Un désir que rien ici-bas ne comble
L'argument du désir
Ce qui peut satisfaire ce désir existe hors de ce monde : nous sommes probablement faits pour un autre monde (pour Lewis, celui du Dieu chrétien).
Chaque désir naturel a son objet dans le monde ; or nous en avons un que rien d'ici-bas ne comble, donc cet objet existe ailleurs.
« Un désir que rien ici-bas ne comble » est un argument de C. S. Lewis (Lewis, Mere Christianity (1952), III, 10 ; The Weight of Glory (1941), 1941) sur la question « Dieu existe-t-il ? » (réponse : théisme). Sa thèse : Ce qui peut satisfaire ce désir existe hors de ce monde : nous sommes probablement faits pour un autre monde (pour Lewis, celui du Dieu chrétien). Selon la vérification logique d'AskPhilosophy (solveur Z3), l'argument est valide à condition d'admettre une prémisse que l'auteur ne formule pas (P3). AskPhilosophy présente 4 objections, dont 2 avec une réponse documentée, et le texte original de chaque prémisse, vérifié mot pour mot.
Lewis part d'une expérience que beaucoup connaissent : la nostalgie d'un bonheur qu'aucune réussite, aucun voyage, aucune rencontre ne comble tout à fait. Il remarque que nos désirs naturels ont presque toujours un objet réel : la faim a la nourriture, la fatigue le sommeil, l'amour la personne aimée. Si le désir d'un bonheur sans limite n'a aucun objet dans ce monde, c'est peut-être que nous sommes faits pour un autre. Lewis reste prudent : il n'écrit pas que c'est prouvé, seulement que c'est un « assez bon indice ».
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Objections
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L'objection que Lewis cite lui-même 1941 · attaque la prémisse 1« Avoir faim ne prouve pas qu'on a du pain. » Un désir peut rester sans objet : on peut mourir de faim sur un radeau, ou aimer sans être aimé.
Lewis répond
« Avoir faim ne prouve pas qu'on a du pain. » Un désir peut rester sans objet : on peut mourir de faim sur un radeau, ou aimer sans être aimé.
JJohn Beversluis 1985 · attaque la prémisse 3Ce philosophe, qui a donné son nom à « l'argument du désir », objecte que les désirs naturels sont des besoins du corps (faim, soif, sexe) dont nous connaissons l'objet par expérience. La « joie » de Lewis n'est pas de ce genre : l'analogie avec la faim est faible. Et beaucoup de gens disent trouver leur bonheur dans ce monde (travail, couple, enfants) : ce désir n'est pas universel.
sans réponse
Ce philosophe, qui a donné son nom à « l'argument du désir », objecte que les désirs naturels sont des besoins du corps (faim, soif, sexe) dont nous connaissons l'objet par expérience. La « joie » de Lewis n'est pas de ce genre : l'analogie avec la faim est faible. Et beaucoup de gens disent trouver leur bonheur dans ce monde (travail, couple, enfants) : ce désir n'est pas universel.
Sigmund Freud 1927 · attaque la prémisse 3Les idées religieuses sont des illusions, des accomplissements des désirs les plus anciens, les plus forts, les plus pressants de l'humanité. Le désir d'un bonheur sans fin s'explique donc par notre histoire d'enfants sans défense, pas par l'existence de ce qu'il vise.
Lewis répond
Les idées religieuses sont des illusions, des accomplissements des désirs les plus anciens, les plus forts, les plus pressants de l'humanité. Le désir d'un bonheur sans fin s'explique donc par notre histoire d'enfants sans défense, pas par l'existence de ce qu'il vise.
Ludwig Feuerbach 1841 · attaque la conclusionLe désir de ne pas mourir naît de l'instinct de conservation, puis devient, sous la pression de la vie, le désir d'une vie meilleure après la mort. C'est notre propre souhait que nous plaçons dans un au-delà.
sans réponse
Le désir de ne pas mourir naît de l'instinct de conservation, puis devient, sous la pression de la vie, le désir d'une vie meilleure après la mort. C'est notre propre souhait que nous plaçons dans un au-delà.