Calculons : une écriture des pensées pour trancher les disputes
Calculemus ! (la caractéristique universelle)
Quand une controverse naîtra, il n'y aura pas plus besoin de dispute entre deux philosophes qu'entre deux calculateurs : il suffira de dire « calculons ».
Si on note les pensées par des signes, raisonner devient calculer, et une erreur de raisonnement n'est qu'une erreur de calcul.
« Calculons : une écriture des pensées pour trancher les disputes » est un argument de Gottfried Wilhelm Leibniz (Scientia generalis, Characteristica (Gerhardt VII, p. 200 et 204-205), 1666) sur la question « Une machine peut-elle penser ? » (réponse : penser, c'est calculer). Sa thèse : Quand une controverse naîtra, il n'y aura pas plus besoin de dispute entre deux philosophes qu'entre deux calculateurs : il suffira de dire « calculons ». Selon la vérification logique d'AskPhilosophy (solveur Z3), l'argument est valide à condition d'admettre une prémisse que l'auteur ne formule pas (P4, P5). AskPhilosophy présente 2 objections, dont 1 avec une réponse documentée, et le texte original de chaque prémisse, vérifié mot pour mot.
Leibniz rêve d'une écriture où chaque idée serait notée par un caractère, comme les nombres en arithmétique. Alors une dispute entre deux philosophes se règlerait comme un compte : on s'assoit, on calcule, on vérifie. Ce projet est l'ancêtre de la logique formelle et de l'idée qu'une machine pourrait manipuler la pensée comme un calcul. Leibniz lui-même construisit une machine à calculer, mais il ne dit pas qu'une machine pense.
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Sans la prémisse implicite : Sans P4 et P5, l'ordinateur trouve un cas où l'écriture existe et où tout faux raisonnement est une erreur de calcul, mais où le désaccord porte sur autre chose (des valeurs, des définitions de départ) : le calcul est juste des deux côtés et la dispute reste entière.
Objections
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Kurt Gödel 1931 · attaque la conclusionGödel démontre que, dans tout système formel cohérent assez riche pour contenir l'arithmétique, il existe des énoncés que le système ne peut ni démontrer ni réfuter. Aucun calcul universel ne peut donc trancher toutes les questions, même de mathématiques.
un défenseur répond
Gödel démontre que, dans tout système formel cohérent assez riche pour contenir l'arithmétique, il existe des énoncés que le système ne peut ni démontrer ni réfuter. Aucun calcul universel ne peut donc trancher toutes les questions, même de mathématiques.
Leibniz lui-même (le moulin, 1714) 1714 · attaque la conclusionIl y a une tension dans l'oeuvre même de Leibniz. Si raisonner n'est que calculer sur des caractères, des pièces pourraient le faire. Or, dans la Monadologie, il écrit qu'en entrant dans une machine agrandie comme dans un moulin, on ne verrait que des pièces qui se poussent, jamais de quoi expliquer une perception.
sans réponse
Il y a une tension dans l'oeuvre même de Leibniz. Si raisonner n'est que calculer sur des caractères, des pièces pourraient le faire. Or, dans la Monadologie, il écrit qu'en entrant dans une machine agrandie comme dans un moulin, on ne verrait que des pièces qui se poussent, jamais de quoi expliquer une perception.