La machine à expérience : le bonheur n'est pas que du plaisir
La machine à expérience
Quelque chose compte pour nous en plus de l'expérience agréable : faire, être quelqu'un, toucher le réel. Le bonheur ne se réduit pas au plaisir ressenti.
Beaucoup refuseraient de se brancher à une machine à plaisirs : ils veulent faire des choses et être quelqu'un, pas seulement l'éprouver.
« La machine à expérience : le bonheur n'est pas que du plaisir » est un argument de Robert Nozick (Anarchy, State, and Utopia, 1974, p. 42-45) sur la question « Qu'est-ce que le bonheur ? » (réponse : la vertu et la sagesse). Sa thèse : Quelque chose compte pour nous en plus de l'expérience agréable : faire, être quelqu'un, toucher le réel. Le bonheur ne se réduit pas au plaisir ressenti. Selon la vérification logique d'AskPhilosophy (solveur Z3), l'argument est valide à condition d'admettre une prémisse que l'auteur ne formule pas (P4). AskPhilosophy présente 1 objection, dont 0 avec une réponse documentée, et le texte original de chaque prémisse, vérifié mot pour mot.
Imagine une machine qui te donnerait, pour toute ta vie, toutes les expériences agréables que tu désires : écrire un chef-d'œuvre, avoir des amis, être aimé. Tu flotterais dans un bac, des électrodes dans le cerveau, et tu croirais que tout est réel. Te brancherais-tu ? Nozick pense que presque personne ne le ferait, et il en tire une conclusion : si le plaisir était tout ce qui compte, on dirait oui. Donc autre chose compte. Ce n'est pas une preuve, c'est un test de nos intuitions, et c'est justement ce que ses critiques discutent.
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Sans la prémisse implicite : Sans P4, l'ordinateur trouve un monde où le plaisir est tout ce qui compte, mais où l'on refuse la machine par pure peur de l'inconnu : le refus ne prouve alors rien sur ce qui a de la valeur.
Objections
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FFelipe De Brigard 2010 · attaque la prémisse 4Si l'on inverse l'expérience (on te dit que tu es déjà branché depuis longtemps, et on te propose de te débrancher), beaucoup de gens refusent de quitter leur vie actuelle. Donc le refus de Nozick pourrait venir du biais du statu quo (on préfère rester dans la vie qu'on a) plutôt que d'un amour de la réalité. Les résultats varient avec ce que l'on dit de la vie réelle qui attend la personne.
sans réponse
Si l'on inverse l'expérience (on te dit que tu es déjà branché depuis longtemps, et on te propose de te débrancher), beaucoup de gens refusent de quitter leur vie actuelle. Donc le refus de Nozick pourrait venir du biais du statu quo (on préfère rester dans la vie qu'on a) plutôt que d'un amour de la réalité. Les résultats varient avec ce que l'on dit de la vie réelle qui attend la personne.