L'amour est le désir de la beauté, et il ne se repose qu'en Dieu
L'amour platonicien de Ficin ; le désir de beauté
Aimer, c'est donc monter : de la beauté des corps à celle de l'âme, puis des anges, jusqu'à la beauté de Dieu, où seul le désir de beauté trouve son repos.
Aimer, c'est désirer la beauté ; la beauté d'un corps vient d'une beauté plus haute, infinie en Dieu, qui seule apaise le désir.
« L'amour est le désir de la beauté, et il ne se repose qu'en Dieu » est un argument de Marsile Ficin (Commentaire sur le Banquet de Platon, De amore, 1469, 1469) sur la question « Qu'est-ce que l'amour ? » (réponse : une montée vers le beau). Sa thèse : Aimer, c'est donc monter : de la beauté des corps à celle de l'âme, puis des anges, jusqu'à la beauté de Dieu, où seul le désir de beauté trouve son repos. Selon la vérification logique d'AskPhilosophy (solveur Z3), l'argument est valide à condition d'admettre une prémisse que l'auteur ne formule pas (P5). AskPhilosophy présente 3 objections, dont 1 avec une réponse documentée, et le texte original de chaque prémisse, vérifié mot pour mot.
Marsile Ficin, à Florence, commente le Banquet de Platon pour ses amis. Sa définition est simple : aimer, c'est désirer la beauté. Or la beauté ne se perçoit que par l'esprit, les yeux et les oreilles : l'amour véritable n'est donc pas la passion du corps, qu'il appelle fureur. Et la beauté d'un corps n'est pas la beauté première, puisqu'elle change et se mêle de laideur. Elle vient d'une beauté plus haute, celle de l'âme, puis celle des anges, enfin celle de Dieu, qui est sans limite. L'amour monte donc de degré en degré, et le désir ne s'apaise qu'en Dieu.
clique sur une prémisse pour la rejeter
Sans la prémisse implicite : Sans P5, l'ordinateur trouve un monde où la beauté de Dieu est infinie mais où le désir s'arrête à une personne aimée, sans monter. Les autres prémisses sont vraies, la conclusion est fausse.
Objections
3Chaque objection est une conversation : clique pour voir qui répond, et où en est le débat.
Gregory Vlastos 1973 · attaque la prémisse 5Pour Vlastos, dans l'amour platonicien, ce qu'on aime, ce n'est pas la personne unique, mais la beauté qu'elle porte. Les personnes sont des occasions successives de la même beauté et on les quitte, comme les barreaux d'une échelle. Selon lui, Platon ne parle pas de l'amour d'une personne pour elle-même.
Ficin répond
Pour Vlastos, dans l'amour platonicien, ce qu'on aime, ce n'est pas la personne unique, mais la beauté qu'elle porte. Les personnes sont des occasions successives de la même beauté et on les quitte, comme les barreaux d'une échelle. Selon lui, Platon ne parle pas de l'amour d'une personne pour elle-même.
Søren Kierkegaard 1847 · attaque la prémisse 1Pour Kierkegaard, l'amour qui choisit un seul être parce qu'il le trouve beau reste une forme d'amour de soi : la préférence passionnée de l'amour se referme sur cet unique aimé aussi égoïstement que l'amour de soi se referme sur ce seul moi. Le véritable amour est un devoir d'aimer chaque homme, quel qu'il soit.
sans réponse
Pour Kierkegaard, l'amour qui choisit un seul être parce qu'il le trouve beau reste une forme d'amour de soi : la préférence passionnée de l'amour se referme sur cet unique aimé aussi égoïstement que l'amour de soi se referme sur ce seul moi. Le véritable amour est un devoir d'aimer chaque homme, quel qu'il soit.
Thomas d'Aquin 1271 · attaque la prémisse 1Pour Thomas, ce qui est aimé d'un amour d'amitié est aimé purement et simplement et pour lui-même ; ce qui est aimé d'un amour de convoitise est aimé pour un autre. Définir l'amour comme le désir de jouir de la beauté, c'est décrire la convoitise, qui n'est pas l'amour au sens plein, car elle vise un bien pour soi plutôt que le bien de quelqu'un.
sans réponse
Pour Thomas, ce qui est aimé d'un amour d'amitié est aimé purement et simplement et pour lui-même ; ce qui est aimé d'un amour de convoitise est aimé pour un autre. Définir l'amour comme le désir de jouir de la beauté, c'est décrire la convoitise, qui n'est pas l'amour au sens plein, car elle vise un bien pour soi plutôt que le bien de quelqu'un.