L'homme naturellement bon, corrompu par la société
L'homme est naturellement bon ; ce sont la société, ses comparaisons et ses inégalités qui le rendent méchant.
L'homme naturel cherche à se conserver sans nuire ; la méchanceté vient de l'amour-propre, né de la vie en société.
« L'homme naturellement bon, corrompu par la société » est un argument de Jean-Jacques Rousseau (Discours sur l'inégalité, 1755) sur la question « L'être humain est-il bon par nature ? » (réponse : bon par nature). Sa thèse : L'homme est naturellement bon ; ce sont la société, ses comparaisons et ses inégalités qui le rendent méchant. Selon la vérification logique d'AskPhilosophy (solveur Z3), l'argument est valide à condition d'admettre une prémisse que l'auteur ne formule pas (P4). AskPhilosophy présente 4 objections, dont 3 avec une réponse documentée, et le texte original de chaque prémisse, vérifié mot pour mot.
Rousseau ne prétend pas décrire un passé réel : il imagine l'homme sans société pour séparer ce qui vient de la nature et ce qui vient de la vie en commun. Il ne nie pas que les hommes soient méchants. Il soutient que ce n'est pas leur nature : la méchanceté est née avec la comparaison, la propriété et l'inégalité.
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Sans la prémisse implicite : Sans P4, l'ordinateur trouve un cas où l'homme naturel ne nuit pas, où la méchanceté vient de l'amour-propre et où celui-ci naît en société, mais où il fait quand même partie de la nature humaine : on ne peut plus dire que l'homme est naturellement bon.
Objections
4Chaque objection est une conversation : clique pour voir qui répond, et où en est le débat.
Hobbes 1647 · attaque la prémisse 1Hobbes ne dit pas que l'homme est méchant par nature : il le nie. Nos désirs et nos passions ne sont pas des péchés, et le méchant n'est qu'un « enfant robuste », à qui manquent la raison et l'éducation. Mais sa thèse n'a pas besoin que les méchants soient nombreux. Même s'ils étaient moins nombreux que les gens de bien, comme on ne peut pas les distinguer, les plus modérés sont obligés de se méfier, de prendre les devants et de se défendre. Sans un pouvoir qui les tienne tous en respect, des hommes même paisibles finissent donc dans une guerre de chacun contre chacun.
Rousseau répond
Hobbes ne dit pas que l'homme est méchant par nature : il le nie. Nos désirs et nos passions ne sont pas des péchés, et le méchant n'est qu'un « enfant robuste », à qui manquent la raison et l'éducation. Mais sa thèse n'a pas besoin que les méchants soient nombreux. Même s'ils étaient moins nombreux que les gens de bien, comme on ne peut pas les distinguer, les plus modérés sont obligés de se méfier, de prendre les devants et de se défendre. Sans un pouvoir qui les tienne tous en respect, des hommes même paisibles finissent donc dans une guerre de chacun contre chacun.
Objection anticipée par Rousseau attaque la conclusionSi la société corrompt l'homme, faut-il la détruire et retourner vivre dans les forêts avec les ours ? Voltaire lui fera ce reproche avec ironie dans une lettre d'août 1755.
Rousseau répond
Si la société corrompt l'homme, faut-il la détruire et retourner vivre dans les forêts avec les ours ? Voltaire lui fera ce reproche avec ironie dans une lettre d'août 1755.
Kant 1784 · attaque la prémisse 4La rivalité et la vanité font partie de la nature humaine : c'est notre « insociable sociabilité ». Elles sont même le moteur qui développe nos talents. On ne peut donc pas les mettre au compte de la seule société.
sans réponse
La rivalité et la vanité font partie de la nature humaine : c'est notre « insociable sociabilité ». Elles sont même le moteur qui développe nos talents. On ne peut donc pas les mettre au compte de la seule société.
SSteven Pinker 2011 · attaque la prémisse 1Les données archéologiques et ethnographiques montrent des taux de mort violente très élevés dans les sociétés sans État. L'homme d'avant l'État n'était pas paisible : la société organisée a fait reculer la violence.
Rousseau répond
Les données archéologiques et ethnographiques montrent des taux de mort violente très élevés dans les sociétés sans État. L'homme d'avant l'État n'était pas paisible : la société organisée a fait reculer la violence.