QuestionsFaut-il faire des enfants ?Pourquoi avoir des enfants ? C'est cette décision qui demande une justification
Faut-il faire des enfants ?Ni devoir ni faute

Pourquoi avoir des enfants ? C'est cette décision qui demande une justification

Pourquoi avoir des enfants ? ; le fardeau de la preuve

Christine Overall Philosophe féministe canadienne : c'est la décision d'avoir un enfant, plus que celle de ne pas en avoir, qui demande à être justifiée.
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Ce qu'il soutient

Avoir un enfant est permis quand on a la bonne raison (la relation), mais il n'y a ni devoir d'avoir des enfants, ni devoir de ne pas en avoir : c'est un choix qui demande des raisons, pas une obligation.

Pourquoi

Avoir un enfant crée une personne et engage beaucoup de monde : c'est donc ce choix, et non l'absence d'enfant, qui doit se justifier.

En bref

« Pourquoi avoir des enfants ? C'est cette décision qui demande une justification » est un argument de Christine Overall (Christine Overall, Why Have Children? The Ethical Debate (MIT Press, 2012)) sur la question « Faut-il faire des enfants ? » (réponse : ni devoir ni faute). Sa thèse : Avoir un enfant est permis quand on a la bonne raison (la relation), mais il n'y a ni devoir d'avoir des enfants, ni devoir de ne pas en avoir : c'est un choix qui demande des raisons, pas une obligation. Selon la vérification logique d'AskPhilosophy (solveur Z3), l'argument est valide à condition d'admettre une prémisse que l'auteur ne formule pas (P5). AskPhilosophy présente 3 objections, dont 2 avec une réponse documentée, et le texte original de chaque prémisse, vérifié mot pour mot.

Christine Overall, Why Have Children? The Ethical Debate (MIT Press, 2012)
Valide avec une prémisse implicite

On demande sans cesse aux gens sans enfant pourquoi ils n'en ont pas, et presque jamais aux parents pourquoi ils en ont. Overall renverse la question : faire naître une personne est une décision morale lourde, et c'est elle qui a besoin de raisons. Elle examine les raisons habituelles et en trouve peu de solides. Elle ne conclut pourtant ni qu'il faut éviter d'avoir des enfants, ni qu'il faut en avoir : la meilleure raison est de créer une relation d'amour nouvelle, et personne n'a le devoir de le faire. Attention : nous n'avons pas pu lire le livre en texte intégral (il est sous droits). Cette fiche est une reformulation prudente, sans citation, appuyée sur la présentation de l'éditeur et un compte rendu.

P1Dans notre société, on demande aux gens de justifier le fait de ne pas avoir d'enfants, mais presque jamais le fait d'en avoir.
P2Décider d'avoir un enfant est une décision morale : elle crée une personne, engage des années de vie, et touche beaucoup d'autres gens. C'est donc elle qui a besoin d'être justifiée.
P3La plupart des raisons habituelles (continuer la lignée, avoir quelqu'un pour ses vieux jours, remplir un devoir, répondre à une attente, améliorer son propre bonheur) ne tiennent pas, ou sont éthiquement douteuses.
P4La meilleure raison est la relation elle-même : créer avec un enfant une relation d'amour nouvelle (génétique, physique, psychologique, morale), qui est un bien pour lui et pour ses parents.
P5 · prémisse impliciteSi une raison solide existe, mais qu'aucune obligation générale d'avoir ou de ne pas avoir d'enfants n'est établie, alors avoir un enfant est permis sans être obligatoire.
Donc avoir un enfant est permis quand on a la bonne raison (la relation), mais il n'y a ni devoir d'avoir des enfants, ni devoir de ne pas en avoir : c'est un choix qui demande des raisons, pas une obligation.

clique sur une prémisse pour la rejeter

Si tu acceptes toutes les prémisses, la logique t'oblige à accepter la conclusion. Le débat porte donc sur les prémisses.
Vérifié par un solveur logique : impossible que toutes les prémisses soient vraies et la conclusion fausse.
Sans la prémisse implicite : Sans P5, l'ordinateur trouve une situation où tout est vrai (la question est asymétrique, les raisons habituelles échouent, la relation est une bonne raison) et où pourtant on a le devoir de ne pas faire d'enfant, parce que toute naissance est un tort.
Valide avec P5, qui fait le pont entre « une raison solide existe » et « c'est permis sans être obligatoire ». Overall ne l'énonce pas en une phrase, mais c'est la forme de sa thèse. Pour rejeter l'argument, il faut nier P3 (les raisons habituelles sont meilleures qu'elle ne le dit), P4 (créer une relation ne justifie pas de créer une personne), ou admettre un devoir (envers la société, ou, à l'inverse, envers l'enfant à naître).
Analogie. Dans une salle, on demande à ceux qui ne dansent pas pourquoi ils restent assis, jamais à ceux qui dansent pourquoi ils dansent. Overall dit : regardez plutôt les danseurs. Danser est permis, parfois joyeux, mais ce n'est pas une obligation, et rester assis non plus.

Objections

3

Chaque objection est une conversation : clique pour voir qui répond, et où en est le débat.

David Benatar 2006 · attaque la conclusion

L'asymétrie entre le plaisir et la douleur montre que faire naître quelqu'un est toujours un tort : l'absence de douleur est bonne même si personne n'en jouit, alors que l'absence de plaisir n'est un mal que pour quelqu'un qui en est privé. Même une relation d'amour ne justifie donc pas de créer une personne : on a le devoir de ne pas faire d'enfants.

Overall répond
voir l'argument
Christine Overall 2012
Overall discute l'antinatalisme dans son livre. Selon le compte rendu de Scott McLemee, elle soutient que cette philosophie a souvent des implications misogynes, et qu'elle pourrait même être lue comme appuyant une contraception ou un avortement obligatoires, alors que le choix de ne pas procréer doit rester autonome.
Où en est le débat (notre résumé)Désaccord de fond : faire naître est-il toujours un tort (Benatar), ou une relation d'amour peut-elle être une bonne raison (Overall) ? Benatar lui-même ne défend pas la contrainte ; le point en discussion est ce que l'antinatalisme implique pour les femmes. Notre compte rendu repose sur un résumé du livre, pas sur le texte.
P
Philip Longman 2004 · attaque la conclusion

Quand les naissances tombent trop bas, la population vieillit et se réduit, et les retraites, la santé et l'économie en souffrent. La société a donc un intérêt, et peut-être un devoir collectif, à ce que les gens aient des enfants : ce n'est pas qu'une affaire privée.

Overall répond
Christine Overall 2012
Selon le compte rendu de McLemee, Overall rejette l'idée d'une obligation de se reproduire, que ce soit envers la nation, la communauté ou par ordre divin, et insiste sur le droit de décider de sa procréation de façon autonome.
Où en est le débat (notre résumé)Désaccord de fond : un besoin collectif (retraites, équilibre des âges) peut-il se changer en devoir pour chacun ? Point ouvert, qui dépend de ce qu'on est prêt à imposer aux personnes, et des autres solutions (immigration, organisation du travail). Nous n'avons pas lu le détail des échanges.
Mencius 300 av. J.-C. · attaque la conclusion

Parmi les fautes contre la piété filiale, ne pas avoir de descendance est la plus grave : avoir un enfant est un devoir envers ses parents et ses ancêtres.

sans réponse
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Nous n'avons pas encore relevé de réponse directe d'Overall dans ses textes.
Le débat continue (notre résumé) À notre connaissance, Overall ne répond pas à ce passage de Mencius dans nos sources : elle rejette seulement l'idée d'une obligation de procréer, y compris envers la communauté (selon McLemee). Désaccord de fond : un devoir envers la lignée peut-il l'emporter sur le choix d'une personne ?
Où en est le débat (notre résumé)Point ouvert : nous n'avons pas trouvé d'échange direct entre les deux. Le désaccord porte sur la source du devoir (la famille et les ancêtres, ou la seule liberté de la personne).