Mieux vaut subir l'injustice que la commettre
Le paradoxe de l'injustice subie
Il vaut mieux subir l'injustice que la commettre.
Commettre une injustice est un mal plus grave pour celui qui la commet que pour celui qui la subit.
« Mieux vaut subir l'injustice que la commettre » est un argument de Socrate (Platon, Apologie de Socrate, 28b, 30c-d (Socrate selon Platon)) sur la question « Qu'est-ce qui est bien ? » (réponse : la vertu). Sa thèse : Il vaut mieux subir l'injustice que la commettre. Selon la vérification logique d'AskPhilosophy (solveur Z3), l'argument est valide à condition d'admettre une prémisse que l'auteur ne formule pas (P3). AskPhilosophy présente 3 objections, dont 1 avec une réponse documentée, et le texte original de chaque prémisse, vérifié mot pour mot.
Dans l'Apologie, Socrate prévient ses juges : en le condamnant à tort, ils se feront plus de mal qu'à lui. C'est la version de Platon. Classement : nous le rangeons dans « La vertu », parce que ce qui compte ici est l'état de celui qui agit (devenir injuste), pas les suites de l'acte. La même idée est développée dans le Gorgias et le Criton, que nous n'avons pas encore dans notre corpus ; ici nous nous en tenons à l'Apologie. La forme P1, P2, P3 → C est notre reconstruction.
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Sans la prémisse implicite : Sans P3, l'ordinateur trouve un cas où subir ne nuit pas, commettre nuit, et pourtant on aurait raison de commettre l'injustice (par exemple parce que l'intérêt prime). Les deux prémisses ne suffisent pas à elles seules.
Objections
3Chaque objection est une conversation : clique pour voir qui répond, et où en est le débat.
Thrasymaque (Platon, République, livre I) 375 av. J.-C. · attaque la prémisse 2Thrasymaque, un sophiste, soutient l'inverse : si les gens blâment l'injustice, c'est parce qu'ils ont peur de la subir, pas de la commettre. L'injustice, poussée assez loin, est plus forte, plus libre, plus avantageuse que la justice. Commettre l'injustice ne fait pas de mal à celui qui la commet.
Socrate répond
Thrasymaque, un sophiste, soutient l'inverse : si les gens blâment l'injustice, c'est parce qu'ils ont peur de la subir, pas de la commettre. L'injustice, poussée assez loin, est plus forte, plus libre, plus avantageuse que la justice. Commettre l'injustice ne fait pas de mal à celui qui la commet.
Machiavel (Le Prince, XV) 1532 · attaque la prémisse 1Il y a un tel écart entre la façon dont on vit et celle dont on devrait vivre que celui qui néglige ce qui se fait pour ce qui devrait se faire apprend plutôt sa ruine que sa conservation. Un homme qui veut se montrer bon en tout périt au milieu de tant de méchants. Pour Machiavel, perdre le pouvoir, l'exil ou la mort sont de vrais maux, et la bonté qui y conduit est une erreur (notre résumé de sa position).
sans réponse
Il y a un tel écart entre la façon dont on vit et celle dont on devrait vivre que celui qui néglige ce qui se fait pour ce qui devrait se faire apprend plutôt sa ruine que sa conservation. Un homme qui veut se montrer bon en tout périt au milieu de tant de méchants. Pour Machiavel, perdre le pouvoir, l'exil ou la mort sont de vrais maux, et la bonté qui y conduit est une erreur (notre résumé de sa position).
Aristote (Éthique à Nicomaque, VII, 13) 335 av. J.-C. · attaque la prémisse 1Dire qu'un homme de bien reste heureux sur la roue de torture, ou dans les plus grands malheurs, n'a aucun sens. Le bonheur demande aussi les biens du corps, les biens extérieurs et un peu de chance : ce qu'on subit peut donc vraiment nuire, même à un homme juste.
sans réponse
Dire qu'un homme de bien reste heureux sur la roue de torture, ou dans les plus grands malheurs, n'a aucun sens. Le bonheur demande aussi les biens du corps, les biens extérieurs et un peu de chance : ce qu'on subit peut donc vraiment nuire, même à un homme juste.