Être libre, c'est pouvoir faire ce qu'on veut
Notre volonté n'est pas libre, mais nos actions le sont : nous sommes libres chaque fois que nous pouvons faire ce que nous voulons, même si tout est nécessaire.
Tout a une cause, donc ma volonté aussi ; mais je suis libre quand je peux faire ce que je veux.
« Être libre, c'est pouvoir faire ce qu'on veut » est un argument de Voltaire (Philosophe ignorant, 13 ; Dictionnaire philosophique, Liberté) sur la question « Sommes-nous libres ? » (réponse : libres sans libre arbitre absolu). Sa thèse : Notre volonté n'est pas libre, mais nos actions le sont : nous sommes libres chaque fois que nous pouvons faire ce que nous voulons, même si tout est nécessaire. Selon la vérification logique d'AskPhilosophy (solveur Z3), la conclusion suit bien de ses 5 prémisses. AskPhilosophy présente 3 objections, dont 2 avec une réponse documentée, et le texte original de chaque prémisse, vérifié mot pour mot.
Jeune, Voltaire défendait le libre arbitre. Il change d'avis en lisant Locke et Collins, et le dit lui-même : « L'ignorant qui pense ainsi n'a pas toujours pensé de même. » Sa thèse finale est simple : tout a une cause, nos volontés aussi. Mais cela ne nous rend pas esclaves : être libre, c'est pouvoir faire ce qu'on veut, et nous l'avons souvent. « Votre volonté n'est pas libre, mais vos actions le sont. »
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Objections
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BB, dans le dialogue de l'article « Liberté » attaque la prémisse 4Si la liberté n'est que le pouvoir de faire ce qu'on veut, mon chien de chasse est aussi libre que moi : il veut courir après le lièvre et il le peut. Vous me réduisez à l'état des bêtes.
Voltaire répond
Si la liberté n'est que le pouvoir de faire ce qu'on veut, mon chien de chasse est aussi libre que moi : il veut courir après le lièvre et il le peut. Vous me réduisez à l'état des bêtes.
Samuel Clarke (contre Collins) 1717 · attaque la prémisse 2Il faut distinguer la nécessité physique, qui pousse une pierre, et la nécessité morale, qui incline un esprit sans le forcer. L'homme est un agent, il commence lui-même ses actions : ses motifs ne le contraignent pas comme une cause mécanique.
Voltaire répond
Il faut distinguer la nécessité physique, qui pousse une pierre, et la nécessité morale, qui incline un esprit sans le forcer. L'homme est un agent, il commence lui-même ses actions : ses motifs ne le contraignent pas comme une cause mécanique.
Kant (Critique de la raison pratique) 1788 · attaque la prémisse 4Si notre liberté n'est que le pouvoir d'agir selon des désirs et des idées qui sont eux-mêmes déterminés, elle ne vaut pas mieux que celle d'un tournebroche qui, une fois remonté, tourne tout seul. C'est un « misérable subterfuge » : la morale exige une liberté qui ne soit pas le dernier maillon d'une chaîne de causes.
sans réponse
Si notre liberté n'est que le pouvoir d'agir selon des désirs et des idées qui sont eux-mêmes déterminés, elle ne vaut pas mieux que celle d'un tournebroche qui, une fois remonté, tourne tout seul. C'est un « misérable subterfuge » : la morale exige une liberté qui ne soit pas le dernier maillon d'une chaîne de causes.