On ne force pas à croire : la tolérance
Le soin des âmes n'appartient pas au magistrat : l'État ne doit pas imposer une religion par la force.
La force peut faire obéir, pas faire croire ; or une religion n'a de valeur que si l'on y croit vraiment.
« On ne force pas à croire : la tolérance » est un argument de John Locke (Lettre sur la tolérance) sur la question « Qu'est-ce qu'une société juste ? » (réponse : les libertés). Sa thèse : Le soin des âmes n'appartient pas au magistrat : l'État ne doit pas imposer une religion par la force. Selon la vérification logique d'AskPhilosophy (solveur Z3), l'argument est valide à condition d'admettre une prémisse que l'auteur ne formule pas (P4). AskPhilosophy présente 3 objections, dont 2 avec une réponse documentée, et le texte original de chaque prémisse, vérifié mot pour mot.
Au XVIIe siècle, l'Europe sort de guerres de religion, et la France vient de révoquer l'édit de Nantes (1685). Locke, exilé en Hollande, écrit qu'un État n'a pas à imposer une religion. Son argument n'est pas que toutes les religions se valent, mais que la force ne peut pas produire la foi. Il en fixe aussi les limites, et l'une d'elles choque aujourd'hui : il refuse de tolérer les athées.
clique sur une prémisse pour la rejeter
Sans la prémisse implicite : Sans P4, l'ordinateur trouve un cas où l'État ne peut pas produire la vraie religion par la force, mais reste quand même chargé du soin des âmes.
Objections
3Chaque objection est une conversation : clique pour voir qui répond, et où en est le débat.
Objection anticipée par Locke attaque la prémisse 1Le magistrat peut aussi se servir d'arguments pour ramener les hérétiques vers la vérité et procurer leur salut.
Locke répond
Le magistrat peut aussi se servir d'arguments pour ramener les hérétiques vers la vérité et procurer leur salut.
Jonas Proast 1690 · attaque la prémisse 4La force ne produit pas directement la foi, mais elle peut l'aider indirectement : des peines modérées obligent les gens à examiner des raisons qu'ils refusaient d'écouter. Elles ne sont donc pas « hors de propos ».
sans réponse
La force ne produit pas directement la foi, mais elle peut l'aider indirectement : des peines modérées obligent les gens à examiner des raisons qu'ils refusaient d'écouter. Elles ne sont donc pas « hors de propos ».
PPierre Bayle 1682 · attaque la conclusionUne société d'athées pourrait vivre honnêtement : la morale ne dépend pas de la croyance en Dieu (Pensées sur la comète). Appliqué à Locke : si la croyance ne peut pas être forcée, exclure les athées contredit le principe même de sa tolérance.
Locke répond
Une société d'athées pourrait vivre honnêtement : la morale ne dépend pas de la croyance en Dieu (Pensées sur la comète). Appliqué à Locke : si la croyance ne peut pas être forcée, exclure les athées contredit le principe même de sa tolérance.