La propriété par le travail
Le travail rend propriétaire de ce qu'on tire de la nature, sans l'accord des autres, tant qu'il en reste assez pour eux et que rien ne se gâte.
Chacun possède son corps, donc son travail, et en mêlant son travail à une chose tirée de la nature, il en fait sa propriété.
« La propriété par le travail » est un argument de John Locke (Second traité, §27-31) sur la question « Qu'est-ce qu'une société juste ? » (réponse : les droits naturels). Sa thèse : Le travail rend propriétaire de ce qu'on tire de la nature, sans l'accord des autres, tant qu'il en reste assez pour eux et que rien ne se gâte. Selon la vérification logique d'AskPhilosophy (solveur Z3), la conclusion suit bien de ses 4 prémisses. AskPhilosophy présente 4 objections, dont 2 avec une réponse documentée, et le texte original de chaque prémisse, vérifié mot pour mot.
Dieu, dit Locke, a donné la terre à tous les hommes en commun. Comment quelqu'un peut-il alors posséder quoi que ce soit en propre, sans avoir demandé l'accord de toute l'humanité ? Sa réponse : par le travail. Cette idée a profondément marqué la pensée libérale, et elle reste au centre des débats sur les inégalités.
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Objections
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Objection anticipée par Locke attaque la conclusionSi cueillir des fruits suffit pour en être propriétaire, chacun peut en accaparer autant qu'il veut.
Locke répond
Si cueillir des fruits suffit pour en être propriétaire, chacun peut en accaparer autant qu'il veut.
Objection anticipée par Locke attaque la prémisse 4La terre appartient à tous : prendre une part de ce qui est commun sans l'accord de toute l'humanité, c'est voler.
Locke répond
La terre appartient à tous : prendre une part de ce qui est commun sans l'accord de toute l'humanité, c'est voler.
Rousseau 1755 · attaque la prémisse 4« J'ai gagné ce terrain par mon travail », dit le riche. Mais une foule de gens manque du nécessaire pendant qu'il a du superflu. Pour prendre sur les biens communs plus que ce qu'il lui faut pour vivre, il lui aurait fallu l'accord exprès de tout le genre humain. (Locke admet d'ailleurs lui-même, au §50, que la monnaie, qui ne se gâte pas, a permis par simple consentement tacite des possessions inégales.)
sans réponse
« J'ai gagné ce terrain par mon travail », dit le riche. Mais une foule de gens manque du nécessaire pendant qu'il a du superflu. Pour prendre sur les biens communs plus que ce qu'il lui faut pour vivre, il lui aurait fallu l'accord exprès de tout le genre humain. (Locke admet d'ailleurs lui-même, au §50, que la monnaie, qui ne se gâte pas, a permis par simple consentement tacite des possessions inégales.)
Robert Nozick (le jus de tomate) 1974 · attaque la prémisse 4Si je verse une boîte de jus de tomate dans la mer, la mer devient-elle à moi, ou ai-je simplement perdu mon jus ? Mêler ce qui est à soi avec ce qui n'est à personne ne dit pas pourquoi on gagne la chose plutôt que de perdre son travail. (Nozick défend pourtant une théorie de la propriété inspirée de Locke. Et Locke donne aussi une autre raison, au §40 : le travail crée presque toute la valeur des choses.)
sans réponse
Si je verse une boîte de jus de tomate dans la mer, la mer devient-elle à moi, ou ai-je simplement perdu mon jus ? Mêler ce qui est à soi avec ce qui n'est à personne ne dit pas pourquoi on gagne la chose plutôt que de perdre son travail. (Nozick défend pourtant une théorie de la propriété inspirée de Locke. Et Locke donne aussi une autre raison, au §40 : le travail crée presque toute la valeur des choses.)