La pierre qui se croirait libre
Le libre arbitre n'existe pas, et notre sentiment d'être libres ne prouve rien : ceux qui croient agir par un libre décret de l'esprit « rêvent les yeux ouverts ».
Chaque volonté a une cause, et nous nous croyons libres seulement parce que nous ignorons les causes de nos désirs.
« La pierre qui se croirait libre » est un argument de Baruch Spinoza (Lettre 58 ; Éthique I, appendice ; II, prop. 48) sur la question « Sommes-nous libres ? » (réponse : pas de libre arbitre). Sa thèse : Le libre arbitre n'existe pas, et notre sentiment d'être libres ne prouve rien : ceux qui croient agir par un libre décret de l'esprit « rêvent les yeux ouverts ». Selon la vérification logique d'AskPhilosophy (solveur Z3), l'argument est valide à condition d'admettre une prémisse que l'auteur ne formule pas (P5). AskPhilosophy présente 4 objections, dont 3 avec une réponse documentée, et le texte original de chaque prémisse, vérifié mot pour mot.
Nous sentons que nous choisissons librement. Spinoza soutient que ce sentiment est une illusion : il vient de ce que nous connaissons nos désirs, mais pas leurs causes. Pour lui, la vraie liberté n'est pas de choisir sans cause, mais d'agir par la seule nécessité de sa propre nature.
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Sans la prémisse implicite : Sans P5, l'ordinateur trouve un cas où le sentiment de liberté naît de l'ignorance des causes, et où il prouve pourtant quelque chose : la conclusion complète ne suit plus.
Objections
4Chaque objection est une conversation : clique pour voir qui répond, et où en est le débat.
TTschirnhaus 1674 · attaque la prémisse 4Ma conscience me dit le contraire : qui pourrait nier, sans contredire sa propre conscience, que je peux penser que je veux écrire, ou que je ne veux pas écrire ?
Spinoza répond
Ma conscience me dit le contraire : qui pourrait nier, sans contredire sa propre conscience, que je peux penser que je veux écrire, ou que je ne veux pas écrire ?
TTschirnhaus 1674 · attaque la conclusionSi nous étions contraints par les causes extérieures, personne ne pourrait acquérir la vertu, et toute méchanceté serait excusable.
Spinoza répond
Si nous étions contraints par les causes extérieures, personne ne pourrait acquérir la vertu, et toute méchanceté serait excusable.
Descartes 1644 · attaque la prémisse 5Que notre volonté soit libre est si évident que c'est l'une des notions les plus claires qui soient en nous. Même en doutant de tout, nous sentions que nous pouvions refuser de croire ce qui n'était pas certain : rien n'est plus sûr que cette expérience.
Spinoza répond
Que notre volonté soit libre est si évident que c'est l'une des notions les plus claires qui soient en nous. Même en doutant de tout, nous sentions que nous pouvions refuser de croire ce qui n'était pas certain : rien n'est plus sûr que cette expérience.
Kant 1788 · attaque la conclusionAppeler « liberté » le fait d'agir selon sa propre nature, tout en étant entièrement déterminé, c'est la liberté d'un tourne-broche : une fois remonté, il tourne tout seul. Sans une vraie liberté, indépendante des causes naturelles, il n'y a plus de responsabilité morale.
sans réponse
Appeler « liberté » le fait d'agir selon sa propre nature, tout en étant entièrement déterminé, c'est la liberté d'un tourne-broche : une fois remonté, il tourne tout seul. Sans une vraie liberté, indépendante des causes naturelles, il n'y a plus de responsabilité morale.