Thomas Hobbes
Sans État, la vie serait solitaire, brutale et brève.
Ce qui pense est un corps
La chose qui pense est un corps : l'esprit n'est rien d'autre que du mouvement dans certaines parties du corps.
Penser est un acte, qui suppose un sujet ; ce sujet est une substance, et substance et corps sont une même chose.
En 1641, Descartes fait circuler ses Méditations : je pense, donc je suis une chose qui pense, un esprit distinct du corps. Hobbes, alors à Paris, accepte le « je pense, donc je suis » mais refuse la suite. Une pensée a besoin d'un sujet qui pense, et rien ne dit que ce sujet ne soit pas un corps. Dix ans plus tard, dans le Léviathan, il va plus loin : une « substance incorporelle » est une contradiction dans les termes.
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Objections
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Descartes 1641 · attaque la prémisse 3Le sujet de la pensée est bien une substance, une « matière métaphysique » si l'on veut, mais pas pour autant un corps. Presque tout le monde distingue des substances spirituelles et des substances corporelles. Et les actes de pensée (comprendre, vouloir, imaginer, sentir) n'ont aucune affinité avec les actes du corps (grandeur, figure, mouvement) : la pensée diffère totalement de l'étendue.
Hobbes répond
Le sujet de la pensée est bien une substance, une « matière métaphysique » si l'on veut, mais pas pour autant un corps. Presque tout le monde distingue des substances spirituelles et des substances corporelles. Et les actes de pensée (comprendre, vouloir, imaginer, sentir) n'ont aucune affinité avec les actes du corps (grandeur, figure, mouvement) : la pensée diffère totalement de l'étendue.
Leibniz 1714 · attaque la prémisse 3Imaginez une machine qui pense, agrandie au point qu'on puisse y entrer comme dans un moulin. On n'y trouverait que des pièces qui se poussent les unes les autres, et jamais de quoi expliquer une perception. Des corps en mouvement n'expliquent pas qu'on ressente quelque chose.
sans réponse
Imaginez une machine qui pense, agrandie au point qu'on puisse y entrer comme dans un moulin. On n'y trouverait que des pièces qui se poussent les unes les autres, et jamais de quoi expliquer une perception. Des corps en mouvement n'expliquent pas qu'on ressente quelque chose.
Objection anticipée par Hobbes attaque la conclusionSi tout est corps, alors Dieu et les anges, que la religion appelle des esprits, ne sont rien du tout.
Hobbes répond
Si tout est corps, alors Dieu et les anges, que la religion appelle des esprits, ne sont rien du tout.