Devant l'empereur : « Ma conscience est liée à la Parole de Dieu »
Luther à Worms
Luther ne peut ni ne veut se rétracter : une autorité ne peut exiger d'obéir contre la conscience, tant qu'elle ne l'a pas convaincue.
Sa conscience est liée à la Parole de Dieu, et agir contre sa conscience n'est ni sûr ni honnête : il ne se rétractera pas sans preuve.
« Devant l'empereur : « Ma conscience est liée à la Parole de Dieu » » est un argument de Martin Luther (Réponse à la diète de Worms, 18 avril 1521 (WA 7, 838)) sur la question « Faut-il toujours obéir à la loi ? » (réponse : la conscience d'abord). Sa thèse : Luther ne peut ni ne veut se rétracter : une autorité ne peut exiger d'obéir contre la conscience, tant qu'elle ne l'a pas convaincue. Selon la vérification logique d'AskPhilosophy (solveur Z3), la conclusion suit bien de ses 3 prémisses. AskPhilosophy présente 3 objections, dont 2 avec une réponse documentée, et le texte original de chaque prémisse, vérifié mot pour mot.
En avril 1521, Luther est sommé par l'empereur Charles Quint et la diète de Worms de renier ses livres. Il demande un temps de réflexion, puis répond : il ne se rétractera que s'il est convaincu par l'Écriture ou par un argument évident, car il ne croit ni le pape ni les conciles seuls, qui se sont trompés et contredits. Sa conscience est « captive » des paroles de Dieu, et agir contre sa conscience n'est ni sûr ni honnête. La phrase célèbre « Ici je me tiens, je ne peux faire autrement » (« Hier stehe ich, ich kann nicht anders ») est douteuse : l'édition de Weimar l'imprime en allemand à la fin, entre crochets (« Ich kan nicht anderst, hie stehe ich, Got helff mir, Amen »), mais elle manque dans la plupart des témoins, dont le manuscrit ; l'ordre connu vient des éditions de Wittenberg, Iéna et Erlangen. « Dieu me soit en aide, amen » est mieux attesté. L'argument ne dit pas que chacun a toujours raison : il dit qu'une autorité, même légitime, ne peut pas obliger quelqu'un à agir contre une conviction qu'il ne peut pas réfuter.
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Objections
3Chaque objection est une conversation : clique pour voir qui répond, et où en est le débat.
JJohann von der Ecken, porte-parole de l'empereur (official de l'archevêque de Trèves) 1521 · attaque la prémisse 1Luther, tu n'es pas seul à connaître l'Écriture : de saints docteurs ont peiné des jours et des nuits pour en trouver le vrai sens. Ne place pas ton jugement au-dessus de tant d'hommes éminents.
un défenseur répond
Luther, tu n'es pas seul à connaître l'Écriture : de saints docteurs ont peiné des jours et des nuits pour en trouver le vrai sens. Ne place pas ton jugement au-dessus de tant d'hommes éminents.
Thomas Hobbes (Léviathan) 1651 · attaque la prémisse 3Hobbes juge cette doctrine contraire à la vie en société : si tout ce qu'on fait contre sa conscience est péché, chacun se fait juge du bien et du mal, et aucune loi ne tient plus.
un défenseur répond
Hobbes juge cette doctrine contraire à la vie en société : si tout ce qu'on fait contre sa conscience est péché, chacun se fait juge du bien et du mal, et aucune loi ne tient plus.
Platon (Criton, les Lois parlent à Socrate) 399 av. J.-C. · attaque la conclusionDevant la cité, il y a deux voies : la convaincre, ou faire ce qu'elle ordonne, et souffrir en silence si elle l'ordonne. Si la persuasion échoue, il faut obéir.
sans réponse
Devant la cité, il y a deux voies : la convaincre, ou faire ce qu'elle ordonne, et souffrir en silence si elle l'ordonne. Si la persuasion échoue, il faut obéir.