L'amour-propre : nos vertus ne sont que des vices déguisés
L'amour-propre ; les Maximes ; « l'intérêt parle toutes sortes de langues » ; « nos vertus ne sont que des vices déguisés »
Nos vertus ne sont, le plus souvent, que des vices déguisés : l'amour-propre est la racine de presque tout, et l'homme est porté par nature à se préférer à tout autre.
L'amour de soi se cache, même à nous ; ce que nous prenons pour des vertus est souvent un assemblage d'intérêts.
« L'amour-propre : nos vertus ne sont que des vices déguisés » est un argument de François de La Rochefoucauld (Maximes, 1665-1678 (épigraphe, n° 1, 39, 171, 264 et maxime supprimée n° 1), 1665) sur la question « L'être humain est-il bon par nature ? » (réponse : porté au mal). Sa thèse : Nos vertus ne sont, le plus souvent, que des vices déguisés : l'amour-propre est la racine de presque tout, et l'homme est porté par nature à se préférer à tout autre. Selon la vérification logique d'AskPhilosophy (solveur Z3), l'argument est valide à condition d'admettre une prémisse que l'auteur ne formule pas (P5). AskPhilosophy présente 4 objections, dont 2 avec une réponse documentée, et le texte original de chaque prémisse, vérifié mot pour mot.
La Rochefoucauld n'écrit pas un traité : il écrit de courtes maximes, dans les salons du XVIIe siècle. Mais elles tournent autour d'une même idée. Derrière nos vertus, nos amitiés et même notre pitié, il voit l'amour-propre : l'amour de soi-même et de toutes choses pour soi. Cet amour-propre est habile, change de masque, et se cache même à celui qui l'éprouve. Il ne dit pas que toutes les vertus sont fausses : il écrit « le plus souvent », « souvent », « en la plupart des hommes ». Sa thèse est donc celle d'un soupçon universel mais mesuré : l'amour de soi est la racine de presque tout, et nous croyons agir par vertu alors que nous agissons par intérêt. La forme P1 à P5 est notre reconstruction, à partir de plusieurs maximes.
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Sans la prémisse implicite : Sans P5, l'ordinateur trouve un cas où l'amour-propre est universel et se cache, où les vertus peuvent s'expliquer par l'intérêt, mais où il existe aussi de vraies vertus que l'on ne peut pas ramener à l'intérêt : la conclusion « le plus souvent des vices déguisés » ne suit plus.
Objections
4Chaque objection est une conversation : clique pour voir qui répond, et où en est le débat.
David Hume 1751 · attaque la prémisse 5Hume écrit que l'explication la plus simple et la plus évidente d'un phénomène est probablement la vraie. Quand un philosophe doit recourir à des réflexions très compliquées et subtiles, et les supposer essentielles à la production d'une passion, il faut se méfier : l'hypothèse est trompeuse. Or faire passer l'amitié ou la pitié pour de l'amour de soi exige une chimie de ce genre.
Rochefoucauld répond
Hume écrit que l'explication la plus simple et la plus évidente d'un phénomène est probablement la vraie. Quand un philosophe doit recourir à des réflexions très compliquées et subtiles, et les supposer essentielles à la production d'une passion, il faut se méfier : l'hypothèse est trompeuse. Or faire passer l'amitié ou la pitié pour de l'amour de soi exige une chimie de ce genre.
David Hume 1751 · attaque la conclusionHume écrit que, même si l'on admet que tous les penchants sont de l'amour de soi tourné autrement, ce tour d'imagination n'est pas le même chez tous. Cela suffit, même dans le « système égoïste », à produire les plus grandes différences entre les caractères : l'un est appelé vertueux et humain, l'autre vicieux et bassement intéressé. Dire que les vertus sont des vices déguisés change donc les mots, non les différences.
sans réponse
Hume écrit que, même si l'on admet que tous les penchants sont de l'amour de soi tourné autrement, ce tour d'imagination n'est pas le même chez tous. Cela suffit, même dans le « système égoïste », à produire les plus grandes différences entre les caractères : l'un est appelé vertueux et humain, l'autre vicieux et bassement intéressé. Dire que les vertus sont des vices déguisés change donc les mots, non les différences.
Rousseau 1755 · attaque la prémisse 1Résumé : Rousseau dit que l'amour-propre n'est qu'un sentiment relatif, factice et né dans la société, qui porte chaque individu à faire plus de cas de soi que de tout autre et inspire aux hommes tous les maux qu'ils se font. Il distingue de lui l'amour de soi, sentiment naturel de conservation. La Rochefoucauld décrit donc un sentiment réel, mais non celui de la nature.
sans réponse
Résumé : Rousseau dit que l'amour-propre n'est qu'un sentiment relatif, factice et né dans la société, qui porte chaque individu à faire plus de cas de soi que de tout autre et inspire aux hommes tous les maux qu'ils se font. Il distingue de lui l'amour de soi, sentiment naturel de conservation. La Rochefoucauld décrit donc un sentiment réel, mais non celui de la nature.
CC. Daniel Batson 1981 · attaque la prémisse 4Résumé : à partir d'expériences où l'on pouvait aider une personne qui recevait des chocs électriques en prenant sa place, Batson et ses collègues soutiennent que l'empathie produit un motif d'aider qui vise le bien de l'autre et non le soulagement de soi. Dans ses expériences, les personnes qui éprouvent de l'empathie aident même quand elles pourraient échapper facilement à la scène. La pitié ne serait donc pas seulement un retour sur nos propres maux.
un défenseur répond
Résumé : à partir d'expériences où l'on pouvait aider une personne qui recevait des chocs électriques en prenant sa place, Batson et ses collègues soutiennent que l'empathie produit un motif d'aider qui vise le bien de l'autre et non le soulagement de soi. Dans ses expériences, les personnes qui éprouvent de l'empathie aident même quand elles pourraient échapper facilement à la scène. La pitié ne serait donc pas seulement un retour sur nos propres maux.