la honte, et le rend bon. Ce qu'il faut, ce n'est pas moins d'éducation, c'est une meilleure éducation.
Lao-tseu répond
D'accord sur les lois et les châtiments : ils rendent les gens prudents, pas honnêtes. Mais tout ce qui vient d'en haut n'est pas de même nature. Un prince qui guide par l'exemple et règle les usages par les rites donne au peuple le sens de la honte, et le rend bon. Ce qu'il faut, ce n'est pas moins d'éducation, c'est une meilleure éducation.
HHan Fei et les légistes 240 av. J.-C. · attaque la prémisse 1Han Fei commente lui-même Laozi, mais en tire l'inverse : le prince peut « ne rien faire » à condition que des lois claires et des châtiments sûrs fassent tout à sa place. Ce ne sont pas les lois qui créent les voleurs, ce sont les lois floues et mal appliquées.
sans réponse
Han Fei commente lui-même Laozi, mais en tire l'inverse : le prince peut « ne rien faire » à condition que des lois claires et des châtiments sûrs fassent tout à sa place. Ce ne sont pas les lois qui créent les voleurs, ce sont les lois floues et mal appliquées.
Hobbes 1651 · attaque la prémisse 3Sans un pouvoir commun qui tient tout le monde en respect, les hommes sont dans un état de guerre de chacun contre chacun, et la vie y est « solitaire, misérable, dangereuse, animale et brève ». Le désordre n'est pas créé par l'État : c'est l'État qui nous en sort.
sans réponse
Sans un pouvoir commun qui tient tout le monde en respect, les hommes sont dans un état de guerre de chacun contre chacun, et la vie y est « solitaire, misérable, dangereuse, animale et brève ». Le désordre n'est pas créé par l'État : c'est l'État qui nous en sort.