Aimer, c'est vouloir du bien à quelqu'un
L'amour d'amitié et l'amour de convoitise ; amare est velle alicui bonum
L'amour au sens plein est l'amour d'amitié : vouloir du bien à quelqu'un pour lui-même.
Aimer, c'est vouloir du bien à quelqu'un ; aimer une chose pour soi dépend de l'amour d'une personne pour elle-même.
« Aimer, c'est vouloir du bien à quelqu'un » est un argument de Thomas d'Aquin (Somme théologique, I-II, q. 26, art. 4, 1271) sur la question « Qu'est-ce que l'amour ? » (réponse : vouloir le bien de l'autre). Sa thèse : L'amour au sens plein est l'amour d'amitié : vouloir du bien à quelqu'un pour lui-même. Selon la vérification logique d'AskPhilosophy (solveur Z3), l'argument est valide à condition d'admettre une prémisse que l'auteur ne formule pas (P4). AskPhilosophy présente 3 objections, dont 2 avec une réponse documentée, et le texte original de chaque prémisse, vérifié mot pour mot.
Quand on dit « j'aime ce plat » et « j'aime ma sœur », on parle de deux choses très différentes. Thomas d'Aquin le montre à partir d'une phrase d'Aristote : aimer, c'est vouloir du bien à quelqu'un. L'amour a donc deux termes : le bien qu'on veut, et celui à qui on le veut. Quand on aime quelqu'un pour lui-même, c'est l'amour d'amitié. Quand on aime une chose pour un autre, par exemple le vin pour le plaisir qu'on en tire, c'est l'amour de convoitise. Le second dépend du premier, comme ce qui existe en autre chose dépend de ce qui existe par soi. L'amour au sens plein est donc de vouloir le bien de quelqu'un pour lui.
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Sans la prémisse implicite : Sans P4, l'ordinateur trouve un monde où les deux amours existent, l'amitié dépendant de la convoitise, et où l'amour au sens plein est le désir de posséder. Les autres prémisses sont vraies, la conclusion est fausse.
Objections
3Chaque objection est une conversation : clique pour voir qui répond, et où en est le débat.
Platon 380 av. J.-C. · attaque la prémisse 1Dans le Banquet, Diotime dit que celui qui désire désire ce qu'il n'a pas et ce dont il manque. L'amour est donc d'abord un manque, le désir de posséder le bien pour toujours, et non le don de soi à un autre.
Thomas d'Aquin répond
Dans le Banquet, Diotime dit que celui qui désire désire ce qu'il n'a pas et ce dont il manque. L'amour est donc d'abord un manque, le désir de posséder le bien pour toujours, et non le don de soi à un autre.
François de La Rochefoucauld 1665 · attaque la prémisse 1Pour La Rochefoucauld, l'amour-propre est « l'amour de soi-même, et de toutes choses pour soi ». Il ne se repose jamais hors de soi et ne s'arrête sur les sujets étrangers que comme les abeilles sur les fleurs, pour en tirer ce qui lui est propre. Ce qu'on prend pour le désir du bien d'autrui serait un intérêt déguisé.
un défenseur répond
Pour La Rochefoucauld, l'amour-propre est « l'amour de soi-même, et de toutes choses pour soi ». Il ne se repose jamais hors de soi et ne s'arrête sur les sujets étrangers que comme les abeilles sur les fleurs, pour en tirer ce qui lui est propre. Ce qu'on prend pour le désir du bien d'autrui serait un intérêt déguisé.
Jean-Paul Sartre 1943 · attaque la prémisse 4Pour Sartre, l'amour est par essence une duperie : aimer, c'est vouloir qu'on m'aime, donc vouloir que l'autre veuille que je l'aime. L'amant veut posséder une liberté comme liberté. Il ne veut donc pas le bien de l'autre pour lui-même, il veut être aimé par lui.
sans réponse
Pour Sartre, l'amour est par essence une duperie : aimer, c'est vouloir qu'on m'aime, donc vouloir que l'autre veuille que je l'aime. L'amant veut posséder une liberté comme liberté. Il ne veut donc pas le bien de l'autre pour lui-même, il veut être aimé par lui.