Vanité des vanités, tout est vanité
L'Ecclésiaste : « rien de nouveau sous le soleil »
Le travail et le savoir ne donnent pas à la vie un sens qui dure ; le mieux est de manger son pain avec joie et de jouir de son travail, comme une part reçue.
Tout ce qu'on fait sous le soleil ne laisse rien de durable, et le même sort attend le sage et l'insensé.
« Vanité des vanités, tout est vanité » est un argument de Qohélet (l'Ecclésiaste) (Qohélet (l'Ecclésiaste), chap. 1-3 et 9, 250 av. J.-C.) sur la question « La vie a-t-elle un sens ? » (réponse : l'absurde). Sa thèse : Le travail et le savoir ne donnent pas à la vie un sens qui dure ; le mieux est de manger son pain avec joie et de jouir de son travail, comme une part reçue. Selon la vérification logique d'AskPhilosophy (solveur Z3), l'argument est valide à condition d'admettre une prémisse que l'auteur ne formule pas (P5). AskPhilosophy présente 3 objections, dont 1 avec une réponse documentée, et le texte original de chaque prémisse, vérifié mot pour mot.
Le livre s'ouvre sur « Paroles de l'Ecclésiaste, fils de David, roi de Jérusalem ». La tradition y voit Salomon, mais le texte ne le nomme jamais, et la plupart des spécialistes le datent de plusieurs siècles après lui (vers le IIIe siècle avant notre ère). Qohélet (en hébreu, celui qui rassemble ou qui prend la parole) examine tout ce qu'on fait « sous le soleil » : le travail, le savoir, la richesse. Il trouve partout le même résultat : « vanité », c'est-à-dire un souffle, quelque chose qui ne laisse rien derrière lui. Il n'en conclut pas qu'il faut se désespérer, mais qu'il vaut mieux jouir de son pain et de son travail, que Dieu donne. Attention : le livre se termine par « Crains Dieu et observe ses commandements » (12, 13), mais ces derniers versets parlent de Qohélet à la troisième personne : beaucoup de lecteurs y voient l'ajout d'un éditeur, ce qui est débattu.
clique sur une prémisse pour la rejeter
Sans la prémisse implicite : Sans P5, l'ordinateur trouve un cas où tout est vanité, sans avantage, sans nouveauté, avec le même sort pour tous, et où il n'est pourtant pas vrai qu'il faille jouir : rien ne relie le constat au conseil.
Objections
3Chaque objection est une conversation : clique pour voir qui répond, et où en est le débat.
LLa lecture croyante, appuyée sur la fin du livre attaque la prémisse 1Le livre ne dit pas que tout est vain sans exception : il s'achève sur « Crains Dieu et observe ses commandements. C'est là ce que doit faire tout homme » (12, 13). La vanité décrit seulement la vie « sous le soleil », sans Dieu. Avec Dieu, la vie a un sens, et c'est la conclusion du livre.
(l'Ecclésiaste) répond
Le livre ne dit pas que tout est vain sans exception : il s'achève sur « Crains Dieu et observe ses commandements. C'est là ce que doit faire tout homme » (12, 13). La vanité décrit seulement la vie « sous le soleil », sans Dieu. Avec Dieu, la vie a un sens, et c'est la conclusion du livre.
Objection que Camus permet de formuler (notre construction) 1942 · attaque la conclusionPour Camus, le seul moyen de garder l'absurde est de ne pas y consentir : « L'absurde n'a de sens que dans la mesure où l'on n'y consent pas. » Or conseiller de manger son pain avec joie parce que rien ne dure ressemble à un consentement. Qohélet constaterait le divorce, puis s'en accommoderait.
sans réponse
Pour Camus, le seul moyen de garder l'absurde est de ne pas y consentir : « L'absurde n'a de sens que dans la mesure où l'on n'y consent pas. » Or conseiller de manger son pain avec joie parce que rien ne dure ressemble à un consentement. Qohélet constaterait le divorce, puis s'en accommoderait.
Schopenhauer, Le Monde comme volonté et comme représentation (Suppléments, chap. 50) 1844 · attaque la conclusionSchopenhauer rapproche l'éthique de Spinoza du conseil de l'Ecclésiaste (IX, 7-10) : l'homme doit simplement se réjouir de sa vie tant qu'elle dure. Et il y voit de l'optimisme. Si la vie est surtout souffrance et si le plaisir n'est qu'un arrêt de la douleur, jouir n'est pas une réponse à la vanité : c'est la fuir.
sans réponse
Schopenhauer rapproche l'éthique de Spinoza du conseil de l'Ecclésiaste (IX, 7-10) : l'homme doit simplement se réjouir de sa vie tant qu'elle dure. Et il y voit de l'optimisme. Si la vie est surtout souffrance et si le plaisir n'est qu'un arrêt de la douleur, jouir n'est pas une réponse à la vanité : c'est la fuir.