Qu'est-ce que l'amour ? Les philosophes y donnent 5 grandes réponses : une montée vers le beau, retrouver sa moitié, vouloir le bien de l'autre, une illusion utile et une rencontre de libertés. AskPhilosophy présente 14 arguments, d'Aristophane à René Girard, reconstruits pas à pas, testés par la logique et vérifiés mot pour mot dans leurs textes originaux.
Les 5 réponses possibles
Chaque colonne est une manière de répondre à la question : ce qu'elle soutient et les philosophes qui la défendent. Clique sur une colonne pour ne voir que ses arguments.
L'amour commence par un corps et nous élève jusqu'au beau lui-même, ou jusqu'à Dieu.
Platon, Marsile Ficin, C. S. Lewis
Aimer, c'est trouver l'être unique avec qui l'on ne fait plus qu'un.
Aristophane, Michel de Montaigne
Aimer, c'est vouloir le bien de l'autre pour lui-même, et c'est un acte plus qu'un sentiment.
Aristote, Thomas d'Aquin, Kierkegaard, Martin Luther King Jr.
L'amour est une illusion que produisent la nature ou l'imagination : il ne voit pas l'autre tel qu'il est.
Schopenhauer, Stendhal (Henri Beyle), René Girard
L'amour est un rapport entre deux libertés, qui peut tourner au conflit ou devenir un engagement libre.
Sartre, Beauvoir
Les arguments
Clique sur un argument pour le voir pas à pas, avec les objections et les réponses.
Une montée vers le beau
L'amour commence par un corps et nous élève jusqu'au beau lui-même, ou jusqu'à Dieu.
3 argumentsL'échelle de l'amour
Désirer, c'est manquer de ce qu'on désire : l'amour manque du beau et du bien, et veut les posséder pour toujours.
L'amour est le désir de la beauté, et il ne se repose qu'en Dieu
Aimer, c'est désirer la beauté ; la beauté d'un corps vient d'une beauté plus haute, infinie en Dieu, qui seule apaise le désir.
Les amours naturels sont bons mais ne se suffisent pas : ils sont faits pour être élevés
Les amours naturels sont de vrais biens, mais tournent mal quand on en fait un absolu : ils ont besoin d'être élevés par l'amour de Dieu.
Retrouver sa moitié
Aimer, c'est trouver l'être unique avec qui l'on ne fait plus qu'un.
2 argumentsVouloir le bien de l'autre
Aimer, c'est vouloir le bien de l'autre pour lui-même, et c'est un acte plus qu'un sentiment.
4 argumentsIl y a trois espèces d'amitié, et seule celle de la vertu veut le bien de l'ami pour lui-même
On peut aimer pour l'utile, le plaisir ou la vertu ; seule la vertu, stable, fait vouloir le bien de l'ami pour lui-même.
Aimer, c'est vouloir du bien à quelqu'un
Aimer, c'est vouloir du bien à quelqu'un ; aimer une chose pour soi dépend de l'amour d'une personne pour elle-même.
L'amour préférentiel est une forme d'amour de soi ; l'amour véritable est un devoir qui aime chaque homme
L'amour qui dépend de l'inclination peut cesser et reste un amour de soi ; seul le devoir d'aimer le prochain est à l'abri du changement.
L'agapè : aimer même son ennemi
Aimer, ce n'est pas éprouver de l'affection : c'est vouloir le bien de tous, même de qui nous nuit, car la haine détruit qui hait.
Une illusion utile
L'amour est une illusion que produisent la nature ou l'imagination : il ne voit pas l'autre tel qu'il est.
3 argumentsLe génie de l'espèce
L'amour n'est qu'un instinct sexuel précisé, qui nous trompe par une illusion au service de l'espèce.
La cristallisation
L'amoureux orne sans cesse l'aimée de perfections qu'il invente, comme des cristaux qui recouvrent un rameau.
Nous désirons à travers un autre : le désir « spontané » est un mensonge romantique
Le héros croit désirer pour lui-même, mais son élan va vers un modèle dont il imite le désir.
Une rencontre de libertés
L'amour est un rapport entre deux libertés, qui peut tourner au conflit ou devenir un engagement libre.
2 argumentsL'amour est un projet contradictoire : on ne peut pas posséder une liberté
L'amant veut une liberté qui l'aime librement et qui reste pourtant captive ; ces deux désirs se contredisent.
L'amour authentique est la reconnaissance de deux libertés, pas une démission
Celle qui se perd dans l'homme pour se sauver échoue : il faut que deux libertés se reconnaissent, sans que l'une s'abandonne.
Les positions des autres philosophes arrivent au fil des fiches. Aucune position n'est présentée comme gagnante.