Le poulet et le principe d'induction
Le principe d'induction est connu par son évidence propre, sans preuve par l'expérience : c'est une connaissance a priori, et la probabilité, jamais la certitude, est tout ce qu'on peut chercher sur l'avenir.
L'expérience ne peut pas prouver que l'avenir ressemblera au passé sans le supposer déjà : ce principe doit être admis comme évident.
« Le poulet et le principe d'induction » est un argument de Bertrand Russell (Problèmes de philosophie, chapitres 6 et 7) sur la question « Peut-on être certain de quelque chose ? » (réponse : oui, par la raison). Sa thèse : Le principe d'induction est connu par son évidence propre, sans preuve par l'expérience : c'est une connaissance a priori, et la probabilité, jamais la certitude, est tout ce qu'on peut chercher sur l'avenir. Selon la vérification logique d'AskPhilosophy (solveur Z3), l'argument est valide à condition d'admettre une prémisse que l'auteur ne formule pas (P4). AskPhilosophy présente 3 objections, dont 2 avec une réponse documentée, et le texte original de chaque prémisse, vérifié mot pour mot.
Un poulet est nourri chaque jour par le même homme, jusqu'au jour où cet homme lui tord le cou. Sommes-nous mieux placés que lui quand nous croyons que le Soleil se lèvera demain ? Russell reprend le problème de Hume, mais il n'arrive pas à la même conclusion. Hume concluait : nous croyons par habitude, pas par raison. Russell montre que tout repose sur un seul principe, que l'expérience ne peut ni prouver ni réfuter. Il faut donc choisir : l'accepter parce qu'il est évident par lui-même, ou renoncer à toute raison de croire en l'avenir. Il choisit la première voie.
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Sans la prémisse implicite : Sans P4, l'ordinateur trouve un monde où les trois premières prémisses sont vraies, mais où le principe n'est pas évident et où aucune de nos attentes n'est justifiée : le monde du sceptique, où nous ne sommes pas mieux placés que le poulet.
Objections
3Chaque objection est une conversation : clique pour voir qui répond, et où en est le débat.
Objection anticipée par Russell attaque la prémisse 2Mais nous avons l'expérience de l'avenir ! Ce qui était l'avenir est sans cesse devenu le passé, et l'on a toujours constaté qu'il ressemblait au passé.
Russell répond
Mais nous avons l'expérience de l'avenir ! Ce qui était l'avenir est sans cesse devenu le passé, et l'on a toujours constaté qu'il ressemblait au passé.
Hume 1748 · attaque la prémisse 4Nos attentes ne sont pas justifiées par la raison, et ce n'est pas grave : elles viennent de la coutume, pas d'un raisonnement. Nous ne pouvons pas nous empêcher de croire, et cela suffit pour vivre. Parler d'« évidence intrinsèque », c'est donner un nom savant à une habitude.
Russell répond
Nos attentes ne sont pas justifiées par la raison, et ce n'est pas grave : elles viennent de la coutume, pas d'un raisonnement. Nous ne pouvons pas nous empêcher de croire, et cela suffit pour vivre. Parler d'« évidence intrinsèque », c'est donner un nom savant à une habitude.
Karl Popper 1934 · attaque la prémisse 1La science n'a pas besoin du principe d'induction. Elle ne justifie jamais ses théories par des cas favorables : elle propose des hypothèses audacieuses et cherche à les réfuter. Une théorie n'est jamais prouvée, seulement « pas encore réfutée ». Le problème de Russell disparaît si l'on renonce à justifier nos croyances.
sans réponse
La science n'a pas besoin du principe d'induction. Elle ne justifie jamais ses théories par des cas favorables : elle propose des hypothèses audacieuses et cherche à les réfuter. Une théorie n'est jamais prouvée, seulement « pas encore réfutée ». Le problème de Russell disparaît si l'on renonce à justifier nos croyances.