Qu'est-ce qu'une société juste ?Une seule humanité

Citoyen du monde

Marc Aurèle 121 · 180Ce qui ne dépend pas de toi ne doit pas te troubler.
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Ce qu'il soutient

Le monde est comme une cité, et tout être humain est mon concitoyen : en tant qu'homme, ma patrie, c'est le monde.

Pourquoi

Nous partageons tous la raison, donc une loi commune, donc une même cité : le monde.

La même idée à travers l'histoire
Diogène de Sinope350 av. J.-C.Le premier à se dire « citoyen du monde » (kosmopolitês), selon Diogène Laërce : interrogé sur son pays, il répond qu'il est citoyen du monde. Chez Marc Aurèle, le mot s'appuie sur la raison commune à tous les êtres raisonnables.
En bref

« Citoyen du monde » est un argument de Marc Aurèle (Pensées IV, 4 ; VI, 44 ; II, 1) sur la question « Qu'est-ce qu'une société juste ? » (réponse : une seule humanité). Sa thèse : Le monde est comme une cité, et tout être humain est mon concitoyen : en tant qu'homme, ma patrie, c'est le monde. Selon la vérification logique d'AskPhilosophy (solveur Z3), la conclusion suit bien de ses 4 prémisses. AskPhilosophy présente 3 objections, dont 1 avec une réponse documentée, et le texte original de chaque prémisse, vérifié mot pour mot.

Pensées IV, 4 ; VI, 44 ; II, 1
Valide

L'homme le plus puissant de l'Empire romain écrit que sa vraie patrie n'est pas Rome, mais le monde. Son raisonnement part d'une idée simple : tous les humains ont la raison en commun. De là, pas à pas, il conclut que nous sommes tous concitoyens d'une même cité.

P1Tous les êtres humains ont en commun l'intelligence, la raison qui fait de nous des êtres raisonnables.
P2Si la raison est commune, la raison qui commande ce qu'il faut faire ou ne pas faire est commune aussi : nous avons donc une loi commune.
P3Ceux qui ont une loi commune sont concitoyens, membres d'une même communauté politique.
P4Si tous les hommes sont concitoyens, leur cité ne peut être que le monde : c'est la seule communauté dont le genre humain tout entier fasse partie.
Donc le monde est comme une cité, et tout être humain est mon concitoyen : en tant qu'homme, ma patrie, c'est le monde.

clique sur une prémisse pour la rejeter

Si tu acceptes toutes les prémisses, la logique t'oblige à accepter la conclusion. Le débat porte donc sur les prémisses.
Vérifié par un solveur logique : impossible que toutes les prémisses soient vraies et la conclusion fausse.
L'argument est une chaîne de « si... alors » : il est valide tel que Marc Aurèle l'écrit, sans prémisse cachée. Tout le débat porte donc sur les prémisses. P2 suppose qu'une même raison donne une même loi pour tous (est-ce vrai, quand les peuples ont des lois différentes ?). P3 suppose qu'une loi commune suffit à faire une cité, même sans gouvernement, sans frontières ni pouvoir commun. Remarque : Marc Aurèle ne supprime pas la patrie locale. Il écrit : « comme Antonin, ma cité est Rome ; comme homme, c'est le monde ».
Analogie. Des joueurs du monde entier qui ne se sont jamais vus suivent les mêmes règles des échecs : partout, ils forment une même communauté de joueurs. Pour Marc Aurèle, la raison est une règle commune de ce genre, mais pour toute la vie.

Objections

3

Chaque objection est une conversation : clique pour voir qui répond, et où en est le débat.

Thomas Hobbes 1651 · attaque la prémisse 3

Là où il n'y a pas de pouvoir commun, il n'y a pas de loi, et là où il n'y a pas de loi, pas de justice. Une « cité du monde » sans gouvernement ni force pour faire respecter ses règles n'est pas une cité : entre les peuples règne l'état de nature.

sans réponse
Pas de réponse possible : objection formulée en 1651, après sa mort (180).
Rousseau (Émile, livre I) 1762 · attaque la conclusion

Méfiez-vous des cosmopolites qui vont chercher loin dans leurs livres des devoirs qu'ils négligent autour d'eux : tel philosophe aime les Tartares pour être dispensé d'aimer ses voisins.

Marc Aurèle répond
résumé : son texte n'est pas encore dans notre corpus
Marc Aurèle Ce que Marc Aurèle écrit sur sa double patrie (Rousseau vient seize siècles après)
Comme Antonin, ma cité et ma patrie, c'est Rome ; comme homme, c'est le monde. Seul ce qui est utile à ces cités est bon pour moi.
Le débat continue (notre résumé) Rousseau répondrait que la double appartenance ne règle rien : quand les intérêts de Rome et ceux des Marcomans s'opposent, l'empereur fait la guerre pour Rome. La patrie du monde reste une idée, la patrie locale une réalité.
Aristote 330 av. J.-C. · attaque la prémisse 4

L'homme est par nature un animal politique, mais la cité a une taille naturelle : il faut que les citoyens puissent se connaître et délibérer ensemble. Le genre humain entier ne peut pas former une cité, seulement une foule.

sans réponse
résumé : son texte n'est pas encore dans notre corpus
Nous n'avons pas encore relevé de réponse directe de Marc Aurèle dans ses textes.