Savoir qu'on ne sait pas : une vie sans examen
L'ignorance socratique
Une vie sans examen ne vaut pas la peine d'être vécue.
Personne ne sait vraiment l'essentiel ; la seule sagesse humaine est de ne pas croire savoir, ce que l'examen de soi permet.
« Savoir qu'on ne sait pas : une vie sans examen » est un argument de Socrate (Platon, Apologie de Socrate, 21d, 23a-b, 29a, 38a (Socrate selon Platon)) sur la question « Peut-on être certain de quelque chose ? » (réponse : il faut douter). Sa thèse : Une vie sans examen ne vaut pas la peine d'être vécue. Selon la vérification logique d'AskPhilosophy (solveur Z3), l'argument est valide à condition d'admettre une prémisse que l'auteur ne formule pas (P3, P4). AskPhilosophy présente 2 objections, dont 1 avec une réponse documentée, et le texte original de chaque prémisse, vérifié mot pour mot.
Au procès, Socrate raconte qu'il a voulu vérifier l'oracle de Delphes, qui l'avait déclaré le plus sage des hommes. Il interroge des hommes réputés savants et conclut qu'ils croient savoir ce qu'ils ignorent. Sa « sagesse » est de ne pas se croire savant. C'est la version de Platon ; nous n'avons pas de témoin direct. La célèbre formule « je sais que je ne sais rien » n'est pas dans ce texte. La forme P1..P4 → C est notre reconstruction. Classement : nous rangeons l'argument dans « Il faut douter » pour son point de départ (personne ne sait vraiment ce qui est beau et bon) ; c'est un doute limité aux grandes questions, pas le doute complet des sceptiques antiques, et la conclusion porte sur la façon de vivre.
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Sans la prémisse implicite : Sans P4, l'ordinateur trouve un cas où l'on n'a pas la sagesse humaine et où la vie vaut pourtant la peine d'être vécue : les prémisses restent vraies, la conclusion tombe. On peut objecter que beaucoup de gens vivent heureux sans s'examiner ; dans l'Apologie, Socrate ne discute pas ce cas, il affirme P4 comme une conviction.
Objections
2Chaque objection est une conversation : clique pour voir qui répond, et où en est le débat.
Ménon (Platon, Ménon) 385 av. J.-C. · attaque la conclusionSi tu ne sais pas du tout ce qu'est la vertu, comment la chercheras-tu ? Et si tu la rencontrais, comment saurais-tu que c'est elle ? L'enquête perpétuelle de Socrate serait impossible : on ne cherche pas ce qu'on ignore entièrement.
Socrate répond
Si tu ne sais pas du tout ce qu'est la vertu, comment la chercheras-tu ? Et si tu la rencontrais, comment saurais-tu que c'est elle ? L'enquête perpétuelle de Socrate serait impossible : on ne cherche pas ce qu'on ignore entièrement.
Confucius (Entretiens 2.17, comparaison) 479 av. J.-C. · attaque la prémisse 1Confucius pose lui aussi que le savoir consiste à reconnaître ce qu'on ignore. Mais il ajoute le premier terme : savoir qu'on sait ce qu'on sait. Pour lui, certaines choses se savent, et les vertus s'apprennent des anciens. Socrate, lui, dit que personne ne sait ce qui est beau et bon. Les deux sages ne se sont jamais connus.
sans réponse
Confucius pose lui aussi que le savoir consiste à reconnaître ce qu'on ignore. Mais il ajoute le premier terme : savoir qu'on sait ce qu'on sait. Pour lui, certaines choses se savent, et les vertus s'apprennent des anciens. Socrate, lui, dit que personne ne sait ce qui est beau et bon. Les deux sages ne se sont jamais connus.