L'asymétrie : ne jamais exister vaut mieux qu'exister
L'asymétrie de Benatar, l'antinatalisme
Ne jamais exister est préférable à exister : venir à l'existence est toujours un dommage.
L'absence de douleur est un bien même sans personne, mais l'absence de plaisir n'est un mal que pour qui en est privé.
« L'asymétrie : ne jamais exister vaut mieux qu'exister » est un argument de David Benatar (David Benatar, Better Never to Have Been, 2006, chap. 2 ; article de 1997, 1997) sur la question « Faut-il faire des enfants ? » (réponse : mieux vaut ne pas naître). Sa thèse : Ne jamais exister est préférable à exister : venir à l'existence est toujours un dommage. Selon la vérification logique d'AskPhilosophy (solveur Z3), l'argument est valide à condition d'admettre une prémisse que l'auteur ne formule pas (P5, P6). AskPhilosophy présente 3 objections, dont 2 avec une réponse documentée, et le texte original de chaque prémisse, vérifié mot pour mot.
Imagine deux mondes pour une même personne : dans l'un elle naît, dans l'autre elle n'existe jamais. Benatar remarque que nous jugeons la douleur et le plaisir de façon asymétrique. La douleur est un mal, le plaisir est un bien, jusque-là tout le monde est d'accord. Mais l'absence de douleur est un bien, même quand personne n'est là pour en profiter, alors que l'absence de plaisir n'est un mal que si quelqu'un en est privé. Si l'on compare alors exister et ne jamais exister, la vie apporte un mal que la non-existence évite, et le plaisir de la vie ne fait pas gagner un avantage sur la non-existence, puisque personne n'est privé du plaisir qu'il n'a jamais eu. Benatar en conclut que venir à l'existence est toujours un dommage. Il précise que sa thèse porte sur le fait de faire naître, pas sur la valeur, pour ceux qui existent déjà, de continuer à vivre. Ce site présente des arguments : il ne conseille personne. Si cette question te touche de près, parles-en à quelqu'un en qui tu as confiance.
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Sans la prémisse implicite : Sans P6, l'ordinateur trouve un monde où les quatre jugements de l'asymétrie sont vrais, où la vie contient de la douleur, et où pourtant ne jamais exister n'est pas préférable : il suffit que le plaisir de la vie compense le mal.
Objections
3Chaque objection est une conversation : clique pour voir qui répond, et où en est le débat.
EElizabeth Harman 2009 · attaque la prémisse 3Dans son compte rendu critique du livre de Benatar, Harman met en doute que l'asymétrie soit la meilleure explication de nos jugements ordinaires sur la procréation. Nous trouvons mal de faire naître un enfant qui souffrira, et nous ne trouvons pas mal de ne pas faire naître un enfant heureux. Pour Harman, cela peut s'expliquer sans admettre que l'absence de douleur soit un bien quand personne n'existe. Alors les prémisses P3 et P4 ne sont plus soutenues par ces jugements.
sans réponse
Dans son compte rendu critique du livre de Benatar, Harman met en doute que l'asymétrie soit la meilleure explication de nos jugements ordinaires sur la procréation. Nous trouvons mal de faire naître un enfant qui souffrira, et nous ne trouvons pas mal de ne pas faire naître un enfant heureux. Pour Harman, cela peut s'expliquer sans admettre que l'absence de douleur soit un bien quand personne n'existe. Alors les prémisses P3 et P4 ne sont plus soutenues par ces jugements.
Derek Parfit 1984 · attaque la conclusionDans Reasons and Persons (chap. 16), Parfit étudie le problème de la non-identité : si une personne n'aurait jamais existé autrement, on ne peut pas dire que notre choix la rend moins bien lotie qu'elle ne l'aurait été. Appliqué ici, il est difficile de dire que naître nuit à quelqu'un par comparaison avec une situation où il n'existerait pas : il n'y a personne dont on puisse dire que la vie aurait été meilleure ou pire. Parfit ne parle pas de Benatar, qui écrit vingt ans plus tard : nous rapprochons simplement les deux problèmes.
un défenseur répond
Dans Reasons and Persons (chap. 16), Parfit étudie le problème de la non-identité : si une personne n'aurait jamais existé autrement, on ne peut pas dire que notre choix la rend moins bien lotie qu'elle ne l'aurait été. Appliqué ici, il est difficile de dire que naître nuit à quelqu'un par comparaison avec une situation où il n'existerait pas : il n'y a personne dont on puisse dire que la vie aurait été meilleure ou pire. Parfit ne parle pas de Benatar, qui écrit vingt ans plus tard : nous rapprochons simplement les deux problèmes.
Objection que Benatar discute lui-même (la plupart des gens sont contents d'être nés) 2006 · attaque la prémisse 5La plupart des gens disent que leur vie vaut d'être vécue et sont contents d'être nés. Si la vie était aussi mauvaise que le dit Benatar, ils ne le diraient pas. Leur jugement sur leur propre vie serait donc la meilleure preuve que naître n'est pas un dommage.
un défenseur répond
La plupart des gens disent que leur vie vaut d'être vécue et sont contents d'être nés. Si la vie était aussi mauvaise que le dit Benatar, ils ne le diraient pas. Leur jugement sur leur propre vie serait donc la meilleure preuve que naître n'est pas un dommage.