Le non-être n'est pas : rien ne vient du rien
Le poème de Parménide ; la voie de la vérité ; « l'être est, le non-être n'est pas »
L'être ne peut pas naître du non-être : il n'a ni commencement ni fin, et le « rien » n'est pas une possibilité qui demanderait une explication.
Ce qui n'est pas ne peut ni se penser ni se dire : le rien n'est donc pas une possibilité qu'il faudrait expliquer.
« Le non-être n'est pas : rien ne vient du rien » est un argument de Parménide (Sur la nature, fragments B2, B6, B8 (vers 480 av. J.-C.), 480 av. J.-C.) sur la question « Pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien ? » (réponse : le néant n'existe pas). Sa thèse : L'être ne peut pas naître du non-être : il n'a ni commencement ni fin, et le « rien » n'est pas une possibilité qui demanderait une explication. Selon la vérification logique d'AskPhilosophy (solveur Z3), l'argument est valide à condition d'admettre une prémisse que l'auteur ne formule pas (P3, P4). AskPhilosophy présente 2 objections, dont 0 avec une réponse documentée, et le texte original de chaque prémisse, vérifié mot pour mot.
On demande souvent : pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien ? Cela suppose que « rien » soit une possibilité, un état où l'univers aurait pu rester. Il y a près de 2 500 ans, Parménide d'Élée répond que c'est déjà une erreur : « ce qui n'est pas » ne peut ni se penser ni se dire. Si le rien n'est pas une possibilité, alors l'être n'a pas pu en sortir, et la question tombe. Le raisonnement nous est connu par des fragments de son poème, cités par des auteurs plus tardifs ; la traduction française que nous citons est celle de Tannery (1887).
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Sans la prémisse implicite : Sans P3 et P4, on peut accepter que le non-être soit impensable et dire quand même que le monde a commencé il y a 14 milliards d'années, à partir d'un état physique très différent du nôtre. Rien dans P1 et P2 n'exclut un commencement relatif : c'est P4 qui assimile tout commencement à un surgissement hors du rien absolu.
Objections
2Chaque objection est une conversation : clique pour voir qui répond, et où en est le débat.
Platon 360 av. J.-C. · attaque la prémisse 2Dans le Sophiste, l'Étranger d'Élée reprend l'interdit de Parménide (« jamais le non-être n'est ») et dit qu'on est allé plus loin que lui : on a montré que le non-être est, mais comme « autre » et non comme contraire de l'être. Dire qu'une chose « n'est pas » telle ou telle (n'est pas grande, n'est pas belle), c'est dire qu'elle est autre que cela, et cet « autre » existe. On peut donc parler du non-être sans contradiction. Platon refuse de se prononcer sur un éventuel contraire de l'être (« nous avons depuis longtemps dit adieu à cette recherche »).
sans réponse
Dans le Sophiste, l'Étranger d'Élée reprend l'interdit de Parménide (« jamais le non-être n'est ») et dit qu'on est allé plus loin que lui : on a montré que le non-être est, mais comme « autre » et non comme contraire de l'être. Dire qu'une chose « n'est pas » telle ou telle (n'est pas grande, n'est pas belle), c'est dire qu'elle est autre que cela, et cet « autre » existe. On peut donc parler du non-être sans contradiction. Platon refuse de se prononcer sur un éventuel contraire de l'être (« nous avons depuis longtemps dit adieu à cette recherche »).
Gorgias 440 av. J.-C. · attaque la conclusionDans un traité Sur le non-être, ou Sur la nature, dont nous n'avons que des résumés (chez Sextus Empiricus et dans un écrit attribué à Aristote), Gorgias utilise les moyens des Éléates contre eux. Il soutient que rien n'existe ; que, même si quelque chose existait, on ne pourrait pas le connaître ; et que, si on le connaissait, on ne pourrait pas le dire à autrui. Si les principes de Parménide suffisent à interdire le rien, ils peuvent aussi bien, une fois poussés, interdire l'être.
sans réponse
Dans un traité Sur le non-être, ou Sur la nature, dont nous n'avons que des résumés (chez Sextus Empiricus et dans un écrit attribué à Aristote), Gorgias utilise les moyens des Éléates contre eux. Il soutient que rien n'existe ; que, même si quelque chose existait, on ne pourrait pas le connaître ; et que, si on le connaissait, on ne pourrait pas le dire à autrui. Si les principes de Parménide suffisent à interdire le rien, ils peuvent aussi bien, une fois poussés, interdire l'être.