La fortune et la virtù : la moitié de nos actions dépend de nous
La fortune ne décide que d'une partie de nos actions, à peu près la moitié : l'autre moitié, elle nous la laisse gouverner.
Comme on construit des digues avant la crue, ce que l'on prépare limite les dégâts que la fortune peut causer.
« La fortune et la virtù : la moitié de nos actions dépend de nous » est un argument de Nicolas Machiavel (Le Prince, 25) sur la question « Sommes-nous libres ? » (réponse : le libre arbitre). Sa thèse : La fortune ne décide que d'une partie de nos actions, à peu près la moitié : l'autre moitié, elle nous la laisse gouverner. Selon la vérification logique d'AskPhilosophy (solveur Z3), l'argument est valide à condition d'admettre une prémisse que l'auteur ne formule pas (P4). AskPhilosophy présente 3 objections, dont 2 avec une réponse documentée, et le texte original de chaque prémisse, vérifié mot pour mot.
À son époque, beaucoup pensent que Dieu et la fortune (le hasard, le cours imprévisible des choses) gouvernent tout, et qu'il est inutile de lutter. Machiavel avoue avoir été tenté de le croire. Il refuse pourtant que notre libre arbitre soit anéanti, et défend une part pour la « virtù » : l'énergie, la prévoyance, le talent de celui qui agit.
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Sans la prémisse implicite : Sans P4, l'ordinateur trouve un cas où l'image du fleuve est juste et où les digues limitent vraiment la crue, mais où rien ne dépend de nous : il suffit que la décision de construire des digues soit elle-même produite par des causes que nous ne choisissons pas.
Objections
3Chaque objection est une conversation : clique pour voir qui répond, et où en est le débat.
Objection anticipée par Machiavel attaque la conclusionBeaucoup pensent que Dieu et la fortune gouvernent les choses du monde de telle manière que la prudence humaine ne peut rien y changer : il vaudrait mieux se laisser porter par le sort.
Machiavel répond
Beaucoup pensent que Dieu et la fortune gouvernent les choses du monde de telle manière que la prudence humaine ne peut rien y changer : il vaudrait mieux se laisser porter par le sort.
Objection que Machiavel se fait à lui-même attaque la prémisse 4Personne n'est assez prudent pour s'adapter aux changements des temps, car on ne peut pas s'écarter de ce à quoi la nature nous incline. Si nous pouvions changer de caractère avec les temps, la fortune ne changerait pas. Notre part est donc plus petite qu'il n'y paraît.
Machiavel répond
Personne n'est assez prudent pour s'adapter aux changements des temps, car on ne peut pas s'écarter de ce à quoi la nature nous incline. Si nous pouvions changer de caractère avec les temps, la fortune ne changerait pas. Notre part est donc plus petite qu'il n'y paraît.
Spinoza 1677 · attaque la prémisse 4Les hommes se croient libres parce qu'ils ont conscience de leurs actions et ignorent les causes qui les déterminent. Appliqué à l'image de Machiavel : construire des digues est aussi un effet de causes, et notre « part » n'est que la part des causes que nous ne voyons pas.
sans réponse
Les hommes se croient libres parce qu'ils ont conscience de leurs actions et ignorent les causes qui les déterminent. Appliqué à l'image de Machiavel : construire des digues est aussi un effet de causes, et notre « part » n'est que la part des causes que nous ne voyons pas.