L'ennui de l'immortalité (le cas Makropulos)
Le cas Makropulos
Une vie sans fin, pour quelqu'un qui reste lui-même, serait insupportable : la mort n'est pas toujours un mal, et il peut être bon de ne pas vivre trop longtemps. (Williams ajoute : elle reste un mal quand elle arrive trop tôt.)
Rien ne garantit qu'une vie sans fin reste intéressante pour quelqu'un qui garde son caractère et ses goûts.
« L'ennui de l'immortalité (le cas Makropulos) » est un argument de Bernard Williams (« The Makropulos Case: Reflections on the Tedium of Immortality », 1973) sur la question « Faut-il avoir peur de la mort ? » (réponse : rien à craindre). Sa thèse : Une vie sans fin, pour quelqu'un qui reste lui-même, serait insupportable : la mort n'est pas toujours un mal, et il peut être bon de ne pas vivre trop longtemps. (Williams ajoute : elle reste un mal quand elle arrive trop tôt.). Selon la vérification logique d'AskPhilosophy (solveur Z3), l'argument est valide à condition d'admettre une prémisse que l'auteur ne formule pas (P3). AskPhilosophy présente 2 objections, dont 1 avec une réponse documentée, et le texte original de chaque prémisse, vérifié mot pour mot.
Dans une pièce de Karel Čapek, reprise en opéra par Janáček, Elina Makropulos a pris un élixir de longue vie. À 342 ans, sa vie sans fin est devenue ennui, indifférence et froideur, et elle refuse de la prolonger. Bernard Williams en tire une thèse : une vie immortelle serait insupportable pour quelqu'un qui reste lui-même. La mort n'est donc pas un mal à éviter à tout prix. Mais il ne dit pas que mourir n'importe quand est bon : mourir trop tôt reste un mal.
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Sans la prémisse implicite : Sans P3, l'ordinateur trouve quelqu'un dont la vie sans fin est ennuyeuse mais qui la supporte et veut continuer, par exemple parce qu'il garde d'autres projets.
Objections
2Chaque objection est une conversation : clique pour voir qui répond, et où en est le débat.
John Martin Fischer 1994 · attaque la prémisse 2Fischer, dans « Why Immortality Is Not So Bad » (1994), répond à Williams. Certains plaisirs s'épuisent d'eux-mêmes, mais d'autres sont répétables : on peut les retrouver sans qu'ils lassent, surtout s'ils sont assez espacés. Une vie sans fin faite d'un mélange de tels plaisirs resterait donc agréable, sans que la personne cesse d'être elle-même.
sans réponse
Fischer, dans « Why Immortality Is Not So Bad » (1994), répond à Williams. Certains plaisirs s'épuisent d'eux-mêmes, mais d'autres sont répétables : on peut les retrouver sans qu'ils lassent, surtout s'ils sont assez espacés. Une vie sans fin faite d'un mélange de tels plaisirs resterait donc agréable, sans que la personne cesse d'être elle-même.
Lucrèce (tel que Williams le présente) 55 av. J.-C. · attaque la conclusionSelon Williams, Lucrèce soutient que la mort n'est jamais un mal : non seulement il n'y a personne pour qui mourir soit un mal, mais il n'y a aucun moment où mourir soit un mal. Alors mourir trop tôt n'est pas pire que mourir trop tard : tout revient au même.
Williams répond
Selon Williams, Lucrèce soutient que la mort n'est jamais un mal : non seulement il n'y a personne pour qui mourir soit un mal, mais il n'y a aucun moment où mourir soit un mal. Alors mourir trop tôt n'est pas pire que mourir trop tard : tout revient au même.