La nature fait les plantes pour les animaux et les animaux pour l'homme
L'ordre naturel : les animaux pour l'homme
La nature a fait tous les animaux pour l'homme : s'en servir comme nourriture, vêtements et instruments, et chasser les bêtes sauvages, est conforme à l'ordre naturel et ne leur fait pas d'injustice.
La nature ne fait rien en vain : si les plantes nourrissent les animaux et les animaux servent l'homme, c'est qu'elle les a faits pour cela.
« La nature fait les plantes pour les animaux et les animaux pour l'homme » est un argument d'Aristote (Politique I, 8 (1256b)) sur la question « Les animaux comptent-ils autant que nous ? » (réponse : l'humain d'abord). Sa thèse : La nature a fait tous les animaux pour l'homme : s'en servir comme nourriture, vêtements et instruments, et chasser les bêtes sauvages, est conforme à l'ordre naturel et ne leur fait pas d'injustice. Selon la vérification logique d'AskPhilosophy (solveur Z3), l'argument est valide à condition d'admettre une prémisse que l'auteur ne formule pas (P4, P5). AskPhilosophy présente 3 objections, dont 1 avec une réponse documentée, et le texte original de chaque prémisse, vérifié mot pour mot.
Pour Aristote, tout dans la nature a un but. Il voit un ordre : les petits animaux ont du lait ou un œuf pour se nourrir, les animaux adultes trouvent des plantes, et les hommes trouvent dans les animaux de la nourriture, des vêtements et de la force de travail. Il en conclut que les plantes sont faites pour les animaux et les animaux pour l'homme. S'en servir n'est donc pas contraire à la nature : c'est la suivre. Cette idée a marqué des siècles de pensée sur les animaux ; nous la présentons comme ses défenseurs la comprennent, avec les objections qu'elle a reçues.
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Sans la prémisse implicite : Sans P4, l'ordinateur trouve un cas où la nature ne fait rien en vain, où les animaux servent l'homme, et où ils n'ont pourtant pas été faits pour lui : l'usage serait un simple effet du hasard ou de l'adaptation.
Objections
3Chaque objection est une conversation : clique pour voir qui répond, et où en est le débat.
Lucrèce 55 av. J.-C. · attaque la prémisse 4Lucrèce, pour qui le monde est né sans dessein, écrit que la nature du monde n'a nullement été créée pour nous par un pouvoir divin, tant elle est pleine de défauts. Le fait que des choses nous servent ne prouve pas qu'elles aient été faites pour nous.
un défenseur répond
Lucrèce, pour qui le monde est né sans dessein, écrit que la nature du monde n'a nullement été créée pour nous par un pouvoir divin, tant elle est pleine de défauts. Le fait que des choses nous servent ne prouve pas qu'elles aient été faites pour nous.
Michel de Montaigne 1580 · attaque la prémisse 4Dans l'Apologie de Raimond Sebond, Montaigne demande qui a persuadé l'homme que le mouvement admirable de la voûte céleste, la lumière des astres et les mouvements de la mer sont établis pour son service. Il juge ridicule que cette « misérable et chétive créature » se dise « maîtresse et emperière de l'univers » : c'est de la présomption, pas une preuve.
sans réponse
Dans l'Apologie de Raimond Sebond, Montaigne demande qui a persuadé l'homme que le mouvement admirable de la voûte céleste, la lumière des astres et les mouvements de la mer sont établis pour son service. Il juge ridicule que cette « misérable et chétive créature » se dise « maîtresse et emperière de l'univers » : c'est de la présomption, pas une preuve.
Jeremy Bentham 1789 · attaque la prémisse 5Bentham dit que la question n'est pas de savoir si les animaux raisonnent ou parlent, mais s'ils peuvent souffrir. Si c'est le cas, le fait qu'une chose ait été « faite pour nous » n'enlève rien à la douleur qu'on lui cause : l'usage n'est pas juste pour autant.
sans réponse
Bentham dit que la question n'est pas de savoir si les animaux raisonnent ou parlent, mais s'ils peuvent souffrir. Si c'est le cas, le fait qu'une chose ait été « faite pour nous » n'enlève rien à la douleur qu'on lui cause : l'usage n'est pas juste pour autant.