Une seule chose, deux attributs : l'esprit est l'idée du corps
Le parallélisme de Spinoza
L'esprit et le corps sont une seule et même chose, conçue tantôt sous l'attribut de la pensée, tantôt sous celui de l'étendue. Aucun n'agit sur l'autre : l'ordre des actions du corps et celui des actions de l'esprit sont le même ordre, vu de deux façons.
L'esprit est l'idée du corps, et une chose et son idée sont une seule réalité vue de deux façons.
« Une seule chose, deux attributs : l'esprit est l'idée du corps » est un argument de Baruch Spinoza (Éthique II, prop. 7 (scolie) et 13 ; III, prop. 2 (scolie), 1677) sur la question « L'esprit est-il le cerveau ? » (réponse : la question est mal posée). Sa thèse : L'esprit et le corps sont une seule et même chose, conçue tantôt sous l'attribut de la pensée, tantôt sous celui de l'étendue. Aucun n'agit sur l'autre : l'ordre des actions du corps et celui des actions de l'esprit sont le même ordre, vu de deux façons. Selon la vérification logique d'AskPhilosophy (solveur Z3), la conclusion suit bien de ses 2 prémisses. AskPhilosophy présente 3 objections, dont 2 avec une réponse documentée, et le texte original de chaque prémisse, vérifié mot pour mot.
Descartes disait : l'esprit et le corps sont deux choses, qui agissent l'une sur l'autre. D'autres disent : l'esprit n'est que le cerveau. Spinoza refuse les deux. Pour lui il n'y a qu'une seule réalité, que l'on peut décrire de deux façons : comme pensée ou comme étendue (matière en mouvement). L'esprit humain est l'idée du corps : c'est la même chose, vue de deux côtés. Alors la question « l'esprit est-il le cerveau ? » est mal posée, parce qu'elle fait comme s'il fallait choisir entre deux choses, ou ramener l'une à l'autre. Il ne s'agit pas de deux choses, ni d'une chose qui en avalerait une autre.
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Objections
3Chaque objection est une conversation : clique pour voir qui répond, et où en est le débat.
Descartes (Lettre à Élisabeth, 21 mai 1643) 1643 · attaque la conclusionPour Descartes, l'âme et le corps sont deux choses distinctes. Il y a en nous trois notions premières : celle du corps (l'étendue), celle de l'âme (la pensée) et celle de leur union, dont dépend la force qu'a l'âme de mouvoir le corps et celle qu'a le corps d'agir sur l'âme. Cette union est, dans son système, un fait que l'on connaît, mais qu'on ne peut pas expliquer par les deux autres notions.
Spinoza répond
Pour Descartes, l'âme et le corps sont deux choses distinctes. Il y a en nous trois notions premières : celle du corps (l'étendue), celle de l'âme (la pensée) et celle de leur union, dont dépend la force qu'a l'âme de mouvoir le corps et celle qu'a le corps d'agir sur l'âme. Cette union est, dans son système, un fait que l'on connaît, mais qu'on ne peut pas expliquer par les deux autres notions.
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Leibniz (Monadologie) 1714 · attaque la conclusionLeibniz explique l'accord de l'âme et du corps autrement que Spinoza : l'âme suit ses propres lois, le corps les siennes, et ils s'accordent « en vertu de l'harmonie préétablie » entre toutes les substances. Les deux sont de vraies substances distinctes, qui n'agissent pas l'une sur l'autre, mais Dieu les a réglées d'avance pour qu'elles s'accordent.
sans réponse
Leibniz explique l'accord de l'âme et du corps autrement que Spinoza : l'âme suit ses propres lois, le corps les siennes, et ils s'accordent « en vertu de l'harmonie préétablie » entre toutes les substances. Les deux sont de vraies substances distinctes, qui n'agissent pas l'une sur l'autre, mais Dieu les a réglées d'avance pour qu'elles s'accordent.
Ehrenfried von Tschirnhaus (Lettre 65 à Spinoza) 1675 · attaque la prémisse 2Si le corps et l'esprit sont une seule modification exprimée d'une infinité de façons (par la pensée, par l'étendue, par d'autres attributs que nous ne connaissons pas), pourquoi l'esprit ne perçoit-il que l'expression de cette modification dans l'étendue, c'est-à-dire le corps humain, et aucune autre ?
Spinoza répond
Si le corps et l'esprit sont une seule modification exprimée d'une infinité de façons (par la pensée, par l'étendue, par d'autres attributs que nous ne connaissons pas), pourquoi l'esprit ne perçoit-il que l'expression de cette modification dans l'étendue, c'est-à-dire le corps humain, et aucune autre ?