QuestionsL'esprit est-il le cerveau ?Le moulin : la perception n'est pas une machine
L'esprit est-il le cerveau ?L'esprit n'est pas matière

Le moulin : la perception n'est pas une machine

Gottfried Wilhelm Leibniz 1646 · 1716Nous vivons dans le meilleur des mondes possibles.
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Ce qu'il soutient

La perception ne s'explique pas mécaniquement : il faut la chercher dans la substance simple, et non dans la machine.

Pourquoi

Si l'on entrait dans une machine pensante agrandie, on n'y verrait que des pièces qui se poussent, jamais une perception.

En bref

« Le moulin : la perception n'est pas une machine » est un argument de Gottfried Wilhelm Leibniz (Monadologie, 17) sur la question « L'esprit est-il le cerveau ? » (réponse : l'esprit n'est pas matière). Sa thèse : La perception ne s'explique pas mécaniquement : il faut la chercher dans la substance simple, et non dans la machine. Selon la vérification logique d'AskPhilosophy (solveur Z3), l'argument est valide à condition d'admettre une prémisse que l'auteur ne formule pas (P2). AskPhilosophy présente 2 objections, dont 1 avec une réponse documentée, et le texte original de chaque prémisse, vérifié mot pour mot.

Monadologie, 17
Valide avec une prémisse implicite

Imaginez une machine qui pense et qui sent, agrandie jusqu'à pouvoir y entrer comme dans un moulin. Qu'y verriez-vous ? Des pièces qui se poussent, jamais une perception. Cette expérience de pensée de 1714 est souvent citée comme l'ancêtre des débats actuels sur la conscience et le cerveau.

P1Expliquer la perception de façon mécanique, ce serait l'expliquer par des pièces : leurs formes et leurs mouvements.
P2 · prémisse impliciteSi des pièces produisaient la perception, on pourrait en principe comprendre comment en les examinant, comme on comprend une horloge en regardant ses rouages.
P3Or, en visitant l'intérieur de la machine agrandie, on ne trouve que des pièces qui se poussent les unes les autres, et jamais de quoi expliquer une perception.
P4La perception se trouve soit dans un composé (une machine), soit dans une substance simple, sans parties.
Donc la perception ne s'explique pas mécaniquement : il faut la chercher dans la substance simple, et non dans la machine.

clique sur une prémisse pour la rejeter

Si tu acceptes toutes les prémisses, la logique t'oblige à accepter la conclusion. Le débat porte donc sur les prémisses.
Vérifié par un solveur logique : impossible que toutes les prémisses soient vraies et la conclusion fausse.
Sans la prémisse implicite : Sans P2, l'ordinateur trouve un cas où la perception est bien produite par les pièces, mais où l'on ne voit rien en les examinant : l'explication existe, elle est simplement invisible pour le visiteur.
Valide avec P2. Dans la Monadologie, Leibniz ne l'écrit pas ; il l'énonce ailleurs comme une règle générale : quand une chose a une qualité, on doit pouvoir concevoir comment cette qualité en résulte. Sans P2, la perception pourrait venir des pièces sans qu'on voie comment. C'est le point que visent presque toutes les critiques modernes.
Analogie. Ouvrez un ordinateur pendant qu'il affiche une photo : vous ne verrez que des circuits et des courants, nulle part la photo. Pour l'ordinateur, on sait pourtant expliquer comment l'image est produite. Leibniz pense que, pour la perception, aucune explication de ce genre ne sera jamais possible.

Objections

2

Chaque objection est une conversation : clique pour voir qui répond, et où en est le débat.

Locke 1690 · attaque la prémisse 4

Nous ne savons pas en quoi consiste la pensée. Dieu, s'il le veut, peut très bien donner à un amas de matière la faculté de penser : ce n'est pas plus difficile à concevoir que de lui joindre une âme. Il y a donc une troisième possibilité, une matière qui pense.

Leibniz répond
Leibniz
Si Dieu ajoutait la pensée à la matière sans y mettre une âme, ce serait un pur miracle : la matière recevrait une puissance dont elle n'est pas capable naturellement. Dans l'ordre naturel, on doit pouvoir comprendre comment une qualité découle de son sujet.
L
Les théories de l'émergence et les neurosciences attaque la prémisse 2

Une propriété du tout peut ne se voir dans aucune pièce : on ne voit pas la vie dans une molécule, ni la liquidité dans une goutte d'eau observée atome par atome. Ne pas voir comment le cerveau produit la conscience montre les limites de notre savoir actuel, pas une impossibilité.

sans réponse
résumé : son texte n'est pas encore dans notre corpus
Pas de réponse possible : objection formulée après sa mort (1716).