Vices privés, bénéfices publics
La Fable des abeilles ; vices privés, vertus publiques
Une société juste protège la liberté de chacun de poursuivre ses intérêts, dans les limites de la loi, plutôt que d'imposer la vertu par la contrainte.
Les passions que la morale condamne font travailler des milliers de gens : sans elles, la ruche s'appauvrit ; à la loi de les encadrer.
« Vices privés, bénéfices publics » est un argument de Bernard Mandeville (La Fable des abeilles, 1714) sur la question « Qu'est-ce qu'une société juste ? » (réponse : les libertés). Sa thèse : Une société juste protège la liberté de chacun de poursuivre ses intérêts, dans les limites de la loi, plutôt que d'imposer la vertu par la contrainte. Selon la vérification logique d'AskPhilosophy (solveur Z3), l'argument est valide à condition d'admettre une prémisse que l'auteur ne formule pas (P4). AskPhilosophy présente 3 objections, dont 1 avec une réponse documentée, et le texte original de chaque prémisse, vérifié mot pour mot.
En 1705, Mandeville publie un petit poème : une ruche prospère, pleine de fraudes, de luxe et d'orgueil. Un jour, les abeilles décident de devenir honnêtes. Le résultat est un désastre : le commerce s'effondre, la ruche se vide. Le poème fait scandale, car il semble dire que la morale appauvrit. Mandeville répond que son but est de montrer ce que la prospérité coûte en passions, non de louer le vice. De là une idée de la justice : au lieu de demander aux gens d'être saints, une société laisse chacun poursuivre ses intérêts et se contente de lui mettre des bornes par la loi.
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Sans la prémisse implicite : Sans P4, l'ordinateur trouve un cas où les passions font la richesse et où une société juste impose pourtant la modération, parce qu'elle juge que la prospérité n'est pas le seul bien à partager.
Objections
3Chaque objection est une conversation : clique pour voir qui répond, et où en est le débat.
Francis Hutcheson 1726 · attaque la prémisse 1Mandeville ne compte comme vertu que l'effort contre ses penchants, et il conclut que tout acte bon est mêlé d'égoïsme. Mais nous approuvons la bienveillance désintéressée, et nous la voyons aussi chez des gens qui n'ont rien à y gagner. La prospérité peut venir d'une affection sociale réelle.
sans réponse
Mandeville ne compte comme vertu que l'effort contre ses penchants, et il conclut que tout acte bon est mêlé d'égoïsme. Mais nous approuvons la bienveillance désintéressée, et nous la voyons aussi chez des gens qui n'ont rien à y gagner. La prospérité peut venir d'une affection sociale réelle.
Jean-Jacques Rousseau 1755 · attaque la prémisse 1Rousseau salue la lucidité de Mandeville, mais lui reproche de n'avoir pas vu que la pitié, un sentiment naturel, est la source de toutes les vertus sociales qu'il dispute aux hommes. Générosité, clémence, bienveillance, amitié en sont des formes. Sans elle, dit-il, les hommes seraient des monstres.
sans réponse
Rousseau salue la lucidité de Mandeville, mais lui reproche de n'avoir pas vu que la pitié, un sentiment naturel, est la source de toutes les vertus sociales qu'il dispute aux hommes. Générosité, clémence, bienveillance, amitié en sont des formes. Sans elle, dit-il, les hommes seraient des monstres.
Adam Smith 1759 · attaque la prémisse 4Smith rejette le « système licencieux » de Mandeville, qui fait de tout désir de plaire à autrui un simple orgueil. Il garde pourtant l'idée que des intérêts privés peuvent servir le public : le marché n'a pas besoin d'hommes vicieux, mais de personnes qui échangent et sont tenues par la justice et par la sympathie.
un défenseur répond
Smith rejette le « système licencieux » de Mandeville, qui fait de tout désir de plaire à autrui un simple orgueil. Il garde pourtant l'idée que des intérêts privés peuvent servir le public : le marché n'a pas besoin d'hommes vicieux, mais de personnes qui échangent et sont tenues par la justice et par la sympathie.