Socrate
Je sais que je ne sais rien.
Nul ne fait le mal volontairement
Nul ne fait le mal en le sachant mal : tout mal vient d'une ignorance du bien, et la vertu est un savoir. Diogène Laërce, six siècles plus tard, résume la même doctrine : « un seul bien, la science ; un seul mal, l'ignorance ».
Personne ne veut son propre malheur ni n'agit contre ce qu'il juge meilleur : on fait le mal seulement par ignorance du bien.
Socrate n'a rien écrit : cette thèse nous est rapportée par deux témoins qui s'accordent. Dans le Ménon, Platon montre Socrate qui fait avouer à Ménon que personne ne veut son propre malheur. Chez Xénophon, Socrate dit que tous choisissent ce qu'ils croient le plus avantageux. De là vient l'idée que faire le mal, c'est se tromper sur le bien, et que la vertu est un savoir. La forme P1..P5 → C est notre reconstruction : aucun des deux témoins n'a écrit l'argument sous cette forme.
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Sans la prémisse implicite : Sans P3, l'ordinateur trouve un cas où l'on fait le mal en le sachant mal sans le désirer ni agir contre son jugement, par exemple sous la contrainte : P1, P2 et P4 restent vraies, mais la conclusion tombe.
Objections
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Aristote (l'akrasia, faiblesse de la volonté) 335 av. J.-C. · attaque la prémisse 4Cette thèse contredit les faits. Un homme peut savoir qu'une chose est mauvaise et la faire quand même, emporté par le plaisir ou la colère : avant que la passion le prenne, il ne pensait pas qu'il fallait agir ainsi. Aristote appelle cela l'akrasia. Socrate nie qu'elle existe.
sans réponse
Cette thèse contredit les faits. Un homme peut savoir qu'une chose est mauvaise et la faire quand même, emporté par le plaisir ou la colère : avant que la passion le prenne, il ne pensait pas qu'il fallait agir ainsi. Aristote appelle cela l'akrasia. Socrate nie qu'elle existe.
Platon (République, livre IV) 375 av. J.-C. · attaque la prémisse 4Plus tard, Platon décrit lui-même des hommes dont les désirs les entraînent « contre leur raison ». L'exemple est celui de Léontios, qui désire regarder des cadavres et se déteste de le faire : il se gourmande lui-même. Pour expliquer ce conflit, Platon sépare dans l'âme la raison, le cœur (thumos) et le désir. On y lit souvent un disciple qui corrige son maître.
sans réponse
Plus tard, Platon décrit lui-même des hommes dont les désirs les entraînent « contre leur raison ». L'exemple est celui de Léontios, qui désire regarder des cadavres et se déteste de le faire : il se gourmande lui-même. Pour expliquer ce conflit, Platon sépare dans l'âme la raison, le cœur (thumos) et le désir. On y lit souvent un disciple qui corrige son maître.