Retrouver sa moitié
Le mythe d'Aristophane ; l'âme sœur ; la moitié perdue
L'amour est le désir de retrouver notre moitié et de redevenir un, de réparer la nature humaine.
Nous étions des êtres entiers, coupés en deux par Zeus ; l'amour est la quête de notre moitié perdue.
« Retrouver sa moitié » est un argument d'Aristophane (Platon, Banquet, 189c-193d (vers 380 av. J.-C.), 385 av. J.-C.) sur la question « Qu'est-ce que l'amour ? » (réponse : retrouver sa moitié). Sa thèse : L'amour est le désir de retrouver notre moitié et de redevenir un, de réparer la nature humaine. Selon la vérification logique d'AskPhilosophy (solveur Z3), l'argument est valide à condition d'admettre une prémisse que l'auteur ne formule pas (P5). AskPhilosophy présente 2 objections, dont 1 avec une réponse documentée, et le texte original de chaque prémisse, vérifié mot pour mot.
Dans le Banquet, Aristophane, poète comique, raconte une histoire drôle et émouvante. Autrefois, les humains étaient doubles : quatre bras, quatre jambes, deux visages. Ils étaient forts et audacieux au point de défier les dieux. Zeus les a alors coupés en deux pour les affaiblir. Depuis, chaque moitié cherche l'autre, et quand elles se retrouvent, elles ne veulent plus se quitter. L'amour est le nom de ce désir de redevenir un. Cette idée est restée dans le langage courant, avec les mots « âme sœur » ou « ma moitié ». Dans son récit, il y avait trois sortes d'êtres doubles, ce qui explique pourquoi certains cherchent une personne de l'autre sexe et d'autres du même sexe. Ce qui est présenté ici est un mythe raconté par un personnage du dialogue, pas une thèse que Platon défend en son nom.
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Sans la prémisse implicite : Sans P5, l'ordinateur trouve un cas où nous avons été coupés, où chacun cherche sa moitié et où les amants voudraient ne faire qu'un, sans que l'amour soit cette recherche : le récit des origines ne dit pas que ce que nous éprouvons en aimant est ce désir-là. P5 fait le lien entre le mythe et l'expérience.
Objections
2Chaque objection est une conversation : clique pour voir qui répond, et où en est le débat.
Diotime (rapportée par Socrate) 380 av. J.-C. · attaque la prémisse 5Elle répond, dans le même dialogue, qu'on ne cherche pas sa moitié pour elle-même : l'amour n'est ni de la moitié ni du tout, à moins que cette moitié ou ce tout soit bon. La preuve : on accepte de se faire couper un pied ou une main quand ils sont mauvais, bien qu'ils soient à nous. Ce que nous aimons n'est donc pas « ce qui est à nous », mais le bien.
un défenseur répond
Elle répond, dans le même dialogue, qu'on ne cherche pas sa moitié pour elle-même : l'amour n'est ni de la moitié ni du tout, à moins que cette moitié ou ce tout soit bon. La preuve : on accepte de se faire couper un pied ou une main quand ils sont mauvais, bien qu'ils soient à nous. Ce que nous aimons n'est donc pas « ce qui est à nous », mais le bien.
Arthur Schopenhauer 1844 · attaque la conclusionLe sentiment d'être fait l'un pour l'autre est réel, mais il trompe. La nature ne peut atteindre son but, la naissance d'un enfant, qu'en faisant naître chez l'individu une illusion : il croit travailler pour lui-même alors qu'il travaille pour l'espèce. Ce n'est donc pas une moitié perdue qu'on retrouve, mais un instrument de la vie qui nous pousse vers le partenaire qui convient à l'enfant à venir.
sans réponse
Le sentiment d'être fait l'un pour l'autre est réel, mais il trompe. La nature ne peut atteindre son but, la naissance d'un enfant, qu'en faisant naître chez l'individu une illusion : il croit travailler pour lui-même alors qu'il travaille pour l'espèce. Ce n'est donc pas une moitié perdue qu'on retrouve, mais un instrument de la vie qui nous pousse vers le partenaire qui convient à l'enfant à venir.