QuestionsL'être humain est-il bon par nature ?La nature humaine est le principe, donc bonne
L'être humain est-il bon par nature ?Bon par nature

La nature humaine est le principe, donc bonne

Zhu Xi 1130 · 1200Étudier le principe (li) des choses pour se perfectionner.
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Ce qu'il soutient

La nature humaine est bonne dans son fond ; le mal ne vient pas d'elle mais du souffle trouble, et l'étude peut la retrouver.

Pourquoi

La nature humaine est le principe, qui est bon ; le mal vient seulement du souffle reçu, clair ou trouble.

En bref

« La nature humaine est le principe, donc bonne » est un argument de Zhu Xi (Propos classés 4) sur la question « L'être humain est-il bon par nature ? » (réponse : bon par nature). Sa thèse : La nature humaine est bonne dans son fond ; le mal ne vient pas d'elle mais du souffle trouble, et l'étude peut la retrouver. Selon la vérification logique d'AskPhilosophy (solveur Z3), l'argument est valide à condition d'admettre une prémisse que l'auteur ne formule pas (P4). AskPhilosophy présente 3 objections, dont 2 avec une réponse documentée, et le texte original de chaque prémisse, vérifié mot pour mot.

Propos classés 4
Valide avec une prémisse implicite

D'où vient le mal ? Mencius disait que la nature humaine est bonne, Xunzi qu'elle est mauvaise. Zhu Xi répond en deux étages, hérités des frères Cheng : la nature est le principe que le Ciel nous donne, donc bonne ; mais ce principe est porté par un souffle (qi), clair ou trouble selon les personnes, et le mal vient du souffle trouble. La forme P1..P3 → C est notre reconstruction. Elle cache que Zhu Xi emploie le mot « nature » en deux sens : la nature d'origine (le principe) et la nature mêlée au souffle, qui est celle dont parle Confucius quand il dit « proches par nature ». C'est là que se loge la prémisse implicite. Les citations viennent du Yulei, des conversations notées par des élèves.

P1La nature humaine, c'est le principe (li) que le Ciel nous donne.
P2Le principe tel qu'il doit être n'a rien de mauvais : tout ce qui est principe est bon.
P3Si les gens sont les uns bons, les autres mauvais, c'est seulement parce que le souffle (qi) reçu est, pour chacun, clair ou trouble.
P4 · prémisse impliciteSi la nature est bonne et que le mal vient du souffle, alors le mal ne vient pas de la nature : on réserve le mot « nature » (au sens strict) à ce que le Ciel donne, non au souffle qui le porte.
Donc la nature humaine est bonne dans son fond ; le mal ne vient pas d'elle mais du souffle trouble, et l'étude peut la retrouver.

clique sur une prémisse pour la rejeter

Si tu acceptes toutes les prémisses, la logique t'oblige à accepter la conclusion. Le débat porte donc sur les prémisses.
Vérifié par un solveur logique : impossible que toutes les prémisses soient vraies et la conclusion fausse.
Sans la prémisse implicite : Sans P4, l'ordinateur trouve un cas où la nature est le principe, le principe est bon et le mal vient du souffle, mais où le souffle fait partie de la nature : le mal vient alors aussi de la nature, qui n'est plus « bonne » sans réserve.
L'argument est valide et ses quatre prémisses sont indispensables. Le point fragile est P4. Zhu Xi dit lui-même qu'on ne peut pas parler de la nature sans parler du souffle : sans lui, la nature n'a nulle part où se loger (Yulei 4, §47) ; pour être complet, il faut compter les deux (§43). Si le souffle compte comme nature, le mal est alors aussi « naturel » : c'est justement la position de ses critiques. Zhu Xi tient donc deux choses : la nature d'origine est bonne, la nature concrète des gens est inégale. Il ne dit pas que tous les hommes sont bons en fait.
Analogie. La lumière et le miroir : la lumière est toujours la même et toujours claire, mais un miroir sale ou embué la renvoie mal. Le défaut est dans le miroir, pas dans la lumière. Nettoyer le miroir, c'est étudier.

Objections

3

Chaque objection est une conversation : clique pour voir qui répond, et où en est le débat.

Xunzi 250 av. J.-C. · attaque la prémisse 1

Les hommes naissent avec l'amour du gain, l'envie et les désirs des sens. Voilà leur nature. Le bien est un artifice : comme le bois tordu a besoin d'être redressé, l'homme a besoin de maîtres et de rites pour devenir bon.

Zhu Xi répond
Zhu Xi Zhu Xi sur Xunzi
Mencius, parlant de la nature, ne dit que la nature d'origine, et de même pour les dons. Xunzi ne voit que le mauvais.
Z
Zhu Xi (autre entretien)
Les gens comme Xunzi et Yang Xiong parlent « du souffle sans parler de la nature » : c'est pourquoi leur thèse n'est pas claire.
Le débat continue (notre résumé) Le désaccord porte aussi sur le sens du mot « nature ». Xunzi appelle nature ce qui naît avec nous, les désirs ; Zhu Xi appelle nature le principe, et reconnaît que le souffle trouble est naturel lui aussi. Il retourne donc la critique : Xunzi parle du souffle sans parler de la nature, c'est-à-dire du principe qui est en nous. Xunzi répondrait que ce principe n'est pas observable chez le nouveau-né. (Notre résumé.)
Y
Yang Xiong 10 av. J.-C. · attaque la prémisse 2

La nature humaine est un mélange de bien et de mal : on devient bon en cultivant le bon, mauvais en cultivant le mauvais.

Zhu Xi répond
résumé : son texte n'est pas encore dans notre corpus
Zhu Xi Zhu Xi sur Yang Xiong
Yang Xiong n'a vu que des gens à moitié bons et à moitié mauvais ; Han Yu en dit quelque chose de plus proche.
Le débat continue (notre résumé) Le passage ne répond pas sur le fond : il classe Yang Xiong parmi ceux qui ne regardent que les gens tels qu'ils sont, sans le principe. Nous n'avons pas le texte de Yang Xiong dans notre corpus. (Notre résumé.)
D
Dai Zhen 1777 · attaque la prémisse 1

Le principe n'est pas une chose reçue du Ciel et posée en nous, au-dessus des désirs. Ce sont les justes rapports entre les besoins et les sentiments des humains. En opposant « principe céleste » et « désirs humains », on appelle principe sa propre opinion, et on peut tuer des gens au nom du principe.

sans réponse
résumé : son texte n'est pas encore dans notre corpus
Pas de réponse possible : objection formulée en 1777, après sa mort (1200).
Le débat continue (notre résumé) Dai Zhen écrit au XVIIIe siècle, plus de cinq cents ans après. Zhu Xi dit pourtant que sans la disposition du souffle la nature n'a nulle part où se loger (Yulei 4, §47) : il refuse d'en faire une chose séparée, mais il garde la différence entre ce qui est droit et ce qui l'écarte. (Notre résumé.)