Baruch Spinoza
Dieu, c'est-à-dire la Nature : tout suit de nécessité.
Dieu, c'est-à-dire la Nature
Dieu existe, mais pas comme un créateur extérieur au monde : il est la Nature elle-même. « Dieu, c'est-à-dire la Nature. »
Il ne peut y avoir qu'une seule réalité qui existe par elle-même : tout le reste en fait partie et en découle nécessairement.
Spinoza entend démontrer que Dieu existe, et même qu'il ne peut pas ne pas exister. Mais ce Dieu n'est pas un créateur qui choisit, juge et aime comme une personne : il est la Nature elle-même. C'est pourquoi nous le classons dans le panthéisme (le mot est postérieur à Spinoza), même s'il affirme l'existence de Dieu. Ses contemporains l'ont accusé d'athéisme ; lui le refusait.
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Sans la prémisse implicite : Sans P5, l'ordinateur trouve un cas où tout est en Dieu et produit par nécessité, mais où Dieu n'est pas la Nature : c'est la position qu'on appelle aujourd'hui « panenthéisme » (tout est en Dieu, mais Dieu dépasse le monde).
Objections
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HHugo Boxel 1674 · attaque la prémisse 4Si vous attribuez la nécessité à Dieu et lui retirez la volonté et le libre choix, vous faites de l'être infiniment parfait une sorte de monstre. Nous ne comprenons pas comment Dieu agit, mais il faut lui accorder vouloir et comprendre, d'une manière plus haute que la nôtre (« éminente »).
Spinoza répond
Si vous attribuez la nécessité à Dieu et lui retirez la volonté et le libre choix, vous faites de l'être infiniment parfait une sorte de monstre. Nous ne comprenons pas comment Dieu agit, mais il faut lui accorder vouloir et comprendre, d'une manière plus haute que la nôtre (« éminente »).
Kant 1781 · attaque la prémisse 1On ne peut pas tirer l'existence d'une chose de sa seule définition : « être » n'est pas une qualité de plus dans la définition. Nier que Dieu existe, c'est supprimer le sujet avec toutes ses qualités, et il n'y a là aucune contradiction. Kant vise toute preuve de ce type (dite ontologique), celle de Descartes comme celle de Spinoza.
sans réponse
On ne peut pas tirer l'existence d'une chose de sa seule définition : « être » n'est pas une qualité de plus dans la définition. Nier que Dieu existe, c'est supprimer le sujet avec toutes ses qualités, et il n'y a là aucune contradiction. Kant vise toute preuve de ce type (dite ontologique), celle de Descartes comme celle de Spinoza.
Leibniz 1678 · attaque la prémisse 2Pour montrer qu'il n'y a qu'une substance, Spinoza pose que deux substances ne peuvent pas avoir un attribut en commun (Éthique I, prop. 5). Mais deux substances pourraient partager un attribut et se distinguer par d'autres. Alors rien n'empêche qu'il existe plusieurs substances (notes de Leibniz sur l'Éthique, vers 1678).
sans réponse
Pour montrer qu'il n'y a qu'une substance, Spinoza pose que deux substances ne peuvent pas avoir un attribut en commun (Éthique I, prop. 5). Mais deux substances pourraient partager un attribut et se distinguer par d'autres. Alors rien n'empêche qu'il existe plusieurs substances (notes de Leibniz sur l'Éthique, vers 1678).
OObjection courante chez les croyants attaque la conclusionUn Dieu qui n'aime personne et qu'on ne peut pas prier n'est plus Dieu : c'est la nature à laquelle on a donné un nom religieux.
Spinoza répond
Un Dieu qui n'aime personne et qu'on ne peut pas prier n'est plus Dieu : c'est la nature à laquelle on a donné un nom religieux.
PPierre Bayle 1697 · attaque la prémisse 3Si tout est en Dieu, Dieu est à la fois le soldat qui tue et l'homme tué, le bourreau et la victime. Il se contredit et souffre en chacun de nous : c'est absurde. Bayle qualifie Spinoza d'« athée de système ».
sans réponse
Si tout est en Dieu, Dieu est à la fois le soldat qui tue et l'homme tué, le bourreau et la victime. Il se contredit et souffre en chacun de nous : c'est absurde. Bayle qualifie Spinoza d'« athée de système ».
Leibniz 1710 · attaque la prémisse 4Spinoza enseigne une nécessité aveugle et refuse à Dieu l'entendement et la volonté. Or bien des choses possibles n'existent pas, comme les romans qu'on peut imaginer : Dieu a donc choisi, parmi les mondes possibles, le meilleur.
sans réponse
Spinoza enseigne une nécessité aveugle et refuse à Dieu l'entendement et la volonté. Or bien des choses possibles n'existent pas, comme les romans qu'on peut imaginer : Dieu a donc choisi, parmi les mondes possibles, le meilleur.